La Casamance, on l’aime et on la quitte

Bonjour à tous,

petit retour en arrière dans mon récit pour un retour à notre chère Casamance !

Baobabs à l'entrée de Niomoune

Baobabs à l’entrée de Niomoune

J’ai eu bien du mal à « pondre » ce récit, et n’en suis toujours pas entièrement satisfaite, me demandant si je fais bien de livrer mes pensées personnelles dans ce blog de voyage (peut-être que vous vous en fichez de mes prises de tête et que vous préfèreriez que je raconte ce qu’on fait !)… En tout cas, j’avais tellement de photos à partager qu’il fallait bien que j’écrive un truc. Prenez le temps de regarder les photos (et nouveauté, la vidéo !) pour vous imprégner de l’atmosphère de la Casamance, qui vous donnera l’envie on l’espère d’aller visiter cette magnifique région du Sénégal. Je m’essaie à l’écrit non-chronologique, bon courage pour me suivre !

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A l’entrée de Niomoune

Ce n’est pas rien dans notre parcours d’être revenu au source de notre premier voyage en voilier avec le bateau-cinéma. Durant plus d’un an en 2009 – 2010, nous avions séjourné dans plusieurs villages de Casamance et avions jeté notre dévolu sur le village de Niomoune, où nous y avions vécu quelques mois à plusieurs reprises. Adoptés par le village, avec comme tuteur Alfred Sambou du quartier d’Ouback (chaque étranger se voit attribuer un « tuteur » à son arrivée, son référent ensuite pour tout son séjour), nous étions connus de tous, organisant de nombreuses projections de films dans les différents quartiers de ce village certes reculé, mais grand (plus de 1000 habitants). Avec le temps, nous nous sommes liés d’amitié avec la famille Sambou, Djiba (prof de sport et adepte des longues discussions sur la Casamance ou autres), Jean-Simon du quartier d’Elou (grand fan du cinéma africain et fier représentant de la culture diola), ainsi que les femmes, Anjou, Hélène, Simone, Béa… Anouck et Justin étaient également de très chers amis niomounois même s’ils ont rejoint le Larzac en ce moment… Bref, on avait hâte de tous les revoir et en même temps, de l’appréhension : peur de la déception, du changement, du décalage aussi… Et c’était un peu tout ça, tout en étant très contents d’être là !

Retrouvaille avec Adrien et Alfred et premier bounouk à bord de Dominao !

Retrouvailles avec Adrien et Alfred et premier bounouk bu à bord de Dominao !

A l’époque, nous avions apprécié Niomoune pour son très fort ancrage dans la tradition diola, on se sentait vraiment en Casamance, dans un village typique, avec des gens qui vivent en quasi totale indépendance. Et c’est toujours le cas, ça, ça n’a pas changé, avec toujours autant de cérémonies et de raisons de boire du bounouk (vin de palme) ! Avec le recul, on ne voit plus ça comme une vie exemplaire, on voit aussi les méfaits d’un tel fonctionnement : ils sont dépendants de leur tradition, à chaque cérémonie de deuil (et il y en a beaucoup, les villageois sont nombreux et la population vieillissante), ils doivent s’arrêter de travailler pendant 4 jours, ce qui retarde notamment la récolte du riz. Certains voudraient s’émanciper un peu du poids des traditions et de la famille mais ce n’est pas facile ! Et puis qu’est-ce qu’ils boivent ! On a notamment vécu l’alcoolisme du chef du quartier de Som qui nous a embêté pour des broutilles d’organisation pour le spectacle, un soir de cérémonie, avec d’autres qui enchaînaient sur : « Et pourquoi vous venez pas dans notre quartier ? Et pourquoi pas à cette heure ? Et pourquoi ce film ? … » En fait, ils étaient juste complètement saouls, et du coup pas toujours très fins… Et lorsqu’on les croise le lendemain où ils ont décuvé, ils sont tous sympathiques !

Alfred et sa pirogue devant l'endroit où se trouvait le campement Ebobaye

Alfred et sa pirogue devant l’endroit où se trouvait le campement Ebobaye

Le plus grand changement pour nous à notre arrivée, surtout pour Yann, même si on le savait, c’était la fin du campement Ebobaye tenu par Alfred. C’est ce qui avait plu à Yann à Niomoune : un campement non pas de touristes mais de villageois, à deux pas (non deux coups de rame) du bateau, où l’on pouvait boire du bounouk en écoutant de l’Ekontine. Ebobaye après notre départ a vite coulé, nous on trouvait ça bien un campement de villageois, sauf que tous les niomounois ne payaient pas ! La famille Sambou s’est retrouvée endettée, actuellement certaines dettes sont toujours impayées, et la vie ne semble financièrement pas facile pour eux. Adrien, le frère d’Alfred, auparavant récolteur de vin de palme, a eu un accident il y a deux ans et depuis il ne récolte plus. Il venait tout juste de retrouver un boulot de pêcheur à Diogé, village à l’entrée du fleuve Casamance. C’est toujours dur de voir la difficulté d’une famille chère à nos yeux, lorsqu’on a comme principe de ne pas nous impliquer financièrement avec eux. Les relations toubabs – africains sont parfois complexes, on n’a pas envie d’y inclure une histoire d’argent là-dedans, n’empêche qu’on a plus d’argent qu’eux donc ce n’est pas toujours facile à assumer ! Dans ce contexte, on a eu envie de marquer notre arrivée en leur offrant un cochon, d’autant qu’on arrivait la veille du 1er de l’an, on fêtait ainsi par la même occasion la nouvelle année ensemble. Mais parfois, à vouloir faire plaisir, l’inverse peut se produire… Et c’est un peu l’impression qu’on a eu sur ce coup là. On avait géré l’achat du cochon avec Adrien et Alfred, on avait aussi prévu sauce et légumes pour aller avec, on s’était dit qu’eux allaient rajouter le riz et le tour était joué. Mais Adrien n’a pas mis de suite sa femme Simone au courant, qui à priori n’était pas enchantée par cette histoire de cochon, et de fil en aiguille, on a fini par comprendre qu’offrir un cochon à la famille Sambou, c’était offrir un cochon à tout Niomoune !! Ils nous ont finalement expliqué que tout le monde allait venir se servir, et ils ont du faire à bloc de riz pour nourrir tout le monde ! Et en effet, les gens n’ont pas arrêté de défiler toute la journée, emmenant des plats à droite à gauche, étonnant ! Alors au final, cet achat de cochon leur a sûrement coûté plus d’argent que l’inverse souhaité ! Et pour couronner le tout, comme on avait du mal à tout comprendre, Adrien nous demande si on voulait garder la tête du cochon, Yann répond poliment « non, non, on va la manger ensemble ». Et bien, lorsque notre plat est arrivé, c’était la tête du cochon qui était dedans !! Nous avions quand même pensé à nous en achetant ce cochon (après une journée dans la brousse en pirogue pour le récupérer !), on rêvait déjà de bonnes cotes de porc… et bien non, un museau et des joues… Y’a que Titouan qui était content ! Enfin on a oublié tout ça en passant un bel après-midi en leur compagnie, Yann jouant de l’accordéon puis l’oncle d’Alfred est venu joué de l’Ekontine :

Bref, ça c’était notre premier jour, c’était quelque chose ! En plus, nous étions avec un jeune couple français (Thibaut et Joanna sur leur voilier Orion), rencontré peu de temps avant dans le Siné Saloum. Ils n’avaient jamais mis les pieds en Casamance et du coup ont été un peu surpris par ces incompréhensions culturelles, ils ont fini par nous demander : « mais comment vous avez fait pour passer plusieurs mois dans ce village ? ». Sur le coup, ça m’a un peu calmé, surtout que par la suite, on a fait venir Asikel et Sandra aussi n’a pas été trop conquise par le village. Je commençais à me poser des questions sur pourquoi ça nous avait tant plu et pas forcément nos connaissances d’aujourd’hui. Mais les temps changent, les gens aussi, et on a plus forcément la même façon de penser qu’il y a dix ans. Mais en en ayant reparler avec nos bateaux-stoppeurs, on se dit au contraire que c’est bien l’incroyable réussite de notre intégration à Niomoune, on avait réussi à se faire accepter par le village, en intégrant leur mode de vie alors qu’au final, ça ne semble pas si simple en passant trop vite ou sans chercher à approfondir la découverte de cette riche et complexe culture. Comme lors de notre première arrivée en 2009, nous sommes revenus un jour de cérémonie ! Un grand féticheur du village venait de décéder, et nous avons eu l’occasion de vivre une grande fête en son honneur, qui a duré une semaine ! La cérémonie était grandiose, avec des gens venus en masse des villages aux alentours, et même de Dakar pour la famille du défunt :

Pour conclure, je dirais que même si on a plus de recul sur notre vision de Niomoune, qu’on est moins sous le charme envoutant du premier voyage, on s’est tout de même indéniablement rendu compte à quel point on était lié à ce village, et surtout avec Alfred Sambou, notre tuteur. On se sent encore aujourd’hui un peu du village, ça change la notion de voyage lorsqu’on est dans un endroit et qu’on a un peu l’impression d’être chez soi. Certes, y’a plus cette fraicheur dans la découverte mais c’est plaisant aussi, ça repose ! En 2010, Alfred n’était pas marié. On a appris à notre retour qu’il s’était marié avec Catharine de Som et qu’ils avaient deux enfants. Le premier a l’age de Titouan et devinez comment Alfred l’a appelé ? YANN !! Le petit Yann, qui portait les habits de Titouan qu’on venait de lui donner, c’était très touchant ! Au début, il avait un peu peur de nous, mais il est venu au bateau, nous voyait souvent et il a fini par être à l’aise avec nous, c’était beau ! Alfred m’a assuré qu’il y aurait bientôt une Pauline chez les Sambou, on verra ça, Inch Allah !

Le "petit" Yann et sa maman Catharine

Le « petit » Yann et sa maman Catharine

Je pourrais vous parler encore et encore de nos retrouvailles avec Niomoune tant elles ont soulevé des débats chez nous, et des impressions contrastées, mais pour cela, mieux vaut en parler de vive voix autour d’un verre. Avant de clôturer ce chapitre, il faut quand même que je vous dise que l’on a joué Ciné SearCus avec Sandra, Paolo, et… Yvain ! On a beaucoup hésité à faire le spectacle à Niomoune car le village nous attendait sur des films africains mais on ne l’a pas regretté, on était heureux de montrer à nos amis ce que l’on faisait aujourd’hui, et heureux aussi de le partager avec Sandra, Paolo et Yvain.

De plus, quinze jours avant, on avait passé le film du bateau-cinéma au quartier d’Ouback, et c’était très touchant : nous étions entourés des protagonistes du film (Alfred, Jean-Simon, Djiba… pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, le film est en libre accès sur viméo, et en ligne sur la première page de notre site), sur la place où l’on avait fait le plus grand nombre de projections… Un très très bon souvenir, et une belle page qui se tourne pour le projet du bateau-cinéma en projetant le film ici en Casamance :

Nous avons également clôturé notre séjour niomounois en organisant la projection du film « la pirogue » au quartier d’Elou, en compagnie de Jean-Simon. Le cadre était authentique, l’écran accroché à un beau fromager, entouré d’un côté du public, et de l’autre de chèvres !

Dernier coucher de soleil sur les rizières, bohaquil Niomoune !

Dernier coucher de soleil sur les rizières, bohaquil Niomoune !

Après notre premier séjour à Niomoune, on est parti faire des courses à Elinkine. Dans le bus sur la route d’Oussouye pour aller acheter du gasoil, Yann reconnaît quelqu’un et il lui demande « Mais toi, on ne s’est pas rencontré en 2009 au festival de Carabane ? ». Bingo, c’est Tony Essamay, chanteur diola que j’avais même filmé lors de son concert et inclus dans mon film. Il vient rapidement au bateau et nous invite chez son oncle Mamadou, au campement d’Efrane, petite île en face d’Elinkine. On tombe sous le charme de l’endroit et nous voilà dans une autre découverte de la Casamance, du nouveau, trop bien !! Rien à voir avec Niomoune, on peut difficilement faire plus opposé ! Efrane, ce n’est pas un village, mais un campement touristique composé de quelques cases sous forme de huttes en palétuviers (y’a même des cabanes dans les arbres !) et d’un restaurant, belle paillote en face du bolong, quasi les pieds dans l’eau ! L’escale ressourçante, avec à l’accueil que des gens sympas, au grand cœur et large sourire : le gérant Mamadou, son fils Seyni, Pierre, Aminata, Léo, Léon… Et Tony Essamay qui nous a enivré avec ses chants en diola, magnifique !

