Les Grenadines : le paradis des Antilles !

Bonjour à tous,

 

Dominao aux Grenadines, ici devant l’île « Petit Nevis »

Nous voici dans les Grenadines depuis plus d’un mois et on s’y plait bien ! En même temps, cela doit être difficile de ne pas aimer ce genre d’endroit… On a mis du temps à décoller de la Martinique, on en avait pourtant envie, car on savait un peu ce qui nous attendait plus au sud : des plages à l’eau turquoise, des mouillages paradisiaques, de magnifiques poissons à (re)découvrir… Et on ne nous a pas menti, on n’a pas été déçu, on profite en ce moment d’à peu près tout ça ! C’est le genre de passage où l’on ne peut qu’apprécier la vie en bateau, profiter d’endroits idylliques, avec ses enfants, sans trop payer (Dominao est toujours à l’ancre, au mouillage), se trouver une passion pour le snorkeling (randonnée aquatique en palme, masque et tuba pour aller à la découverte des poissons), et toujours, faire de jolis rencontres…

 

A Bequia, à Princess Margaret Beach et vue au nord de l’île

Après Saint Vincent, nous sommes partis pour l’île de Bequia, où nous avons fêté les 4 ans de Titouan ! Le temps passe, il n’avait qu’un an lors de notre départ… Autant vous dire qu’il a bien changé, il est devenu très bavard, toujours aussi à fond et fan des poissons (sauf que maintenant, il préfère les regarder que les manger… Quoi que manger est aussi une de ses passions !).

 

Notre passage à Bequia a été marqué par une retrouvaille surprise et étonnante ! Thibaud et Johanna, un jeune couple qu’on avait rencontré au Sénégal (on les avait emmené à Niomoune en les déboussolant quelque peu de leur repère culturel), a débarqué un matin au mouillage où nous étions ancrés depuis quelques jours. Ce fut une première grosse surprise de les voir car on les pensait toujours au Brésil, et la seconde surprise, c’était qu’ils étaient à bord d’un vieux gréement de 18 mètres, un plan Cornu de 1952, alors qu’on les avait connu sur un Dufour 31 (un 9 mètres en polyester) !! Une histoire de dingue, Thibaud s’est vu quasi offrir ce bateau au Brésil par son propriétaire de 70 ans trop fatigué du boulot que demande ce type de bateau. Alors en quelques jours, Thibaud est devenu propriétaire d’un magnifique bateau en bois, de 18 mètres, le changement de vie ! Il y a certes encore beaucoup de travail à fournir pour que nos amis puissent faire du charter, car c’est le but maintenant du projet pour pouvoir rentabiliser ce gros bateau, mais ça leur plaît. On leur souhaite une belle réussite pour ce changement de cap !

 

On a passé une soirée langoustes sur le magnifique pont en teck d’« Arvor II », quelle aubaine ! Titouan a également eu l’honneur de souffler ces 4 bougies sur ce beau bateau, a même reçu sa première BD, et comme d’habitude, un magnifique dessin de sa soeur !

Nous sommes donc passé de l’ambiance « vieux gréements » à l’ambiance « gros yacht » de milliardaires sur l’île de Mustique, changement radical, à l’image de ce que l’on vit parfois dans nos rencontres de voyage : on passe du tout au tout !

Cette escale à Mustique était plutôt inattendue. On avait à priori rien à faire là, surtout avec un mouillage à 60 euros la nuit (oui, oui, juste pour accrocher son bateau à une bouée), mais nous étions invité à y jouer « Ciné SearCus », et ceci grâce à l’Alliance française de Saint Vincent et les Grenadines. En fait, la directrice donnait des cours de français à l’école de Mustique et elle leur a proposé notre spectacle. Nous n’avons pas souvent de cachet, et là nous étions payé par la « Mustique company » pour jouer à l’école, attention !

A l’origine, Mustique n’était fréquentée que par quelques pêcheurs jusqu’au jour où cette petite île de 5km² fut achetée par un anglais pour une bouchée de pain dans les années 80. Cet homme a eu la bonne idée d’offrir un terrain à David Bowie, Mick Jagger et la princesse Margaret, qui ont ensuite fait des petits dans le monde des milliardaires… Aujourd’hui, ils sont une centaine de propriétaires, réunis sous la « Mustique Company », et ils gèrent toute l’intendance de l’île : voiries, commerce, embauche de personnels, écoles… C’est assez particulier comme fonctionnement, si tu habites et travailles à Mustique, ton patron et ton propriétaire, c’est le même, et il te paye tout ! Une personne décède sur l’île, c’est la « Mustique Company » qui paye ! Ça peut faire rêver comme ça mais on a notamment trouvé les enseignantes un peu démotivées… Bref, cela donne une île aux impressions quasi parfaites, les voitures électriques, l’électricité solaire, et l’école de luxe ! De toutes petites classes (ils sont 3 enfants en maternelle!) avec certains profs qui viennent en avion, chaque semaine, pour donner un cours de sport ou de français, le délire ! En même temps les écoliers, dès le CM1, sont poussés avec acharnement dans les études pour obtenir de bonnes notes et ainsi être acceptés dans les meilleures écoles…

Les enfants ont, en guise de cours de récré, un champ entier où se promènent les tortues ! Autant vous dire que nos enfants étaient contents, leur jeu de l’après-midi était à celui qui trouvait le plus de tortues, originale comme activité !

