El Jadida – Essaouira

Mouillage à El Jadida

Navigation tranquille de Mohammedia à El Jadida ; on avait 60 milles à faire, nous sommes partis au coucher de soleil (vers 18h) lundi dernier et sommes arrivés à El Jadida le lendemain soir vers 20h (de nuit à marée basse, ce n’était pas très conseillé mais la mer était calme). Je ne pourrais pas vous dire grand-chose de cette journée car j’ai pris un coup de froid à la sortie du port de Mohammedia, et le lendemain, j’ai dormi toute la journée !
Notre passage à El Jadida fut très rapide, pas le temps de nous faire vraiment une idée sur la ville. Comme vous pouvez le voir sur les photos, notre mouillage était très agréable, et la kasbach très jolie. Mais c’est sûr, qui veux dire joli veux dire aussi touristique…

Levée de soleil à El Jadida

Maina : Bon… en fait ce que ne dit pas Pauline, c’est que notre arrivée, après nos supers rencontres à Mohammedia, nous a laissé une mauvaise impression. El Jadida est une ancienne citadelle portugaise, donc, petit port assez touristique. Dès notre arrivée dans la kasbah, on se fait alpaguer : « vas y, viens voir dans ma boutique, vous êtes français… blabla… ». Le marocain et le commerce c’est quelque chose ; c’est tout un art qui a ses règles précises, qu’on se doit de respecter. C’est-à-dire que si tu donnes un prix (encore pire si le vendeur t’offre un petit thé, jouant sur l’affectif disant qu’il connaît Rennes, qu’il est d’origine berbère et qu’il t’explique les symboles sur le tapis que tu veux acheter… !!), et que le vendeur continue à marchander… et qu’il descend jusqu’à ton dernier prix et que finalement tu ne veux pas l’acheter parce que tu as l’impression qu’on te force… et ben le vendeur risque de se fâcher et refuse de te serrer la main. Bon, ça c’était pour le mauvais souvenir d’El Jadida. Mais le Maroc, « c’est une expérience ! » et nous on est européens de toute manière…

C’est sûr que ça nous a un peu calmé cette histoire de vendeur : il voulait me vendre un tapis au départ à 130 euros, il l’a baissé à 60 euros comme je le lui avais demandé donc il n’a pas compris pourquoi je voulais tout de même réfléchir, m’expliquant que ce n’était pas une attitude respectable de ma part, « ça ne se fait pas » et il a refusé de me serrer la main, les boules ! J’étais bien génée mais au final, en retournant dans un autre magasin en fin d’après-midi, j’ai retrouvé le même tapis pour 20 euros, comme quoi j’avais raison de réfléchir, c’était bien un arnaqueur !!

Maina : Après cette mauvaise rencontre, on a préféré sortir de la kasbah et aller se mêler à la population  locale dans le souk. C’est qu’à Mohammedia on avait l’habitude d’être pratiquement les seuls « blancs ». Pendant que Yann et Benjamin vont faire les courses et Pauline sur internet… moi je vais chercher du tissu. Je demande à un jeune gars de m’indiquer une boutique, difficile de se situer dans les ruelles, entre la rue des djellabas, des couturiers… il faut trouver le quartier des tissus. Voilà, sympathique rencontre de Abdel, Omar, Adil et Mohammed. Ça commence par « tu es toute seule », et finalement on échange un petit moment sur le mythe de l’Europe et sur la difficulté de bien vivre au Maroc, parce qu’ici, quand tu n’as pas de travail, il n’y a pas d’aides sociales. Yann et Benj me voient arriver avec 4 gars… eux, pendant ce temps-là essayent de se débarrasser de gamins qui leur demandent de l’argent et autres « Khalini ! ».
Retour au port… on rencontre 2 pêcheurs. Le plus jeune nous propose de revenir le lendemain vers 5-6h, il nous offrira du poisson en rentrant de la pêche. Benj et moi nous motivons donc pour nous lever. Aucune trace du gars en question… et son bateau apparemment n’a pas bougé. Du coup on en profite pour faire le tour du port à cette heure d’arrivée des bateaux, moment plein de vie, mouvement, sardines, maquereaux et autres poissons. Superbe lever de soleil et retour sur Evaloa pour un café et lâcher l’ancre…