On a décidé d’organiser une soirée de bienvenue pour l’arrivée d’Asikel et d’Yvain en Casamance, et ça n’a pas loupé : pleins de musiciens, on a joué une bonne partie de la nuit, mélangeant percus africaines, ekonkon (guitare diola), chants diolas avec accordéon, trompette, gaïtas et autres sonorités colombiennes, sans oublier un peu de musique bretonne ! Ah on a voyagé ce soir là, tous en connexion comme si on s’était toujours connu, c’était fort ! Nous étions également en compagnie de Fred, Tristan, Aurélio et Anna du voilier Méridien. A la base, ils voyagent à 4 gars qui nous rappellent Loufocs des 4 à la barre ! On se croise depuis les Canaries, Fred joue de l’accordéon, on se fait de belles soirées ensemble, de sacrés fêtards !! C’était tellement intense comme première soirée qu’on a voulu remettre ça, cette fois pour le départ d’Yvain (mais qui est finalement pas parti de suite tellement la Casamance, c’était trop bien !), en organisant une énième soirée musicale intitulée « jusqu’à l’aube » par notre cher animateur Pierre, puisque le but était de ne pas se coucher avant le levée du soleil… Et on a été quelques uns à y arriver !! Etant repassé la veille chez notre ami Papis à Cachouane, on l’a motivé à venir avec sa famille et des amis, je peux vous dire que y’avait du monde à Efrane ce soir là !! Comme il est dur de retranscrire toutes ces émotions par écrit, et que depuis le début du voyage j’ai un paquet de vidéos, je me suis dit que vous montrez ça en musique, ça serait pas mal !

L’adresse du lien est celle-ci : https://vimeo.com/206609642, vous pouvez la diffuser, la partager, faites vous plaisir !

Voilà, on n’est pas prêt d’oublier Efrane et on vous conseille ce petit coin de paradis ! Vous pourrez en plus y déguster de délicieuses huîtres de palétuviers grillées au feu de bois, elles n’ont rien à envier aux huîtres bretonnes on vous l’assure !

Vive Efrane !!

Vive Efrane !!

Avec toutes ces superbes rencontres, on a juste passé quelques jours à Ziguinchor, trop hâte de retrouver la tranquillité des bolongs ! On aurait voulu passer aussi chez Gigi et Clara à la Pointe Saint Georges mais ils n’étaient pas là et on n’a fait qu’un passage éclair à Carabane, on ne peut pas tout faire ! A Carabane, Yann a quand même réussi à retrouver un très cher ami, Simon, avec qui ils avaient joué en 2010 au festival de Carabane et même enregistré quelques morceaux avec le groupe « Carabane Héritage ». Le plus incroyable, c’est que Simon habite aujourd’hui à Biarritz, qu’il a tenté sans succès de retrouver le contact de Yann par internet, et voilà qu’il se retrouve par hasard sur la plage ! Lui aussi est venu à Efrane, on n’a pas pu revenir le voir comme on le souhaitait à Carabane mais le contact est de nouveau pris, on le reverra en France !

On a fini notre séjour au campement d’Yves et Sosso, comme je vous l’ai expliqué dans mon dernier récit, et la boucle est bouclée !

Rien que par les photos prises, je me rends compte que je me sentais davantage chez moi que partout ailleurs dans notre voyage. Comparé au premier séjour en Casamance où j’étais gênée de prendre des photos ou de filmer, là pour une fois je me sentais à l’aise, sachant sûrement qu’il fallait que je profite de chaque instant car ce retour passerait vite, et j’avais bien raison ! Nous sommes maintenant déjà au Cap Vert, se demandant bien quand l’on pourra revenir en Casamance mais ayant pourtant la conviction qu’on y retournera un jour !

Finissons par un petit retour au présent : nous venons de vivre le carnaval de Mindelo : grandiose ! Avec le paquet de photos que j’ai déjà mis, les photos du carnaval seront pour un prochain message (ou vous pouvez aller les voir sur www.facebook.com/cinesearcus, c’est une page publique donc même sans compte facebook vous pouvez visiter notre page). Nous attendons actuellement notre cher équipier Groben qui se fait toujours attendre, puis on s’apprêtera à partir pour la fameuse traversée de l’Atlantique… Affaire à suivre !

On vous embrasse fort et n’hésitez pas à nous laisser des commentaires, on aime ça !

Pauline

PS : et bien je finirai encore avec un rab de photos, comme je n’ai pas parlé des enfants, voici quelques images avec Noanne qui s’est fait tresser et offert (par sa mère) une jolie jupe/pagne, les enfants avec Nila et Ayla au campement à Djoratou (avec le singe !). Et pour finir, on n’a pas arrêté de voir de magnifiques et gros dauphins dans le fleuve Casamance alors il fallait au moins que je vous montre ça !

Publié dans Sénégal 2017 | 4 commentaires

Arrivée au Cap Vert !

Bonjour à tous !

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Dernier jour en Casamance

Je n’ai toujours pas rédigé mon « billet » sur la Casamance, notre dernier mois a de nouveau été si riche que je n’ai pas encore pris le temps de vous conter tout ça par écrit. Il me faut aussi du temps pour « digérer » notre retour en Casamance, prendre un petit peu de recul pour réussir à le raconter, car c’était beaucoup d’émotions ce séjour : le retour d’Asikel en compagnie d’Yvain et Ayla, des retrouvailles, des nouvelles rencontres, de la musique, le spectacle… J’ai pris de nouveau pas mal de photos et notre connexion internet était tellement mauvaise que j’aurais pris un temps fou à tout télécharger ! Nous avons retrouvé la 3G ici au Cap Vert, ça va redevenir plus simple pour communiquer !

Vous devriez donc recevoir de nos nouvelles d’ici peu et en attendant, on tenait quand même à vous annoncer que nous étions arrivés au Cap Vert, sinon vous alliez finir par vous demander ce que nous étions devenus !!

DSC02652_1DSC02685_1 Au campement chez Yves et Sosso, un havre de paix au milieu de la brousse

IMG_4214_1On a bien trainé en Casamance, on n’a pourtant pas réussi à faire repousser notre passavant à Ziguinchor et nous avons fini illégal au Sénégal planqué dans le bolong de Niomoune puis celui d’Erigna. Chaque jour nous repoussions le départ d’une journée, attendant une météo plus clémente… Asikel était revenu nous dire au revoir à Erigna, devant le campement d’Yves et Sosso, et on est resté 3 jours ensemble ! DCIM100GOPRONous avons expérimenté un nouveau concept en Casamance : le mouillage à couple, à 3 bateaux avec celui de Maima !On s’est offert de splendides dernières balades en brousse, nos derniers apéros de cockpit tranquille dans le fleuve puis après nous être dit au revoir, nous avons encore repassé un jour supplémentaire un peu plus loin dans le bolong devant une magnifique petite forêt de Baobab.

Nous ne sommes partis que vendredi midi dernier, avec deux bateau-stoppeurs, Thibaut et Quentin, et nous sommes arrivés mercredi en fin d’après-midi sur l’île de Boa Vista. Ils avaient eu nos contacts avec Festina Lente avec qui ils ont passé le nouvel an aux Canaries et ils avaient envie d’aller au Cap Vert. Après avoir trouvé un bateau pour Dakar, ils nous ont rejoint en Casamance pour faire la navigation avec nous. Au départ, on s’était dit qu’on la ferait en famille et puis cette opportunité s’est proposée, on a dit oui, et on n’a pas regretté !

Car après 2 mois et demi dans les bolongs, des mouillages hypers calmes, plus de vagues ni de houle… On savait que le retour en mer serait dur, on appréhendait cette navigation depuis un moment, et on avait bien raison : 5 jours de près, une allure pas agréable, on s’est bien fait brassé, le genre de navigation qui me ferait dire que je n’aime pas le bateau !!

Il faut dire que ça commençait moyen… On était à peine sorti du fleuve Casamance que les toilettes se sont bouchées (génial, le retour au seau quand ça gite à fond, le rêve ! En plus, Yann a passé la première après-midi à les déboucher sans succès, sympa comme début de nav !). On a aussi retrouvé un « ver de cochon » dans le pied de Noanne, c’est comme ça qu’ils appellent ça en Casamance, on les attrape sur la plage, à cause des cochons qui y trainent, ces vers profitent de petites plaies au pied, ou passent par les ongles (Noanne c’était ça) pour rentrer dans la peau. Rien de grave mais faut vite le voir pour l’enlever car ça creuse vite dans la peau. Bref, il fallait qu’elle choppe ça la veille de partir, et qu’on le voit une fois partie, bravo !

Après tout ça, on a été calmé pendant les 2 premiers jours, assommés en mode réadaptation au mouvement de la mer… Et quand on dit qu’au bout de 2 jours ça passe, et bien nous (Titouan et moi), on a été malade le troisième ! Titouan qui est rarement malade a passé une bonne partie de la journée à vomir d’abord sur son père puis sur sa mère, pendant que moi j’étais aussi très mal avec un bon mal de bide. Et symboliquement, lorsque j’arrive enfin à le coucher le soir, je sors de sa chambre, je prends en vitesse la bassine et c’était à mon tour de vomir… J’avais gentiment attendu que mon fils aille mieux pour faire de même, la douce maman ! A peine relevée la tête que Noanne m’appelait en criant car elle avait mal au ventre, elle a voulu refaire un tour dehors pendant que dans ma tête encore toute en vrac, je me disais : « mais c’est quoi cette galère ??? ». Je n’avais pas vomi depuis le passage du Ras de Sein, c’est pour vous dire !

Vous l’avez compris, j’ai pas super tripé, 0 photo, 0 mammifère marin, 0 poisson pêché, 0 jeux… mais beaucoup de dessins animés ! Noanne a dit que c’était sa navigation la plus horrible même si elle n’a pas été trop malade, elle avait mal au ventre par intermittence, elle a quand même réussi à dessiner un peu et à prendre les choses avec acceptation, elle attendait patiemment que les jours passent ! Titouan une fois les vomissements passés avait retrouvé la forme, mais la cinquième nuit il a fait une grosse cession diarrhée à n’en plus finir, décidément ! Yann le capitaine toujours vaillant avait décidé de faire des crêpes !! Noanne a été se coucher sans manger, moi j’ai commencé à en manger mais j’ai direct mal digéré et Titouan a passé la nuit aux toilettes (enfin au seau !). C’était bien la première fois qu’on ne faisait pas honneur aux crêpes de Yann mais le lait et les œufs se marient mal avec la gîte… Cette navigation me confirme que je suis bien terrienne et que les vagues et mon ventre ne sont pas vraiment copains… C’était dur d’avoir de l’appétit, j’ai été incroyablement inefficace pendant ces 5 jours, affligeant, encore heureux de nouveau que nous avions pris des équipiers pour aider aux quarts et aux repas, merci Thibaut et Quentin !

J’ai donc capitulé la 5ème nuit, tenant Titouan sur le seau, j’ai demandé à Yann d’allumer le moteur pour ne pas passer une nuit de plus en mer !! Sur le coup ça a fait grogner le capitaine « Rohh, cramer du gasoil… » mais tout le monde était content d’arriver le lendemain en fin d’après-midi !! Bon, c’est moi qui raconte notre périple hein, Thibaut et Quentin n’ont pas été malades et ont tripé leur voyage malgré tout… Mais on n’était pas dans la même situation ! Et j’autorise maintenant Yann à commenter, ou même rectifier mon récit. Attention, pour une fois qu’il écrit sur ce blog, c’est un grand moment :

« Amis marins bonjour ! Je prends donc le clavier pour vous faire part de ma version des faits : le temps fut clément 15/20 nœuds Nord Nord Est quelques rares rafales à 25 nœuds, mer peu agitées à agitée , cap 300°/330°, bord de près sur une houle légèrement croisée de Nord Est. 5 jours de près certes un peu humide et légèrement ballotant mais pas de quoi inquiéter un breton, on a fait des crêpes, on a joué de la bombarde, on s’est fait branler comme des marins pêcheurs de Saint Quay, ça aurait pu être super entre collègues alcooliques bretons mais voilà, une fois de plus, la famille n’apprécie pas mon amour du près… J’essaierai donc à l’avenir d’éviter ces navigations tant redoutées de ma proche famille, c’est d’ailleurs pourquoi nous prenons maintenant le chemin des alizés ! »

Arrivée sur Boa Vista, la délivrance !