 

Pour ce qui est du spectacle, je pense qu’une fois de plus, ils n’avaient jamais assisté à un truc pareil ! On se décrit à la base comme un cinéma déjanté, là, dans ce contexte, on était bien décalé ! Mais comme à Wallilabou, le public a bien ri, adultes comme enfants, alors on se dit que ça a du plaire ! On a malheureusement eu un gros soucis technique avant la projection : notre projecteur ne voulait plus démarrer ! Comme ça, du jour en lendemain, sans prévenir, la poisse ! Heureusement, un voisin avait un vidéoprojecteur et nous l’a prêté, et même s’il était de très mauvaise qualité, on a évité l’annulation du spectacle.

 

Invitée surprise à la projection à Mustique !

On a fini la soirée en compagnie du président de l’Alliance française, Ali, boulanger sur l’île de Mustique depuis 28 ans ! C’est lui qui nous a parlé de l’histoire de Mustique, et de tous ces millionnaires, voir milliardaires, en mal de solitude… D’ailleurs, on est parti le lendemain matin avec comme voisin, le yacht de Bill Gates (un des plus grands au monde), mais quel décalage ! Certes l’île est belle, mais nous, on s’est senti encore plus chanceux avec notre voilier de manouches lorsque, l’avant veille, nous avions passé une nuit, gratuite, devant une île inhabitée à côté de Bequia, l’île « Petit Nevis ». Totalement improvisée (on pensait jeter l’ancre ailleurs mais notre filtre à gazole avait fait des siennes ce soir là), cette escale nous a époustouflé, à l’écart des îles touristiques, et d’un point de vue paysage, elle n’avait rien à envier à « l’île aux milliardaires »… Alors, les plus heureux dans la vie, c’est qui ??

 

On a ensuite continué notre ascension de découvertes magnifiques, en jetant l’ancre à Mayreau, puis aux Tobago Cays.

 

Mayreau, devant la plage « clichée » mais paradisiaque des Antilles

A Mayreau, on a eu la chance de pouvoir poser l’ancre tout à gauche de la baie, à l’opposé de l’agitation touristique. On s’est retrouvé seul devant une plage splendide, on s’est senti tellement privilégié qu’on ne voulait plus partir, et on y a passé une semaine. C’est aussi parce qu’on y a retrouvé le voilier « Moana », au grand bonheur de Noanne qui a pu retrouver Clémence, sa grande copine de voyage, après plusieurs mois d’absence. On était également toujours avec le voilier « Ia Orana », ce qui faisait 8 enfants à traîner ensemble, âgés entre 3 et 12 ans, l’école de la vie !

 

Les Grenadines, comme vous vous en rendez peut être compte à ma lecture, c’est une multitude d’îles qui sont très proches les unes des autres. Fini les longues navigations, on change d’îles en quelques heures, c’est assez magique (cliquer sur la carte pour la voir en grand).

Les Tobago Cays, ce sont 5 petits îlots perdus entourés de coraux, protégés du large par une grande barrière de corail. Du coup, comme la barrière de corail est sous l’eau, visuellement on a l’impression que rien nous protège et qu’on est au milieu de l’Atlantique, entouré de fonds clairs, c’est incroyable ! Bon, en même temps il faut le mériter, car le mouillage n’est pas à l’abri du vent, il y a aussi beaucoup de courants, donc ça ne donne pas forcément envie d’y rester 15 jours. On est resté 2 jours et demi et on a profité de chaque instant, finissant avec la marque du masque sur notre visage et même un peu de coup de soleil tant on avait passé de temps dans l’eau. On a découvert les différents spots de snorkeling (Yann a même vu un requin !) et les plages des différents îlots. Jamais nous n’avions vu une eau aussi belle, avec des fonds si clairs, et un paysage à couper le souffle.

Iguane aux Tobago Cays

Après un passage sur l’île d’Union, encore une chouette petite île (elles le sont toutes!), nous sommes partis toujours un peu plus au sud, sur l’île de Carriacou (voir photos ci-dessous), où nous pensions initialement jouer Ciné SearCus mais depuis la panne de vidéoprojecteur, nous sommes au chômage technique ! C’est peut-être juste la lampe qui est grillée, mais comme nous n’avons pas les moyens de le savoir ici et que le vidéoprojecteur a déjà 5 ans, que ces connectiques commençaient à être défaillantes, on a décidé d’en racheter un. On avait pas prévu cet achat dans le prévisionnel de notre projet ulule, sûrement parce qu’on trouvait que ça faisait trop, la preuve qu’on aurait du ! On n’a pas encore acheté les enceintes donc on a revu notre budget pour pouvoir acheter la totale. Et comme Groben nous rejoint le 7 décembre à Grenade, il va nous ramener un vidéoprojecteur tout neuf. On attend donc notre cher équipier pour continuer notre tournée antillaise, espérant jouer davantage, retravailler le spectacle, tourner des films… On a comme d’hab pleins d’envies, d’idées, après qu’est ce qu’on arrivera à faire, ça, on verra !