P'tit dej au mouillage

Nous repartons mercredi midi pour Essaouira, à 120 milles. On a une bonne allure (5 nœuds de moyenne), le vent est bien établi nord-est, il fait beau, parfait ! On arrive le lendemain vers 16h30. L’arrivée de jour est utile car l’entrée est étroite, y’a des rochers partout autour et le vent se lève juste à l’entrée du port. On nous avait dit qu’à Essaouira, le vent soufflait davantage, nous l’avons bien remarqué ! En tout cas, l’arrivée est magnifique. On s’amarre au port, à couple d’un bateau de promenade marocain. Yann passe de nouveau une heure pour remplir les papiers d’arrivée : douanes, police, capitainerie, toujours les mêmes paperasses à chaque fois, comme nous sommes 4 à bord, ça prend du temps.

Au port d'Essaouira (Evaloa au fond à gauche)

A la sortie du port

Le premier soir, on se fait un resto car c’est vendredi, le jour du couscous ! On en rêvait depuis notre arrivée au Maroc (on l’a loupé vendredi dernier à Mohammedia) mais le meilleur couscous marocain reste celui préparé en famille le vendredi midi. Nous, on se retrouve dans un resto de touristes, thé sans menthe et couscous sans pois chiches, ni raisins secs,… bref on a vu mieux. Avant de rentrer au bateau, un jeune marocain nous aborde et nous propose d’aller boire un coup dans le bar populaire du coin. Jouad semble très sympathique, on l’accompagne et nous découvrons une autre facette de la vie marocaine : un bar rempli d’hommes qui boivent de l’alcool (les femmes marocaines ne peuvent mettre les pieds dans ce genre de lieu), ça change du traditionnel musulman qui ne boit pas ! L’ambiance au bar est malgré tout assez sympa, les gars discutent avec Ali, un mécanicien sur un bateau de pêche. Moi, j’arrange avec Jouad un rendez-vous le lendemain matin pour aller au centre culturel français. Eh oui, je me relance dans l’organisation d’une séance de cinéma, motivée la fille !
Me voilà repartie pour une journée « administrative » : je rencontre d’abord Dany, qui bossait à l’alliance française, elle m’introduit auprès de Yasmina, qui est directrice du centre socio-culturelle « Dar Souiri ». Yasmina semble enthousiaste (elle a 27 ans et vient d’arriver, ça aide !),, elle va demander une autorisation pour faire une séance en plein air (qui nous sera certainement refusée) et dans tous les cas, elle me propose d’organiser une projection au sein du centre (avec de ce fait, une plus grande liberté dans le choix du film). Je vais également voir l’alliance française dans l’après-midi, pour voir s’ils ont des films… Le directeur m’explique bien que l’on n’organise pas ce genre de manifestation en une semaine (il a sa programmation culturelle calée pour l’année, pas de place pour un évènement spontané comme le nôtre), et me donne au passage des exemples un peu décourageants : la loupiotte, un autre rare voilier-spectacle (c’est un couple qui fait un spectacle d’acrobaties sur le bateau) est passé à Essaouira et n’a pas eu l’autorisation de présenter son spectacle au port. Pire, un groupe de musique de rue a joué malgré le désaccord du gouvernement et s’est vu confisquer son matériel ! De plus, la femme chargée de la culture m’explique que pour le cinéma au Maroc, c’est encore plus compliqué, la censure est très présente. Le gouvernement est hostile à tous évènements qui pourraient écarter sa population du droit chemin… De nouveau, l’affaire est à suivre mais vous comprenez bien que rien n’est gagné…

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