Arrivée sur Boa Vista, la délivrance !

Voilà pour ce récit épique ! Au départ on visait l’île de Sal mais on a décidé de s’arrêter avant sur Boa vista. Sur le coup, on s’est vraiment demandé pourquoi, avec l’impression que le calvaire continuait… Le mouillage n’était vraiment pas confortable, ça bougeait beaucoup avec de grosses rafales de vent, on ne se voyait pas sortir avec l’annexe, Yann a même pensé repartir direct !! Le décalage après le calme de la Casamance, fallait vite s’en remettre !! Mais l’ancre a bien croché, on a laissé passer la nuit et on s’est motivé à descendre le lendemain matin.

Sport le débarquement en annexe ! On s’est bien fait tremper mais on ne l’a pas regretté !! L’île de Boa Vista est splendide ! On a profité de la magnifique plage turquoise (Noanne même plus peur des vagues!!), mangé un bon cachupa local, acheté du fromage de chèvre tant attendu… ça y’est, on est arrivé au Cap Vert… et on est content malgré tout !! On pense même rester quelques jours pour aller se faire un bivouac dans les dunes avec les enfants !!

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Arrivés sur la terre ferme, trempés mais contents !

Voilà encore une leçon du bateau, on en a bien chié pour arriver jusqu’ici et on l’oublie rapidement tant la beauté de l’endroit vaut le détour. Ça se mérite !

J’ai essayé de changer un peu de mes récits de voyage idyllique pour vous faire partager ce que peut-être, aussi, la vie en mer d’une maman qui a pourtant bien les pieds sur terre (trop peut être !).

Et bien voilà, mon idée de base était quelques lignes pour vous annoncer notre arrivée, ça a un peu débordé… J’ai finalement « profité » d’une journée au mouillage trop mouvementée pour pouvoir descendre à terre pour vous écrire. Certes l’île est belle, mais le mouillage vraiment pourri, grosse houle qui nous fait tanguer, tanguer, et des vagues qui déferlent un peu partout et sur la plage, pas facile pour débarquer… Mais quelle idée de venir au Cap Vert au mois de février (le mois de l’année où ça souffle le plus) !

DSC02767DSC02775la plage de Boa Vista, paradis des surfeurs, mais pas des voiliers au mouillage avec les vagues qui déferlent juste à côté…

On va quitter l’île de Boa Vista demain, au final sans avoir pu bivouaquer à terre puisqu’on est resté coincé dans le bateau. De toute façon Yann ne se sent pas de laisser le bateau au mouillage alors que ça bouge beaucoup. On va se tenter l’île de Sao Nicolau, en espérant que le mouillage sera plus agréable, mais l’escale sera dans tous les cas très courte puisque nous souhaitons nous rendre au grand carnaval de Mindelo qui débute dès le 24 février.

Allez, la suite au prochain épisode, avec très vite je l’espère un petit retour en arrière sur la Casamance. Até logo !!

 

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Bonne année du Sénégal !

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Au mouillage à Cachouane, à couple de « la vie en rose »

Bonjour à tous,

pour ce début d’année, accrochez-vous, j’envoie la sauce !!

J’ai oublié qu’en quittant l’Europe nous quittions aussi les bonnes connexions wifi partout… C’est aussi qu’en quittant les Canaries, nous mettions fin à une période « de luxe » où Dominao était amarré à quai dans ces multiples ports remplis de milliers de bateaux… Au Sénégal, pas de port, et pas beaucoup de voiliers non plus, quel contraste ! Nous sommes donc au mouillage sans de connexions internet au bateau. J’ai donc mis de côté mon récit de voyage pendant plus d’un mois, ça en fait des choses maintenant à raconter ! D’autant que ce n’est pas rien pour les méninges que de revenir en Afrique, les réflexions, ressentis, impressions… fusent !

On est sûrement passé un peu par tous les états, alors que vous conter maintenant ?

D’emblée, on peut vous dire que Dakar ne nous a pas trop plu, au niveau de notre statut de « toubabs », de blancs quoi. En Arrivant au Sénégal en voilier, jetant l’encre au Cercle de Voile de Dakar (CVD), tout le monde te voit comme un blanc plein d’argent. On a été sans arrêt assailli de demande, payer tel ou tel service 2 ou 3 fois plus cher que cela ne vaut… On devait par exemple faire refaire notre toile anti UV mais le prix était le même qu’aux Canaries, c’est à dire pas dans nos budgets, et avec moins d’offres proposées… Dakar l’escale pas cher, on ne vous dira pas ça ! Plusieurs personnes en bateau nous ont même dit que c’était l’une de leurs escales les plus chères ! S’ils ont dit oui à tous les services payants proposés, puis fait des achats sans négocier les prix, je vous assure que ça peut monter très vite ! Dans ces conditions il est difficile d’établir une relation sincère avec les dakarois, on est jamais vraiment en confiance, toujours peur de se faire berner. Dans ces moments là, on se prend des claques ! A peine débarqués sur le sol africain, une destination retour assez attendue à nos yeux, et on se demande ce qu’on fout là ! Mais on n’est pas là pour jouer aux touristes plein de tunes ? Et on n’est pas non plus venu pour construire un orphelinat ? Après réflexions, on se dit qu’on est là pour être soi-même, montrer un autre visage du touriste, c’est ça notre subversion !

Dominao à Dakar

Dominao à Dakar, il ressemble pourtant plus à un bateau de manouches qu’à un yacht de luxe !

En tout cas on se demande comment on a pu rester 10 jours à la capitale… Même si on a quelques explications : après une longue navigation, on avait du mal à redécoller et puis on a eu envie de passer du temps avec nos amis du voilier « la vie en rose », Thierry, Anne-Noëlle, et leur fille Rosalie. Leur histoire de voyage étant touchante et atypique, j’ai souhaité les filmer, et nous sommes partis une journée ensemble sur l’île mythique de Gorée. Thierry a un père guadeloupéen, petit-fils d’esclave, et souhaite à travers ce voyage en apprendre davantage sur ses origines, en parcourant le chemin du commerce triangulaire : Nantes, l’île de Gorée, la Guadeloupe. Nous avons visité ensemble la maison des esclaves, moment émouvant dans lequel Thierry y voit beaucoup de positif aujourd’hui : l’île n’est pas un sanctuaire, au contraire elle est bien animée, des bébés naissent, des enfants jouent, la vie continue ! Noanne a passé son séjour à Dakar à jouer avec Rosalie, elle était aux anges de retrouver une super copine de voyage !

Lorsqu’on pensait au Sénégal, on se disait quelques jours à Dakar puis on file en Casamance. Finalement changement de programme, nous avons décidé de nous rendre d’abord dans le Siné Saloum. On avait envie d’une nouvelle escale, un endroit inconnu pour nous, pour retrouver la fraicheur de la découverte, l’émerveillement du début lorsque l’on découvre un endroit magnifique. C’est le temps qui ensuite casse le mythe et nous révèle les failles de chaque lieu, nous c’est pour cela que l’on aime, dès que possible, rester un peu là on l’on passe, pour tenter d’avoir une vision plus réaliste de l’endroit où l’on se trouve. Et c’est peut être pour la même raison que les touristes y passent un bref instant, pour ne garder que le côté idyllique ! Bref, je m’écarte dans mes réflexions voyageuses… mais pour le Siné Saloum, le charme a fonctionné, on est resté seulement 15 jours, et on en gardera un très beau souvenir !

coucher de soleil devant notre mouillage dans le Siné Saloum

coucher de soleil devant notre mouillage dans le Siné Saloum

Nous n’avons en effet pas été déçu de ce « petit détour » : Rien qu’à 65 milles nautiques au sud de Dakar, et on croit changer de pays ! La région du fleuve Saloum est magnifique, un très beau site naturel coincé entre la petite côte et la Gambie. Naviguer dans la mangrove remplie de palétuviers où cohabitent oiseaux (pélicans, hérons, sternes, aigrettes…) et poissons (barracudas, thiofs, huitres de palétuviers, crabes violonistes…), slalomer entre les îlots… c’ était un spectacle unique. Dominao s’est échoué plusieurs fois dans les bancs de sable pour pouvoir naviguer dans différents petits bolongs, mais l’expérience du capitaine avec les bancs de sable de Casamance nous a aidé à prendre cela avec détente. On a également de nouveau réalisé qu’avoir un bon moteur, ça aide bien (le moteur de notre 1er bateau Evaloa n’avait aucune puissance) : un coup de marche arrière, on essaie une autre trajectoire et après deux ou trois essais, ça passe !

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Nous avons navigué 3 jours dans le Saloum, jetant l’ancre où l’on voulait comme on poserait la tente en camping sauvage. 3 jours de repos, loin de la cohue de Dakar, oh c’était plaisant ! Notre second mouillage était juste paradisiaque, la révélation des enfants qui ont découvert la baignade dans de l’eau de mer, mais sans vague ! Noanne s’est mise à nager avec ses brassards, super à l’aise (ceux qui l’on rencontré à Porto Santo pourront remarquer l’énorme évolution !).

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Nous nous sommes ensuite posés 10 jours au village de Sipo, un village traditionnel près de Toubakouta, conseillé par un français en voilier, Guy, qui habite par intermittence au village depuis 10 ans. Nous ayant vu hésiter pour jouer le spectacle a Dakar, il nous a proposé de venir le jouer dans ce village plus reculé, où la population n’a pas l’occasion d’avoir d’offres culturelles chez elle. C’était peu dire ! Le village de Sipo n’avait en effet jamais accueilli de spectacle ni même vu de cinéma (on a également organisé une projection du puissant et captivant film sénégalais « la pirogue »). Les voiliers restent quasi tous à Toubakouta (village non loin de Sipo beaucoup plus réputé touristiquement), donc voir un voilier, en dehors de celui de Guy, resté plus d’une semaine devant Sipo, c’était assez rare ! D’autant qu’on a fait venir un autre voilier pour la projection, 3 voiliers au mouillage à Sipo, de mémoire d’hommes, il n’avait jamais vu ça !

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Les villageois sont peu nombreux à Sipo mais quasi tous étaient présents pour assister à la première africaine de Ciné SearCus ! Personnellement on n’a pas été super emballé par notre prestation, après plusieurs mois sans jouer, certains de nos numéros n’étaient plus trop calés et le groupe électrogène n’arrivait pas à alimenter tout le matériel (nos lampes surtout) donc ça nous a un peu déstabilisé. Mais comme le spectacle est lui même un enchainement de dysfonctionnements successifs, le public ne peut pas savoir si y’a vraiment un problème technique, pratique !

Le positif était bien de réaliser que Ciné SearCus a réussi à traverser les frontières, les différences culturelles, il fonctionne partout ! Certes, les villageois n’ont pas tout compris à notre humour et au sens de certains films, mais ils ont ri, et sont restés captivés du début à la fin. Ils ont pris beaucoup de plaisir à voir des « toubabs » se ridiculiser sur scène, on nous a beaucoup félicité à la fin du spectacle. Bref, on leur a offert un moment de bonheur, et ils nous l’ont bien rendu, car nous avons été superbement accueilli dans ce village.

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Venir avec de la culture à partager, ça permet de tisser des liens. Nous avons fait de belles, sincères et touchantes rencontres à Sipo : l’instituteur Pape Touré, Modou, un baïfall d’une gentillesse inégalée, la famille diola du village (Delphine, Elahj, Amada…) et la famille musulmane d’Oumar et Fatou. Le fils d’Oumar avait récupéré un petit singe qui a rendu fou Titouan ! Il fallait aller lui rendre visite tous les jours, un vrai animal de compagnie, il voulait l’emmener au bateau ! Nous nous sommes également baladé en brousse (avec un retour en calèche pour les enfants) pour aller découvrir la réserve naturelle maritime communautaire (car gérée par un groupement de villages aux alentours) de Bamboung.