 

Au final, on était au bon endroit pour être en pause « forcée », on a continué de profiter des mouillages paradisiaques, notamment en allant sur l’île de « Sandy Island », en face de Carriacou. Les fonds étaient de nouveau tellement magnifiques qu’on a filmé les poissons, raies, et tortues. Yann a aussi réalisé une petite scénette sous l’eau que l’on va intégrer au spectacle. Voici un petit extrait photographique de cet aquarium naturel :

 

Depuis Saint Vincent, le voilier « Ia Orana » nous suit en intermittence avec leurs 4 enfants, on s’entend tous bien et on apprécie de voyager avec d’autres bateaux, pour les enfants comme pour nous. On a aussi fait une autre belle rencontre à Carriacou, deux jeunes français, Lucie et Nessime, qui ont d’ailleurs rencontré Thibaud au Brésil, que le monde du bateau est petit !

La mère de Nessime, Jocelyne Saab, est libanaise et réalisatrice de films d’art et d’essai. Nessime m’a passé ses films, j’ai donc eu la chance de découvrir une réalisatrice libanaise aux Grenadines, me plongeant dans un autre univers. On a partagé avec lui de longues discussions sur l’histoire du Liban, de la Palestine, plus largement du monde arabe… Le genre de rencontre qui nous fait voyager, encore, et nous instruit aussi.

Lucie et Nessime naviguent sur un « rêve d’Antilles », ils étaient donc très curieux de visiter Dominao. Petit aparté pour les connaisseurs : notre voilier a été construit dans les années 80, à la base sur un plan « rêve d’Antilles » mais son constructeur lui avait apporté de sérieuses modifications comme le gréement en ketch ou le château arrière qui, pour l’anecdote, aurait soit disant inspiré Gilbert Caroff pour la construction du « Galapagos ». Dominao a donc un cockpit central, un grand carré à l’arrière avec un lit breton… Bref, il ne ressemble à aucun autre !

Au passage, en parlant de notre bateau, un article est paru sur nous dans « Voiles et Voiliers » ce mois-ci. C’était normalement pour donner un coup de pouce à notre campagne de financement, donc pour ça, c’est un peu tard… Mais au moins on a entendu parler de nous ! Bon, on a un peu mal pris la réflexion du journaliste dans l’article, à propos de Dominao, « à l’esthétique discutable », sachant que sur la photo qui a été choisie, on ne voit même pas notre bateau. Bref, Dominao n’est pas un bateau de série, il ne rentre pas dans les critères de beauté et d’élégance des magazines de voiliers, et c’est ce qui fait son charme ! A bas la norme et vive l’originalité !! Je vous mets quand même l’article, mais j’y rajoute une photo de Dominao sous voile, prise du voilier « Ia Orana » lors de notre navigation de Saint-Vincent à Bequia.

 

Je crois que c’est pas mal là, je l’ai rédigé ma tartine ! Je n’écris pas toutes les semaines mais quand je m’y mets, vous avez votre dose !

Avant de conclure, parlons brièvement de notre programme futur : on retrouve Ben à Grenade puis on remonte tranquillement jusqu’en Martinique en tentant de jouer sur la route (enfin sur les plages). En Martinique, l’idée est de retrouver un autre bateau-spectacle, « Barca Circus », puis de remonter ensemble en Guadeloupe pour y retrouver Paolo, Sandra et Nila, qui sont actuellement au Cap Vert et qui traversent en janvier. Une flottille de bateaux-spectacles aux Antilles ? Ce serait un sacré accomplissement pour la fin de notre périple…

 

Je finis en ayant une pensée vers vous tous, famille, amis, amoureux de la voile et du voyage, mais aussi vous qui nous suivez sans nous connaître personnellement. Vous qui accompagnez notre voyage, qui nous avez aidé pour continuer notre belle aventure, on vous le redit, de nouveau : MERCI !

On a bien conscience qu’on ne vit plus dans la même saison que vous en ce moment, vous qui rentrez dans l’hiver, alors on espère que ce message réchauffera un peu vos chaumières !

 

A bientôt

Pauline, Yann, Noanne et Titouan

 

Sur l’île de Carriacou

 

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Une réponse à Les Grenadines : le paradis des Antilles !

  1. derouault dit :

    merci à vous qui nous faites aussi voyager et rêver
    philippe

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