J’ai ensuite du faire un aller retour à Dakar pour renouveler notre passavant d’un mois, pendant que Yann restait au bateau à Toubakouta. Il y a une loi très bizarre en ce moment au Sénégal qui autorise les voiliers à rester seulement 1 mois sur leur territoire alors que nous en tant que personne, on a le droit à 3 mois. Du coup la plupart des voiliers qui vont à Dakar ne vont pas jusqu’en Casamance par manque de temps, quelle préjudice pour la région. Nous on a tenté de faire prolonger ce passavant en accord avec un douanier sur Dakar, mais il fallait revenir ! Au départ Yann devait y aller mais je devais aussi trouver un dentiste pour me soigner une dent. Et puis j’étais finalement enjouée de partir en sac à dos faire un tour, et même si c’était pour des missions pas très sympas, ça me permettait de sortir du bateau, et passer deux jours sans les enfants ! Que de changement par rapport à notre premier voyage, j’avais réussi à me faire un trip jusqu’au Burkina-Faso pendant deux semaines, et là je suis satisfaite de me prendre deux jours pour retourner à la capitale ! Ah la vie de famille…

dominao-a-toubacouta_1marche-toubacouta Arrivée de Dominao à Toubakouta et le marché

En tout cas pour le rip voyage en sac à dos, j’ai été servie : pour l’aller on m’avait parlé d’un bus et c’était un camion archi chargé (je me disais qu’y avait plus de poids au dessus du toit qu’en dessous, j’avais jamais vu un chargement aussi haut, et j’ai loupé la photo car c’était de nuit !) où on était 5 par bancs hyper serrés, voyageant de 23h à 5h du matin, avec des arrêts incessants ! Du coup pour le retour, je me suis « offert » le « confort » d’un taxi 7 places, mais étant arrivée la dernière, j’étais assise derrière au milieu. Le conducteur conduisait à fond, et je me disais qu’au final, on était bien plus tranquille en bateau, en tout cas c’est proportionnellement moins risqué ! On peut en mer se faire d’énormes frayeurs mais rarement avec danger de mort comme c’est le cas sur la route… Je rigolais un peu au fond de moi-même d’avoir de pareilles pensées et bien, une heure plus tard, on avait un accident !! Le chauffeur a manqué de faucher un piéton sur la route et pour l’éviter on a fini dans le fossé. Il faisait noir donc pendant quelques instants on roulait dans la pampa me demandant si notre trajet ne finirait pas dans un arbre ! Heureusement, il n’y avait rien aux alentours et on a pu s’arrêter sans casse… et on a repris la route ! Sauf que ce n’était pas fini pour moi, le conducteur (lui ayant pourtant dit de m’arrêter à Toubakouta) ne s’est pas arrêté et il m’a débarqué à l’arrêt suivant, la frontière gambienne ! Il a fallu que je reprenne un taxi à 11h du soir pour rentrer chez moi, en passant par un douanier qui me cherchait des nouazes en me demandant mon carnet de vaccinations (je crois qu’il m’a lâché quand je lui ai expliqué notre projet et qu’on partait en Casamance, il était originaire de Ziguinchor), mais quelle aventure !! Et pour la cession douane, ça a été hyper chaud aussi car le douanier en question était parti à la Mecque pendant 2 jours (là vous devez vous dire mais elle est maudite là!), je suis tombée sur son chef qui ne voulait rien savoir, j’ai failli repartir sans notre nouveau passavant ! Je suis revenue le lendemain pour voir le douanier bienveillant qui après discussion, m’a fait cette faveur ! Pour finir cette histoire, faut quand même que je vous dise que dans la vie, si on la positive, on voit toujours du bien dans chaque moment, même difficile, et j’ai vécu aussi de belles rencontres pendant ces 2 jours : un dentiste sénégalais aimant son métier et le faisant bien, et pas pour l’argent… un sénégalais travaillant pour Terres d’aventures qui a égaillé mon voyage allé de belles et profondes discussions sur le Sénégal, mes retrouvailles avec mon cordonnier dakarois… et j’en passe ! Voilà, c’était ma cession récit sans photo, en solo !

Olala mais je n’ai toujours pas fini, je ne vous ai toujours pas parlé de notre arrivée en Casamance !! Faut que j’arrive à raccourcir !

On a réussi à arriver juste pour Noël, et on a cru ne pas y arriver car une fois dans la passe pour entrer dans le fleuve, le moteur ne cessait de caler, le vent de face, les courants contre, on s ‘est imaginé devoir faire demi tour ! C’était un problème de filtre de gasoil, et en tirant des bords comme on pouvait entre les balises de l’entrée du fleuve, nous sommes arrivés à Cachouane dans l’après-midi après une journée et une nuit de navigation.

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Nous avons retrouvé « la vie en rose » avant leur départ pour le Cap Vert, et ensemble nous avons été invité à fêter Noël dans une famille au village (la famille de Papis qui tient le campement, un mec au grand cœur avec le sens du partage). Mais quelle belle arrivée : danse, musique, chant, repas traditionnel… Yann a joué de l’accordéon, mais aussi à accompagner un bon percussionniste un soir à l’apéro pour nous faire chanter et danser, c’était beau ! La musique aussi, ça facilite l’échange, et ça fait du bien !

dsc01932yann-enfant-accordeon-cachouane Noël dans la famille de Papis à Cachouane

En échange de leur magnifique accueil, on leur a joué le spectacle le 26 décembre, au foyer des jeunes où la salle était comble. Le public était bien réactif et en plus, Thierry, Anne-Noëlle et Rosalie ont enfin pu découvrir Ciné SearCus ! Je crois qu’on a jamais autant sué mais on s’est fait bien plaisir à jouer !

On devait repartir le lendemain mais pour les vacances de noël, ils organisaient de la lutte, avec l’Ekonkone, la danse qui précède la lutte, alors on est resté pour avoir la chance d’assister à une de leur belle manifestation traditionnelle. J’ai trop parlé depuis le début alors je vous laisse voir quelques photos !

On est ensuite parti pour Niomoune, passer le nouvel an là-bas mais là, je vous conterai ça dans un prochain message car je dois pour cela rouvrir un grand chapitre : revenir dans un village 6 ans après y avoir passé presque 1 an, y passer le nouvel an dans notre famille d’accueil, que d’émotions, de déceptions aussi parfois, de redécouverte (on a assisté à une grande cérémonie de deuil d’un chef des fétiches, l’occasion d’une grande fête pour les diolas), projeter le film du bateau-cinéma dans lequel Niomoune est parti prenante… C’est beaucoup de retournements, une sacré étape dans notre parcours…

Dominao à Niomoune !

Dominao à Niomoune !

Je me rends compte que je ne vous ai pas trop parlé de nos enfants, qui pourtant sont eux aussi confrontés à tout un tas de ressentis et de nouveautés. Mais ce qui est bon c’est qu’ils semblent tout passer avec aisance, naturelle et facilité ! L’Afrique est passée par « c’est trop beau » comme « c’est trop nul. »

Trop beau : les femmes sont belles, y’a pleins d’animaux, de fruits, de poissons !!! Titouan est toujours aussi fan, voir plus, il passe très bien ici à manger à la main et recracher les arrêtes de sa bouche ! Deux jours après son arrivée, il nous disait « j’adore le tiéboudienne ! » (riz au poisson accompagné de légumes). Il voulait échanger notre annexe contre une pirogue en bois « magnifique ». Il attendait trop de pouvoir faire un tour et c’est ce qui s’est passé le jour du réveillon. Yann souhaitait aller acheter un cochon pour le 1er de l’an et ils sont partis le chercher en brousse avec Titouan, Alfred et Adrien Sambou. 1h30 de trajet en pirogue lors duquel ils ont vu un crocodile ! Puis il a fallu trouver le cochon, un fusil… Ils devaient y passer 4 heures, ils y ont passé la journée, avec panne d’essence au retour, la totale ! Titouan a été super avec son papa, il s’est endormi dans le filet de pêche à côté du cochon mort, lui était ravi ! Et au réveil, un pêcheur lui a offert une belle sole. Depuis, tous les jours, il nous parle qu’il est parti en pirogue pour tuer un cochon, il est trop fier !

Trop nul : c’était plutôt Noanne au début. Le tiéboudienne, pour elle, c’est trop épicé ! Arrivée à Dakar, elle ne pensait qu’à acheter une noix de coco, elle avait rêvé de ça en en parlant avec son père mais une fois goutée : «  Ah bah non, en fait, j’aime pas. ». elle découvre ensuite : « Quoi y’a pas de dessert (elle pense au yaourt là, elle en raffole) ? Alors je prends un bout de fromage ? Quoi, ils font pas de fromage en Afrique !! Bon, je peux avoir une pomme alors ? » Heuh, non, non plus… Heureusement qu’on lui a trouvé du beurre sinon c’était l’insurrection !

5 ans et demi, ce n’est pas 3 ans, Noanne est plus penchée à jouer avec les copines de bateau (« je suis timide des africaines… »), et elle fait sa difficile sur la nourriture alors que Titouan dévore tout, prend un bâton et va jouer à la bagarre avec les enfants. Depuis le début de notre périple, Noanne s’est plongée à fond dans le dessin, elle ne peut pas passer une journée sans dessiner donc lorsqu’on sort, en plus de penser aux casquettes, eau, produits anti-moustiques, gâteaux… il faut que je pense au carnet à dessins de Noanne ! Mais son art lui permet aussi l’échange, et elle n’est plus du tout timide lorsqu’on lui demande de lui expliquer ses dessins ! Elle nous a épaté lors de son premier dessin d’inspiration africaine, on y trouve pleins de couleurs et de référence à ce qu’on vivait :

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Un jour à Sipo où la co-épouse de Fatou offrait du poisson aux enfants, Noanne me dit : « mais ils nous font toujours des cadeaux, et nous, on leur offre quoi ? » Elle leur a alors fait un dessin, ils ont été très touché :

dessin-noanne-pr-fatouOn ne vit bien-sûr pas du tout le même voyage avec les enfants. En 2009 on s’était vraiment adapté à la vie locale, vivant de rien, en mangeant du riz et du poisson. Avec les enfants, on fait plus de compromis… Et flâner au village comme j’avais l’habitude de le faire avant, là je m’entends dire « maman, c’est quand qu’on rentre au bateau ? ». En tout cas ça nous renforce dans le fait que le voilier est le moyen idéal pour nous pour voyager avec des enfants. On peut les emmener partout mais le soir, ils rentrent chez eux ! Ils découvrent une infinité de choses mais ne semblent pas perturbé par le fait d’être nomade, le bateau est leur maison !

Je vous laisse sur ces belles paroles, j’ai l’impression d’avoir battu un raccord, dans mes bonnes résolutions 2017 j’avais pas noté d’écrire des messages plus courts, désolé… Moi j’ai mis 3 jours à l’écrire ( ce qui m’a valu des veillées nocturnes) et je vous dis pas le temps pour les photos ! Et vous, combien de temps vous mettrez à me lire ?

J’oubliais l’important : Bonne année à vous tous ! Les nouvelles qu’on a de la France sont le froid, le gel… pendant que nous découvrons avec effarement qu’il fait 32 degrés dans le bateau l’après-midi, vous voyez le décalage !

Allez, à bientôt pour la suite…

Pauline

Et comme si j’en avais pas mis assez, je vous laisse en photos, série « portraits de Casamance » :

 

Publié dans Sénégal 2017 | 13 commentaires

Bien arrivés au Sénégal !!

Salam Alekoum !

Un peu plus d’un mois d’absence sur la toile, et nous voilà arrivés au Sénégal !!

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Dominao au mouillage à Dakar

Olala on n’a pas l’habitude d’aller aussi vite. Depuis mon dernier message, nous avons fait deux grandes navigations, changer d’île, puis de continent, quelle étape ! Nous sommes sur la terre africaine depuis une semaine, donc encore en adaptation… Alors plutôt que de vous parler de notre escale dakaroise, je vais revenir d’abord là où je vous ai laissé : à Porto-Santo.

Débarquement en annexe pour les premiers pas sur la terre africaine !

Débarquement en annexe pour les premiers pas sur la terre africaine !

Première grande étape pour Dominao : quitter Porto-Santo après y être resté 6 mois, quand même ! On a essuyé deux tempêtes, certes au port mais ça bougeait beaucoup, on se sentait comme au mouillage avec le grincement incessant des aussières en plus, ça donnait ! Et les pare-battages qui grinçaient contre le quai, ça faisait un tel bruit dans notre cabine à l’avant que ça me réveillait la nuit (moi, pas le capitaine qui, à quai, arrive à dormir sur ses deux oreilles !). Pour vous dire que ça soufflait très très fort, le ponton s’est cassé à certains endroits, des aussières ont lâchées, des taquets ont pété… On a tout de même réussi de temps en temps à trouver de petites accalmies pour sortir un peu, piquer une tête dans cette eau turquoise magnifique qu’on est pas prêt d’oublier…

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Titouan et la pêche, son activité favorite !

img_9339On a aussi fêté les 3 ans de Titouan, bien heureux de les fêter ici, au même endroit où l’on avait fêté les 5 ans de Noanne quelques mois plus tôt. Titouan a passé une superbe journée, il était trop fier de devenir « grand » ! Pour son anniv, son papa lui a refait sa canne à pêche à neuf (il lui avait offert de retour de France mais le moulinet avait cassé), il a donc été pêché le matin mais bien qu’il ait eu 3 ans, il est encore petit pour trouver la patience de pêcher très longtemps… On a donc pas eu de poissons et je suis allée acheter des dorades de Madère pour le repas !! On a fait le traditionnel gâteau d’anniversaire avec d’autres personnes du ponton, qui lui ont offert des petits cadeaux, Titouan était bien content, « c’était la fête ». dsc01329

Avant cela Titouan avait fait deux jours de fièvre, puis c’était au tour de Noanne (la réadaptation !). On a donc repoussé le départ de quelques jours et nous sommes partis le lundi soir du 31 octobre. Juste avant de partir, on a vu arriver Paul, un copain retrouvé en Bretagne cet été qui faisait du bateau stop, super zicos avec qui Yann aurait eu plaisir à jouer mais voilà, un moment, il faut partir ! On se passe le relais avec Paul avec qui on a juste le temps de se faire une bise et nous partons pour Santa Cruz de Ténérife.

enfantsyann-en-navdsc01336Nous passerons trois jours de navigation hyper tranquille, un peu trop par moment car nous devons mettre le moteur mais pour la première nav de nos équipiers Orzonie et Luc, c’est parfait ! dsc01346Je suis surprise cette fois de ma rapidité d’adaptation, je me félicite de me sentir bien. J’apprécie être en mer, ce qui n’est pas toujours le cas pour ma part, ce n’est souvent pas mes meilleurs moments de voyage lorsque je passe par des moments d’anxiété, de ballonnements, d’énervement avec les enfants qui me lâchent pas… Mais là, les enfants prennent de plus en plus leur indépendance, s’occupe sans trop demander de dessins animés, et moi je fais des quarts de nuit sous un ciel étoilé, chantant seule sur le pont, le pied ! Je suis pas seule au monde mais pour moi, c’est comme si car seule réveillée sur mon bateau, ça ne m’arrive pas si souvent au final !

Arrivée à l'île Selvagens

Arrivée aux îles Selvagens

Grâce à cette météo clémente, nous avons fait le tour des îles Salvagens qui se trouvaient sur notre route. En plein milieu de l’Atlantique, pouvoir « tomber » sur une île déserte (réserve naturelle avec 2 gardiens en guise d’habitants), c’est magnifique ! D’autant que le temps (le soleil comme la mer) était de la partie, on a vécu un beau moment.

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A notre arrivée sur l’île de Ténérife, on voit un bateau au loin qui se trouve être « la vie en rose », un voilier rencontré à Quinta de Lorde avec qui ont avait bien sympathisé (surtout Noanne qui s’était magnifiquement bien entendue avec leur fille Rosalie). Mais quel incroyable hasard ! On devait aller à Las Palmas des Grandes Canaries, eux étaient partis sur l’île de La Palma, et nous voilà de nouveau réunis à Ténérife ! On ne s’était pas contacté par internet, on pensait bien que nos chemins se recroiseraient mais pas si vite ! C’est la beauté de la vie de voyage, en tout cas ça a aiguillé notre arrivée dans cet énorme port….

arrivee-tenerifedsc01375 Arrivée à Ténérife et retrouvaille avec « la vie en rose »

 

Apéro sur le quai qui s'est fini sur Dominao après s'être fait viré par les flics, ambiance !

Apéro sur le quai qui s’est fini sur Dominao après s’être fait viré par les flics, ambiance !

Notre second passage aux Canaries aura été furtif, 10 jours, et ne restera pas dans nos annales… La marina de Santa Cruz de Ténérife ne nous aura pas plu, spécialement la femme qui gère le port, une personne hautaine qui s’occupe de la marina comme d’une pompe à fric. Elle s’est montrée méprisante à l’égard de notre projet, nous interdisant de faire notre spectacle, prétextant que nous faisions « notre business » en passant le chapeau ! img_9503Pourtant, pendant notre séjour, le port était bondé car il recevait notamment l’Atlantic Odyssée, une régate un peu comme l’Arc mais en plus petit et plus familiale (crée par la fille de Jimmy Cornell), et l’organisation était intéressée par notre animation. On avait même rencontré plusieurs parents très enthousiastes à l’idée de découvrir notre spectacle. On a donc forcément été déçu, surtout qu’il était temps pour nous de refaire notre spectacle après notre pause en France. De notre côté on avait fait de belles rencontres avec qui on aurait aimé partager Ciné-SearCus, tant pis… ça nous a motivé à partir vite, c’était un mal pour un bien !

 

dsc01389dsc01380Rapide visite de l’île où l’on a vu un dragonnier millénaire à Icod de Los Vinos

 

La météo s’annonçait très calme, l’hésitation était de nouveau grandissante, de peur de faire trop de moteur. 2 ou 3 jours étaient annoncés sans trop de vent, mais on préfèrait passer quelques jours de plus en mer qu’au port de Santa Cruz ! On prévoyait donc 10 jours de navigation plutôt que 8 (pour environ 900 milles) mais la nouveauté de cette traversée est que nous avons un téléphone satellite donc la possibilité d’avoir la météo en mer, la classe !! On a trouvé un bon plan grâce à Benji de Nikolaïskai qui en avait un à son bord. Ce n’est pas un téléphone iridium qui coûte hyper cher mais un Inreach Delorme, on ne peut passer que des sms avec mais cela nous permet d’être relié au réseau satellite partout sur le globe (sans nous ruiner pour autant), et la personne à qui on envoie un sms peut nous répondre et nous donner la météo. On a jeté notre dévolue sur Ludo, le parrain de Titouan, qui nous a routé du port de Pontrieux, alors au passage on le remercie grandement, ça rassure d’être suivi !

dsc01399dsc01401 notre départ de Santa Cruz (concentration maximum !) – départ de « la vie en rose »

Nous sommes partis mardi 15 novembre. Et bon présage, nous sommes partis sous le soleil, après toutes ces journées pluvieuses sous la grisaille !Comme on n’a pas voulu de 2ème hasard, on est parti le même jour avec « la vie en rose », et pour la même destination ! C’est vraiment chouette pour Noanne et Rosalie de pouvoir se quitter tout en se revoyant à l’escale suivante ! Ça nous a bien aidé pendant la navigation, de savoir qu’au bout d’une semaine, Noanne découvrirait le Sénégal, mais aussi qu’elle retrouverait sa grande copine !

dsc01406dsc01408Au revoir les Canaries et premier coucher de soleil

On s’est vite rendu compte que l’on avait fait le bon choix, notre plus grande navigation depuis le début de notre voyage s’est très bien passée, nous avons fait à peine deux jours de moteur pour 8 jours en mer, on a eu différents types de temps et de forces de vent, mais jamais excessifs.

Nous nous sommes quand même fait bien secouer en sortant du port, mais cette fois tout était bien calé, on était prêt ! Ça n’a pas duré longtemps, le premier jour on a eu un peu de vent avec des vagues un peu cassées dans tous les sens mais très vite, la mer s’est calmée. On a eu de la houle mais elle poussait le bateau, avec le vent dans le dos ou de travers. Nous sommes partis le lendemain de la pleine lune, profitant ainsi la nuit de la lune descendante, une chance ! Bon, on a quand même eu 3 jours dans la grisaille (après 3 jours de nav), donc sans voir ni la lune ni les étoiles, et le jour ni le soleil ni même trop de mammifères marins, on commençait à se sentir un peu seuls !

D’autant que bon, j’hésite à vous parler de la pêche, car sur ce chapitre, on continue à ne pas être chanceux. Le premier jour où l’on met la ligne : poisson 0, fou de Bassan 1.

Fou de Bassan attendant de se faire libérer de l'hameçon

Fou de Bassan attendant de se faire libérer de l’hameçon

Quelle galère de lui enlever son hameçon coincé dans sa patte palmée ! Une belle et grosse dorade coryphène s’est baladée une bonne partie de la journée mais impossible de la faire mordre à l’hameçon. Yann voyait des bancs de poissons tout autour de Dominao, mais pas moyen d’avoir une touche…

Un poisson volant que Titouan s'est fait un plaisir de manger !

Un poisson volant que Titouan s’est fait un plaisir de manger !

Au final, on aura pêché un petit poisson, mangé un poisson volant atterri par mégarde une nuit sur notre ponton, mais on aura aussi perdu deux lignes, donc pour nous la pêche n’est pas très économique…

Mais l’important était que l’ambiance à bord soit bonne, et c’était le cas, nos équipiers nous ont bien aidé à rendre la navigation agréable, participant aux quarts et nous déchargeant de certaines taches du quotidien. Les enfants n’ont pas trouvé le temps long, ils ont fait leur vie dans le bateau comme il le faisait à terre, ne demandant même pas trop quand est-ce que l’on arrivait, ils ont été super !

 

dsc01423dsc01452Petit spectacle un soir en mer !

Et puis notre séjour prolongé en mer a fini par payer car on a finalement vu les dauphins, pleins de poissons volants (ils volent vraiment juste au dessus de l’eau, avec leurs nageoires qui forment comme des ailes, c’est assez incroyable), des globicéphales, du plancton phosphorescent, et moi j’ai même eu la chance de voir une tortue !

les ailes-nageoires du poisson volant

les ailes-nageoires du poisson volant

Le temps s’est aussi bien rattrapé, la navigation s’est achevée avec un bon vent qui nous faisait avancer à 6-7 nœuds, calant Dominao de façon impressionnante (à l’intérieur on ne sentait rien, Titouan m’a même demandé si on était arrivé !). Les différentes sensations que l’on peut avoir en bateau selon son allure, c’est assez incroyable. Autant parfois on ne ressent même pas être en mer tant c’est calme, le bateau vogue paisiblement sur les flots, avec pour seul son le clapotis de l’eau, autant à d’autres moments c’est la machine sonore infernale : le bateau tangue, les voiles claquent, les poulies résonnent… ça c’est sous la pétole ! Naviguer avec un bateau à voile, sans vent, est sûrement la plus mauvaise des allures ! Comme un bouchon dans l’eau, le bateau gîte car le manque de vent dans les voiles ne peut lui apporter la stabilité… et on se fait balloter. On évite de vivre trop longtemps ce genre de moment et on allume le moteur ! Dans l’autre sens, lorsque le vent forcit, ça peut impressionner, ça gîte mais seulement dans un sens avec le bateau calé, et l’allure devient agréable, avec en plus le point positif qu’on avance bien !

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Coucher de soleil sous la grisaille

C’est ce qui s’est passé les 2 derniers jours de navigation, on était super content des performances de notre bateau que certains voient comme un « veau » tant il est ventru et bien non ! Dominao est confortable à terre avec son espace de vie des plus élargi tout en étant agréable aussi en mer car il avance bien ! Je me permets de préciser tout ça car le capitaine, comme tout marin un peu bourru, a de fâcheuses tendances à se plaindre, dont parfois de son bateau, et bien là il le félicitait !! Malgré notre belle performance des derniers jours, il nous a manqué deux heures pour arriver de jour et on a du faire les derniers milles de nuit dans la baie de Hann, entre pirogues et filets… Ce n’est pas à faire, on l’a fait, le capitaine a géré, on a sûrement eu aussi un peu de chance, on est arrivé sans incident mais on ne vous le conseille pas ! Le cercle de voile de Dakar n’est pas indiqué sur les cartes, les pirogues ne sont pas éclairées, on a appris par la suite qu’il y avait une épave dans la baie, bref, à éviter !

Vu de notre mouillage devant le cercle de voile de Dakar

Vu de notre mouillage devant le cercle de voile de Dakar

Nous avons donc redécouvert Dakar de nuit, et avons alors commencé par retrouver… les odeurs ! Incroyable ce souvenir par l’odorat, c’est frappant. Une odeur bien-sûr indéfinissable, mélange d’encens et de poissons, pas facile à définir par écrit, et ça marche pas non plus avec les photos, donc on gardera ça pour nous !

Je pensais que la partie navigation représenterait la première partie de mon message mais comme je recommence à écrire un roman, je vais m’arrêter là ! Les retrouvailles avec Dakar, le retour dans notre statut de Toubab, la réaction de nos enfants, la visite « spéciale » à Gorée… Tout ça fera l’objet d’un autre post, que j’espère ne pas trop trainer à vous écrire car le temps passe vite et les choses qui s’y passent nombreuses ! Ce n’est pas rien pour nous d’être arrivés en Afrique, de retourner au Sénégal, alors ça remue pas mal. Ça ne fait pas avancer le projet Ciné-SearCus pour l’instant mais c’est une sacré étape dans notre vie que de revenir ici en bateau, avec nos deux enfants !

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On espère quitter vite Dakar et son mouillage non abrité du cercle de voile de Dakar où ça bouge quasi tout le temps pour retrouver le calme des bolongs, on a hâte ! Et puis Ciné-SearCus sera bientôt de retour car on compte bien jouer le spectacle dans les villages de brousse !

Au niveau administratif pour le bateau, c’est la galère. Notre visa en tant que personne est de 3 mois mais le bateau n’est autorisé à rester qu’un mois au Sénégal ! Ça fait court le séjour, surtout en allant jusqu’en Casamance. On pense nous rendre d’abord dans le fleuve du Siné Saloum (à 65 milles au sud de Dakar) pour ensuite revenir sur Dakar pour tenter de prolonger notre passavant d’un mois (en espérant que ça marche mais le douanier a dit à Yann qu’un prolongement d’un mois était autorisé en revenant faire les papiers à Dakar). Nous nous rendrons ensuite en Casamance, pour la fin d’année, Inch Alla’h !

Je vous laisse avec quelques photos du marché aux poissons près de notre mouillage et la suite dans un prochain message !

A bientôt

Pauline

PS : pour les photos, toujours le même principe, si vous voulez les voir en grand, vous cliquez dessus.

Publié dans Sénégal 2017 | 10 commentaires

On part pour l’Afrique !!

Arrivée sur l'île de Ténérife

Arrivée sur l’île de Ténérife

Juste un petit mot pour vous dire qu’on part en Afrique !!

On aura passé 10 jours à Santa Cruz de Ténérife, et on ne gardera pas cette escale dans notre top 10 ! La marina ne nous a pas donné l’autorisation de jouer notre spectacle alors que beaucoup de personnes au port auraient souhaité le voir, on était dèg ! On n’a pas trouvé l’accueil sympa, ils gèrent leur marina comme une pompe à fric, on est content de se barrer de là ! La météo ne nous a pas aidé, il pleut tous les jours depuis notre arrivée, il est temps d’aller vers le soleil !
 
Heureusement on a rencontré pleins de gens sympas qui ont fait de ce passage un chouette moment malgré l’ambiance de la marina, on s’est fait des apéros bien sympas, merci à toutes ces nouvelles belles rencontres !
 
La météo s’annonce très calme, en fin de semaine on aura sûrement 2 ou 3 jours sans trop de vent, mais on préfère passer quelques jours de plus en mer qu’au port de Santa Cruz ! On part donc demain mardi pour Dakar, on prévoit plutôt 10 jours de navigation que 8 (pour 830 milles), vu le peu de vent annoncé. Mais au moins on ne devrait pas se retrouver sous la tempête !
Une nouvelle étape commence pour nous : le retour au Sénégal !
 
Allez, prochaines nouvelles sur les terres africaines !
Dominao au port de Santa Cruz de Ténérife

Dominao au port de Santa Cruz de Ténérife

Publié dans Ciné SearCus 2016 | 3 commentaires

Le retour à Madeira !!

Bonjour à tous !!

Me voici de retour sur notre blog, pour notre retour sur l’archipel de Madère ! Certains commençaient à se demander ce que l’on devenait mais c’est bon, on est toujours là, prêts pour continuer ce beau voyage autour de l’Atlantique !

Yann est rentré à Porto-Santo le 26 septembre, faire le carénage de Dominao pour ensuite venir nous chercher à Madère le 12 octobre.

img_20161013_184712img_20161013_183906 Dominao à Quinta Do Lorde, peinture refaite !

Nous avons passé 10 jours à la marina Quinta Do Lorde. Bien que très huppé, ce port se retrouve être le port le moins cher de l’île grâce à la réduction de l’association Sail The World. Nous étions un peu en vacances à Saint Tropez, c’est assez étrange comme retour, surtout quand il se fait brutalement par avion, y’a pas de transition !! A notre arrivée, nous avons pu, juste un instant, ressentir la chaleur des derniers jours (Yann pendant 15 jours avait eu grand soleil, plus de 20°) et rien qu’une heure après sont tombées les premières pluies. Donc notre séjour « au club med » était tout de même parsemé de grosses averses et de bonnes rafales, histoire de nous acclimater en douceur après avoir vécu la froideur française du début octobre…

Quinta Do Lorde, c’est une marina et un énorme hôtel, un village dédié aux touristes avec une piscine naturelle sur la plage, et 2 autres artificielles dans le village reconstitué autour du port. On se sent à Walt Disney (bon, j’exagère sûrement, c’est que je connais pas Disneyland, mais ça sent le faux quoi), et bien c’était super pour les enfants !

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Vue sur Quinta Do Lorde de la piscine

Noanne et Titouan ont été en effet très gâtés pour leur retour, il y avait au port plusieurs familles en bateau, dont une famille belge avec 4 enfants, 2 filles de 10 et 8 ans, et 2 gars de 5 et 3 ans. Noanne a passé ses après-midis entre copines, entre les différents bateaux (nos voisins de ponton avaient aussi une fille de 7 ans avec qui Noanne s’est très bien entendue), la piscine et la salle de jeux (et oui, une salle de jeux à côté de la piscine à 3 étages, rien que ça !). Titouan, quand à lui, est même allé jouer tout seul sur le bateau de ses copains. Ah d’un coup, on avait gagné en autonomie !! Un port qui à priori ne semblerait pas nous convenir peut vite se transformer en chouette escale si d’autres conditions sont réunies ! Les rencontres sont vite reparties, les apéros aussi, et le rythme de l’école a filé en deux deux…

piscine-qdlimg_20161014_165135 La piscine à 3 étages à côté de la salle de jeux (à droite)

Nous avons aussi très vite été rattrapé par les milles et une questions qu’on peut se poser lors d’un voyage en voilier : « Trace-t-on maintenant pour les Canaries ? Sommes-nous prêts ? Passe-t-on par le Cap Vert ou direct en Casamance ? on navigue en famille ou on prend des équipiers ? … Et oui, la liberté de choisir, ça perturbe !

Au final, on ne se change pas si facilement, et nous ne sommes pas partis ce week-end pour les Canaries lorsqu’une fenêtre météo s’est présentée. On a préféré retourner à Porto-Santo pour en profiter pour faire des essais du pilote automatique qui déconne (et qui a ce jour dysfonctionne toujours, certainement un problème d’air dans le circuit hydraulique…) mais aussi pour refaire un coucou à Porto-Santo, profiter des lessives gratos et de la magnifique plage paradisiaque !

Bon pour la plage, il nous faut attendre un peu car pour la seconde fois depuis notre arrivée, nous devons faire face à un gros coup de vent. C’est la grisaille, la pluie et le vent qui nous ont accueillis depuis vendredi soir, ça change l’ambiance !

dominao-porto-santo-oct16plage-portosant-oct16Dominao au port de Porto Santo : un peu de couleur dans la grisaille- la plage déserte !

La navigation Madère Porto-Santo a été assez, voir complètement, épique. Nous sommes partis un peu à la va vite, sûrement trop confiants et oubliant que nous n’avions pas navigué depuis quelques mois… Résultat : on sort du port et on se mange deux bonnes vagues sur le pont, on se retrouve trempé, Noanne commence à être malade, on découvre du café partout à l’intérieur (« Mais tu n’as pas bu le café laissé dans la cafetière ?? » « Mais tu n’as pas rangé la cafetière?? »), et même, des hublots mal fermés qui ont gentiment laissé rentrer les vagues dans la chambre des enfants, le top !! Le bateau a bien gité et de là, on s’est bien rendu compte qu’on avait pas encore tous calés dans le bateau… Heureusement, les enfants se sont endormis sur mes genoux dans le cockpit et se sont réveillés en forme à la vue de nombreux dauphins ! En général, la navigation n’est pas que ingrate, elle offre certaines compensations après la galère ! Sauf que nous sommes tout de même arrivés sous une trombe d’eau, on a jeté l’ancre pour éviter une délicate manœuvre au port de nuit et sous les rafales de vent, mais le mouillage roulait beaucoup… Bem-vindo Dominao ! Voilà, ça, c’était le récit de notre première navigation !! Dans ces moments là, on prend pas de photos !

Entre cette aventure, un couple de bretons (des copains de copains de la rade de Brest) nous a demandé d’embarquer avec nous pour la Casamance et nous leur avons proposé de nous rejoindre d’abord à Porto-Santo pour faire un essai navigation jusqu’aux Canaries. Nous pourrons ainsi naviguer ensemble deux jours avant une navigation plus longue (environ une semaine) pour nous rendre en Casamance. Le programme donc : ils arrivent en fin de semaine et dès que la météo le permet, on trace aux Canaries pour une brève escale (on l’espère…) pour ensuite nous rendre au Sénégal… ou au Cap Vert ? Bref, je ne sais pas pourquoi je m’évertue à chaque fois à vous donner notre programme puisque nous ne le connaissons pas vraiment nous même… Enfin, l’idée est toujours pour nous de traverser en début d’année prochaine pour les Antilles (en passant par le Sénégal et le Cap Vert, vous voyez le programme !), voilà ce que l’on peut vous dire pour le moment !

funchalnoanne-funchal Passage à Funchal, capitale de Madère

Ceci était notre message de reprise, des photos grisonnantes, une navigation un peu pourrie, des hésitations… ah ça y’est, on est bien remis dans le bain du voyage !! Je rigole, la remise en route et le temps maussade ne vont pas nous faire déprimer, on sait qu’on profitera bientôt du soleil africain, et que nos péripéties ne sont pas finies… c’est la vie de bateau !

On vous embrasse tous, on vous remercie de suivre nos aventures (ça me motive à écrire !) et n’hésitez pas à nous laisser des petits mots !

A bientôt pour la suite de l’aventure !

Pauline, Yann, Noanne et Titouan

Publié dans Ciné SearCus 2016, Madère | 7 commentaires

Souvenir de « l’Utopiratée » et passage en France

Bonjour à tous !

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Je rigole à nouveau de moi-même qui écrivais dans mon dernier message : « ne soyez pas surpris de recevoir une newsletter dans la foulée », et bien il n’y avait pas de danger car j’ai oublié de vous l’envoyer !

Cela me permet au moins d’écrire un nouveau petit mot au bout d’un mois, comme j’en ai pris l’habitude !

Pour ce qui est du film « Souvenir de l’Utopiratée », lors de sa mise en ligne sur viméo le mois dernier, j’avais envoyé un mail à tous nos contacts, vous avez donc certainement pour un bon nombre d’entre vous déjà eu le lien. Mais peut-être n’avez vous pas eu encore l’occasion de le visionner, vous pouvez vous rattraper à présent !

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Allez, c’est parti pour un retour en arrière de 10 années, rien que ça !!

On fête cette année les dix ans de « l’Utopiratée », spectacle itinérant monté par Yann sur son premier voilier Evaloa, avec 6 compères (dont Paolo et Groben toujours présents aujourd’hui avec Ciné SearCus) sous la compagnie Landroglobe Circus.

Pour l’occasion, on a ressorti des interviews et images du spectacle qui n’avaient encore jamais été montées depuis 2006 et j’ai réalisé un court-métrage pour revenir sur cette incroyable épopée bretonne !

L’histoire était simple et porteuse de sens : un équipage embarque pour aller à la recherche de l’île de la Félicité, mais tout ne se passe pas comme prévu… Le spectacle mêle théâtre burlesque, cirque et musique, le tout sur un bateau ! Et oui, on peut voir « l’Utopiratée » comme les origines du bateau-cinéma, puis du projet Ciné-SearCus .

Et ce n’est sûrement pas anodin que ce montage ait été réalisé à Porto-Santo, car parfois on se demande si on l’a pas trouvé ici notre île de la Félicité ! D’ailleurs à la toute fin, on s’est permis de faire un petit retour à la réalité sous forme de clin d’oeil, et pour voir cela il faudra visionner les 18 minutes de film, allez, vous allez bien trouver un petit temps qui vous permettra d’en savoir plus sur notre histoire artistique en voilier !

Merci à Adeline, Laurent, Pierre, Paolo, Groben et Ludo d’avoir accepté la diffusion de ce court-métrage, et surtout, merci d’avoir participé à cette folle aventure qui a nous a aidé à continuer nos rêves jusqu’à aujourd’hui ! Yann rigole aujourd’hui en se voyant parler de tout ça, la réalité a aussi bien rattrapé le rêve… Quoi que !

Voici donc le lien viméo ci-dessous, n’hésitez-pas à faire partager la vidéo et on attend vos retours !

 

Sinon, nous sommes maintenant en France depuis un mois, et ça fait drôle de se le dire car on a l’impression de venir d’arriver ! On virevolte entre la Bretagne et la Mayenne, la mer et la campagne, la famille et les amis, entre maison, appartement, caravane,… Yann en profite aussi pour travailler (l’embauche au pub est tombée à l’eau, il a fallu trouver d’autres plans boulot).

SAM_7159SAM_7161                           Pique-nique au bord de la rivière la Mayenne le 14 juillet !

Normalement on devrait profiter d’une grosse fête entre potes pour leur présenter notre ciné-spectacle. Bon, les costumes, écran, vidéoprojecteur sont restés au bateau mais on va tenter de trouver tout ça et d’essayer de transmettre le spectacle qu’on a tourné cet hiver aux Canaries. Ce sera une version simplifiée et réduite mais ça nous permettra d’échanger avec nos amis sur notre voyage avec Ciné-SearCus !

Noanne a perdu sa 2ème dent !Vive le jardin !

On vous souhaite à tous un bel été, en espérant en croiser certains ici ou là !!

A bientôt

Pauline et Yann

Publié dans Ciné SearCus 2016 | 2 commentaires

Retour à Porto-Santo (Madère)

Bom dia !

Et oui, changement d’île, changement de bonjour !

Nous voilà de retour à Porto-Santo, sur l’archipel de Madère, île portugaise ! Et voilà mon dernier message avant notre retour en France cet été, cloturant ainsi notre première étape de voyage en famille (mais pas que !), avec le spectacle « Ciné SearCus ».

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Vous comprendrez cette photo dans un futur proche…

Nous sommes arrivés le matin du 14 mai après 3 jours de navigation depuis la Graciosa, et en famille !! C’était la première fois que nous naviguions aussi longtemps à 4, ça faisait un moment qu’on y pensait, on avait toujours pas franchi le pas, et bien c’est fait, et en plus ça s’est bien passé ! Bon, nous n’avons vu personne sur notre chemin, très peu de cargos, pas de voiliers, ni même baleines et dauphins… Alors par manque de photos attrayantes en mer, je me rattrappe sur nos dernières photos de Graciosa et de notre départ de cette île magnifique :

Ce fut un plaisir pour nous de retrouver Porto Santo, c’est un endroit vraiment paradisiaque, hyper tranquille, les gens sont agréables, contents de nous retrouver, la plage est magnifique, et la marina est vraiment pas chère ! D’ailleurs ce super plan commence à bien se savoir dans le milieu du bateau, les pontons sont remplis (quasi que des français !!!), beaucoup pense comme nous à laisser leur bateau à sec mais nous sommes les derniers à sortir de l’eau, il reste 3 places déjà réservées et après, le chantier affiche complet jusqu’en septembre !

Nous avons décidé de faire une pause spectacle ici, car on voulait davantage se concentrer sur le chantier à venir, la préparation du départ, et moi j’en profite pour commencer à dérusher mes vidéos du voyage (déjà un an depuis notre tournée bretonne alors j’ai du boulot !). Asikel et son équipage sont toujours avec nous, mais eux doivent penser à la saison d’été pour refaire la caisse de bord. Tout le monde est donc bien occupé, mais avec tous ces français sur le ponton, l’ambiance est vite partie en apéro et soirée galette ! Benjamin du voilier Nikolaskai est revenu récupérer son muscadet (un voilier, pas du vin !) qu’il avait laissé à Porto-Santo et il nous a ramené de la farine de sarrasin, ça faisait plusieurs mois qu’on avait pas mangé de galettes de blé noir, aahhh !

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Les petites marinas comme celle de Porto-Santo sont propices aux rencontres de ponton, très enrichissantes, nous permettant de découvrir des personnes d’horizons bien différents du notre et que l’on aurait sûrement pas rencontrées dans la vie quotidienne « terrienne ». De plus, il est parfois difficile à l’étranger de trouver un bon médecin, le bon conseil… Et là on se retrouve avec un kiné, une masseuse, une coiffeuse, un pro de la cuisine de la seiche et un autre du punch (spécial dédicace pour toi André !). Pas mal, non ?

Groben, lors de son séjour prolongé à Porto-Santo, s’était aussi fait pas mal de connaissances locales dont Jaïmé, qui nous a très gentiment laissé sa voiture le temps d’un séjour à Madère (Yann lui ayant aussi réparé son régulateur d’allure). Nous avons ainsi pu faire le tour de l’île. Voici le résultat en photos, vous pourrez voir que l’on n’a pas été déçu par la beauté de l’île :

Jaïmé nous a également offert a deux reprises de belles dorades, qui font comme toujours le bonheur de Titouan. Notre fils fait toujours autant rire les gens sur le ponton, il veut toujours pêcher ! Il est trop fan de poissons, ça en devient maladif ! Nous sommes au chantier depuis quelques jours, et il faut quand même que l’on prenne l’épuisette pour aller pêcher sur le ponton, bah oui maman, « elle est où la mer, là? ». C’est drôle pour les enfants de voir leur bateau sur un terre-plein, mais on a un superbe escabeau sécurisé pour monter et la vue d’en haut est pas mal non plus ! Noanne nous a dit le premier soir : « Ah ici, on est tranquille, au moins, ça bouge pas ! »

Voilà pour les petites nouvelles, Dominao est donc à sec jusqu’à fin septembre, Yann reviendra sûrement un peu avant nous pour finir les travaux avant notre retour sur l’île. D’ici là, nous allons revoir notre cher pays natal (je blague hein, quand on voit les nouvelles, entre violences policières, loi travail, affront à l’écologie au niveau européen et j’en passe… On se sent bien mieux actuellement en voyage en bateau…). En tout cas nous serons heureux de revoir la famille et les amis, n’hésitez-pas à nous contacter si vous passez du côté de Pontrieux ou de la Mayenne !

A bientôt,

Pauline, Yann, Noanne et Titouan

 

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PS : Ne soyez pas surpris de recevoir une seconde newsletter d’ici peu (je sais, ce n’est pas mon habitude !) mais pendant notre séjour à Porto-Santo, j’ai également réalisé le montage de « l’Utopiratée », premier spectacle itinérant qu’avait monté Yann sur son premier voilier « Evaloa » avec 6 compères pour une tournée bretonne, il y a… 10 ANS !!! Je vais le mettre en ligne d’ici peu, et ça vaudra bien un message pour fêter ça ! On s’est d’ailleurs permis un petit retour au réel à la fin du film, vous en avez ici un petit extrait en images fixes (merci Sandra pour les photos !).

 

 

Publié dans Ciné SearCus 2016, Madère | Laisser un commentaire

Ciné SearCus à 5… et 3 enfants, en vidéo !

Bonjour,

ça y’est je me lance ! Pour permettre à tous ceux qui suivent le fil de notre aventure sur ce site (et aussi pour mettre en ligne notre sélection de photos depuis mon dernier message de La Palma), je vais faire un petit retour en arrière sur notre passage à La Gomera où nous y sommes arrivés fin mars, à 5 adultes et 3 enfants ! Et pour l’histoire de Ciné SearCus, c’était une sacrée étape de retrouver Sandra, Paolo, Nila et leur voilier Asikel.

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Je vais d’ailleurs me permettre un retour en arrière encore plus lointain pour un petit rappel historique :

Sandra et Paolo sont les deux personnes avec qui Yann et moi avons écrit le projet Ciné SearCus depuis 2014. En 2015, nous préparions nos bateaux ensemble au port de Pontrieux et avons été l’un des 3 organisateurs de Port en fête 2015. Le départ était prévu pour l’été 2015 mais comme souvent dans des projets en voilier, les préparatifs nous dépassent… Tous les efforts étaient donnés pour la préparation des bateaux et on avait mis la création de côté pensant qu’elle se ferait au court du voyage, l’important était de partir ! Mais Dominao (et aussi son équipage) n’était pas prêt (ça, vous l’avez normalement déjà lu dans les messages du journal de bord en 2015, notre fameux faux départ!) et Asikel et le bateau de Thierry eux sont partis en octobre. Le but était de se retrouver un peu plus loin en Bretagne ou en Galice mais Dominao a passé un hiver de plus à Pontrieux et Asikel a navigué jusqu’aux Canaries dans l’espoir qu’on le rejoigne là-bas. C’est ce qui s’est passé au final mais plus d’un an après, Asikel était même sur le point de partir pour le Cap Vert !

Les débuts de la fanfare au marché d'Argual

Les débuts de la fanfare au marché d’Argual sur l’île de La Palma

Groben, lui, pour des impératifs administratifs devait rentrer en France mais il a réussi à repousser son départ à début mai, on a donc réussi à réunir Ciné SearCus, la source !! Car si Groben n’a pas écrit le projet Ciné SearCus (qui de toute façon avait peu de sens tant qu’il n’était pas réalisé), il a été présent sur quasi toutes les étapes : d’abord en allant jusqu’aux Canaries avec Asikel puis en revenant l’hiver 2016 à Pontrieux avec Surya pour monter notre spectacle actuel !

Allez, passons les détails, nous avons réussi à nous retrouver et décidé de tourner ensemble Ciné SearCus aux Canaries le temps de quelques mois. Nous avons choisi l’île de la Gomera et nous ne l’avons pas regretté.

Notre navigation La Palma – La Gomera était grandiose, nous avons vu des dauphins en masse venir jouer à l’avant du bateau, ils étaient tellement agités à sauter dans tous les sens qu’un d’eux à cogner dans notre ancre ! Les enfants ont été bien-sûr impressionnés et à présent dès que l’on parle de navigation, Titouan répond : « on va voir les dauphins » !

Le port de Valle Gran Rey

Le port de Valle Gran Rey

Ciné SearCus in the street !

Ciné SearCus in the street !

Nous sommes d’abord arrivés à Valle Gran Rey pour le week-end de Pâques. Les administrations étaient fermées dès le jeudi, nous n’avons donc pas pu obtenir l’autorisation de jouer Ciné SearCus mais en même temps, le capitaine du port n’était pas là non plus ce qui nous a valu de ne rien payer de notre séjour, on s’en sortait bien ! D’autant que Sandra, Paolo, Groben et Yann avaient monté un set musical pour jouer dans la rue (au marché, devant les terrasses) et ça a marché du tonnerre ! C’était le dernier week-end où il y avait encore beaucoup de touristes aux Canaries (Valle Gran Rey est un village rempli d’allemands), on a pu gagner un peu d’argent !

 

 

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Après la cession dauphin, Titouan a vécu un moment extraordinaire avec une raie « ÉNORME ». Au port de Valle Gran Rey, un homme appelé Pepe a quasiment apprivoisé une raie qui vient en fin d’après-midi lorsque Pepe lui apporte des sardines. Un soir avec Titouan on est passé au bon moment, Pepe arrivait avec ses poissons et en a donné un à Titouan. C’est donc Titouan qui a fait venir la raie en lançant son poisson, et on était au première loge pour voir ça (les autres devaient restés au haut des marches) ! IMG_20160326_175830IMG_20160326_180458C’était assez incroyable comme moment, la raie venait vraiment toucher Pepe, Titouan pouvait (malgré sa peur) donné du poisson directement dans la gueule de la raie. Depuis, il en parle presque tous les jours, dès qu’il fait un dessin il dit faire « une (r)aie ÉNORME », quel souvenir ! Dans chaque port maintenant le but est de trouver de gros poissons mais maintenant c’est plus dur, surtout qu’on est toujours pas des pêcheurs de compète…

Après un passage au mouillage et de belles petites navigations, nous nous sommes rendus à San Sebastian pour jouer enfin le spectacle, tout en continuant de faire de la musique dans la rue (ça fait gagner un peu de sous et en même temps ça fait de la pub pour le spectacle). C’était la première fois qu’on avait autant d’enfants à la projection, un truc de dingue ! Les parents laissent leurs enfants voir le spectacle et s’en vont, on fait garderie, super ! Y’avait quand même un public adulte mais l’ambiance était très bruyante !

On a ensuite décidé de retourner à Valle Gran Rey pour faire le spectacle. L’organisation était bien particulière : nous avons d’abord loué une voiture de San Sebastian pour aller rencontrer le conseiller culturel de la mairie de Valle Gran Rey, Carlos, pour obtenir l’autorisation de jouer. Carlos était super sympa et à distance, on a pu avoir des affiches, une bon communication sur internet, des chaises, l’électricité… parfait ! En plus, la location de la voiture nous a permis de visiter un peu la Gomera, île magnifique !

On a eu beaucoup de mal à sortir du port de San Sebastian pour nous rendre à Valle Gran Rey à cause du vent, on est finalement parti le samedi matin pour jouer le soir même !! Mais on a fait une navigation magnifique, dans mon dernier message je vous avais mis des photos de cette fameuse navigation en musique alors pour cette fois, j’ai fait un petit montage vidéo, de quoi vous donner un petit aperçu d’un joli moment passé en mer, et fini en musique !

Le spectacle à Valle Gran Rey était une superbe réussite : plein de monde alors qu’on était arrivé l’après-midi même, superbe ambiance où le public a ri du début à la fin, le genre de séance qui fait trop de bien !

Ça nous a même donné envie de remettre le couvert ! On avait pas envie de quitter la Gomera alors on a décidé de refaire une dernière projection à San Sebastian. De plus, on avait réalisé un petit film (« la revanche de la mer » que vous pouvez retrouver dans la rubrique vidéo) sur la plage à San Sebastian et on avait bien envie de le projeter à l’endroit où on l’avait réalisé ! Les gens étaient agréablement surpris de voir leur ville à l’écran, le concept marche super bien, il faudrait pouvoir réaliser un film à chaque escale !!

Et entre temps, on avait de nouveau profité d’un mouillage pour ressentir d’un peu plus prêt toute la beauté de la Gomera :

 

Adios Gomera

Adios Gomera

Vu de Ténérife, une des îles que l'on ne verra que de loin !

Vu de Ténérife, une des îles que l’on ne verra que de loin !

On s’est un peu pris la tête ensuite pour choisir notre prochaine escale. La saison touristique étant finie on se demandait dans quel endroit il serait bon de nous rendre pour jouer Ciné SearCus, et surtout quel port voudrait bien nous accueillir ! On a finalement reçu une réponse positive du port de Mogan, au sud de Gran Canaria, ce qui a décidé de notre prochaine destination !

Le port de Mogan

Le port de Mogan

vu de Mogan, au fond à gauche vous pouvez apercevoir de belles infrastructures...

vu de Mogan, au fond à gauche vous pouvez apercevoir de belles infrastructures…

Ah l’ambiance a grandement différé de ce que l’on avait vécu ces derniers mois dans les îles occidentales ! Là on était bien dans les Canaries touristiques ! Et encore Mogan est un port de pêche reconstitué, appelé « Petite Venise » car on y trouve des petits ponts fleuris avec des maisons blanches sur deux niveaux en avancée sur l’eau. C’est joli mais ça sonne faux ! Et ce n’est rien comparé à ce qui se trouve autour, Maspalomas et compagnie, là, faut le voir pour le croire : des plages reconstituées, des villages « disneyland », de gros hôtels qui envahissent toute la côte, affligeant ! Ça nous a rappelé notre séjour à Grau du Roi (la Grande Motte…), version sans retenue !

Pour revenir à Ciné SearCus, penser qu’il faut aller dans les endroits les plus touristiques pour se faire le plus d’argent, ce n’est pas toujours vrai, car il faut avoir les autorisations pour y jouer.

Et à Mogan, c’est la vraie misère, quasi tout est interdit : pas le droit de faire les terrasses, pas le droit de jouer le spectacle dans le centre, pas le droit de jouer de la musique au marché, on ne peut même pas faire de château de sable !!! Un gars s’est vu détruire son château par les flics qui lui ont même demandé de redonner l’argent qu’il avait reçu pour son œuvre, mais dans quel monde vit-on ??

Stoppé en plein set musical devant une terrasse !

Stoppé en plein set musical devant une terrasse !

Heureusement pour nous, la femme à l’accueil du port a été très sympa et a soutenu notre démarche : on a eu 50 % de remise pour la semaine plus des nuits gratuites avec nos départs retardés. Mais pour avoir le droit de jouer, la pauvre dame était sans grand pouvoir face à la directrice qui préfère privilégier les restaurateurs du port (car certains ne voulaient pas voir de saltimbanques jouer devant chez eux!) plutôt que les activités culturelles, nous n’avons pas la même valeur monétaire…

Photo de groupe avant le spectacle

Photo de groupe avant le spectacle !

Au vu de la situation de base, nous pouvons être satisfaits d’avoir pu jouer une fois le spectacle dans l’enceinte du port. La place n’était pas vraiment adaptée pour jouer Ciné SearCus mais d’un autre côté, elle était très belle et a donné une ambiance chaleureuse à la séance et de belles photos. Ce n’était pas la grande foule mais en majorité des touristes donc le chapeau a quand même fonctionné.

Nous avons également pu jouer deux fois un set musical à cette même place, au kiosque du port (le seul endroit dans toute la ville où jouer de la musique est possible, en s’inscrivant à l’avance sur des créneaux d’une heure). Le soucis est que nous n’avions pas le droit de passer le chapeau en terrasse, certains barmen tentaient même d’empêcher les clients de sortir pour mettre des sous dans le chapeau, là ça frisait l’écœurement ! En gros ça signifiait pour eux qu’on avait le droit de jouer, mais pas d’être payé, faut pas en demander trop quand même ! Bref, notre présence n’avait pas trop de sens, on aura essayé de faire escale dans un endroit bien touristique, et même si financièrement on s’en est pas trop mal sorti, ça nous aura pas convaincu pour autant…

Après des rebondissements de destinations, le départ de Groben, on a quitté Mogan pour nous rendre au port de Las Nieves à Agaete, au nord de l’île de Gran Canaria, un port de pêche plus authentique et agréable, ça fait du bien de voir autre chose de Gran Canaria ! On avait aussi eu le temps de se faire un petit tour dans la montagne de Gran Canaria, rien à voir avec la côte !

Pour la suite, on a changé un peu notre programme car on a décidé de remonter notre bateau à Porto Santo (archipel de Madère) pour le laisser quelques mois avant de revenir en septembre pour faire le carénage puis continuer la suite de notre périple. On a donc programmé un retour en France pour cet été, Yann est embauché comme barman au Schooner Pub de Pontrieux, le bar que l’on a tenu avant de partir, pas mal comme symbole ! On rentre le 17 juin et ça nous coute vraiment moins cher de laisser Dominao à Porto Santo. Ce choix nous fait quitter les Canaries plus rapidement que prévu et stoppe aussi un peu plus tôt la tournée Ciné SearCus entamée avec Sandra et Paolo mais d’un point de vue financier, on y gagne beaucoup ! De plus, Asikel va suivre Dominao jusqu’à Porto Santo car il n’est jamais passé par Madère, et ça vaut le coup !

Depuis, nous sommes arrivés sur l’île de Graciosa, une toute petite île (27 km2!) au nord-est des Canaries, c’est d’ici que nous partirons pour Porto Santo à la prochaine bonne fenêtre météo. Nous avons mis 44h pour venir, et c’était notre première navigation aussi longue faite en famille ! Et pour honorer ce moment, et bien nous avons vu une baleine !! Bon Titouan dormait mais Noanne a pu l’apercevoir de loin, quelle chance !

Pour nous, la Graciosa, c’est une étape retour : lors de notre premier voyage avec le bateau-cinéma, nous étions arrivés aux Canaries sur cette île, et 8 ans après nous y revoilà ! Ça nous fait tout drôle d’y revenir avec un autre bateau et surtout deux enfants, sachant que c’est ici même qu’avant-hier nous avons fêté les 5 ans de Noanne ! Elle avait sa copine Nila pour fêter ça, on a fait des pizzas sur Asikel, le gâteau sur Dominao puis une petite virée à la plage ! Et le lendemain c’était l’anniversaire de Sandra, et là on a mangé des lasagnes, ah ça a du bon de voyager avec des italiens !!

Voilà, avec 1 mois et demi à retracer, si vous lisez ces lignes, bravo ! C’est que vous avez réussi à aller au bout de tous ces écrits, photos, et même vidéo !

Les prochaines nouvelles seront sûrement à Porto Santo, dernière escale avant notre retour en France alors à bientôt pour ceux et celles qu’on aura le plaisir de revoir durant l’été !

Pauline pour Dominao

PS : les photos en diaporama vous sont présentées en forme carré donc si vous ne cliquez pas dessus vous ne les verrez pas en entier, je sais ça fait beaucoup de clics à faire au vu du nombre de photos mais c’est dit !

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La revanche de la mer, à la sauce « Ciné SearCus »

Holà !

Un nouveau petit film, ça valait bien un petit message !

Depuis le stop motion en novembre dernier réalisé à Porto Santo, on n’avait pas créé de nouvelles vidéos, ça nous démangeait !! Il fallait donc y remédier, c’est chose faite à San Sebastian de la Gomera la semaine dernière !

tournage revanche mer photo fin revanche de la mer

L’arrivée de Sandra et Paolo a motivé la troupe, plus on est nombreux, plus y’a d’énergie, il faut en profiter ! Et puis on avait envie d’inclure dans notre ciné-spectacle une partie un peu plus engagée, et en cherchant des courts-métrages sur internet, Yann est tombé sur un film de Surf Rider Fondation intitulé « Si la mer pouvait se défendre ». Le sujet était bien sympa et on s’est dit qu’on pouvait nous même réaliser ce même genre de film, à notre sauce ! Ni une ni deux, le lendemain après-midi nous étions sur la plage de San Sebastian pour tourner les scènes avec notre acteur fétiche, Groben !
Après quelques heures de montage, nous vous présentons le nouveau petit film intégré au spectacle Ciné SearCus et intitulé « La revanche de la mer » :

Pour le reste de l’actualité, il vous faudra attendre un peu, je n’ai pas encore pris le temps de conter notre passage à la Gomera, avec les retrouvailles de Dominao et d’Asikel, quelle étape ! On a joué plusieurs fois Ciné SearCus, il a fallu revisiter un peu le spectacle pour intégrer Sandra et Paolo, remodifier les diaporamas, certaines interventions… Au final la formule marche bien, nos deux dernières projections ont vraiment bien plu. En plus, Sandra, Paolo, Ben et Yann ont monté un set musical qu’ils jouent pour les terrasses, ça fait une complémentarité financière avec le spectacle, et on a besoin de ça car plus de monde dit plus de frais !

Pour plus de détails, rendez-vous dans mon prochain message, dans pas trop longtemps j’espère… Je vous laisse tout de même avec des photos d’une navigation en musique que l’on a fait samedi dernier de San Sebastian à Valle Gran Rey. Noanne avait profité de cette courte nav pour aller la passer avec sa copine Nila sur Asikel !

On joue notre dernière date à la Gomera ce week-end et après cap pour le sud de Gran Canaria où le port de Mogan est censé nous accueillir à frais réduit !

Hasta luego
Pauline para la compañia « Ciné SearCus »

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