Découverte des Antilles, en photos !

Bonjour à tous,

je profite d’une journée de pluie ininterrompue pour commencer ce message. Je n’ai encore rien écrit sur les Antilles, sachant qu’on a débarqué le 25 avril, ça fait un moment maintenant ! Va falloir de nouveau que je tente de sacrément résumer mais jusqu’ici, j’ai pas vraiment prouvé que j’excellais dans cet exercice…

Dominao une semaine après son arrivée aux Antilles, mouillage Fideling à Terre-de-Bas aux Saintes.

Allez, c’est parti pour un petit retour en arrière… Après un passage d’une semaine à Marie-Galante, nous sommes partis sur les îles des Saintes pour fêter l’anniversaire de Noanne avec d’autres copains de bateaux. Nous avons d’abord posé l’ancre au mouillage de Fideling, très joli, un peu rouleur mais qui nous a permis de découvrir l’île de Terre-de-bas, hyper tranquille (dans mon précédent message j’y avais joint d’autres photos à Terre-de-Bas). On y a rejoint Antonin et Justine sur leur voilier « Dalc’h mad », deux jours avec des copains (rencontrés l’an passé aux Canaries) sans enfant, ça a fait du bien aussi aux parents que nous sommes ! Car ensuite, nous sommes repartis pour Terre-de-Haut où l’on a retrouvé les voiliers « Ia Orana » et « Moana » (et aussi rencontré le voilier « Elora ») pour fêter les 6 ans de Noanne. Noanne n’était pas seule à fêter son anniv, sur Ia Orana, Augustin fêtait ses 3 ans ce même jour, et Xavier ses 6 ans la veille ! Le résultat : 13 enfants réunis sur la plage de la baie de Pompierre pour une chasse aux trésors, quel après-midi ! Titouan était un peu petit, Noanne un peu timide mais elle en gardera un sacré souvenir (surtout que « le trésor, c’était des bonbons ! »).

15 jours que nous étions arrivés, et on était toujours pas allé en Guadeloupe, notre destination d’origine ! On a fini par nous y rendre et retrouver au mouillage de Deshaies nos amis du voilier « La vie en rose », que nous avions quittés 5 mois plus tôt en Casamance. Noanne a pu retrouver sa grande copine de voyage Rosalie, et Yann se faire prêter une machine à coudre pour faire les « lazy bag » (toile pour ranger la grand voile et l’artimon et les protéger des rayons ultras-violets) et le taud (toile en forme de tente pour protéger le cockpit). Cela faisait des mois qu’on avait acheté le tissu, on voulait le faire faire à Dakar mais c’était trop cher donc Yann a eu le courage de le faire lui même, et il s’en est très bien sorti !! Dominao a pris de l’esthétisme et a fière allure (le rouge du tissu rappelant le rouge de la bande sur la coque, les gens parlent maintenant de Dominao non plus comme un bateau jaune mais « rouge et jaune »). On a également accueilli ma petite sœur et son copain qui sont venus nous voir pour un mois. A Deshaies, je me suis motivée à aller rencontrer l’office du tourisme, la mairie pour présenter notre spectacle et voir si nous pouvions jouer Ciné SearCus mais les délais étaient trop courts, le temps mauvais (beaucoup de pluie qui nous met dans le bain de la future et très proche saison des pluies). La mairie nous a invité à les recontacter pour que l’on joue plutôt à notre retour en fin d’année. Par contre, l’Office du tourisme des Saintes avait répondu favorablement à mon mail et nous étions invités à jouer le 3 juin.

Paysage non loin de Deshaies

Bon, comme je me rends compte que ça va très vite m’ennuyer de vous raconter toutes nos petites vacances (on n’a pas arrêté de bouger et de découvrir de nouveaux endroits), alors je vais faire parler un maximum les photos, ça va être bien plus rapide, plus joli, et au final tout aussi parlant !

On a profité de la venue de ma sœur pour se faire des petites sorties et découvrir quelques beautés de Guadeloupe, comme deux magnifiques cascades. Nous nous sommes aussi promenés dans la forêt tropicale. On a également fait la belle rencontre d’Angéline et sa famille installée à Sainte Rose non loin de Deshaies, une petite anecdote dans le voyage : ma pote Marion me donne le contact de sa copine d’IUT et après une première rencontre, Angéline nous invite chez elle, en pleine nature, où son copain Manolo y cultive des fruits exotiques, et notamment des ananas comme on en avait jamais goûté auparavant, une découverte exquise !! ça nous a fait trop du bien une journée posée dans une maison à la campagne, on est en plus reparti avec une énorme corbeille de fruits, le bonheur !

Après Deshaies, nous sommes partis pour Malendure, pour découvrir la réserve Cousteau, encore un truc de malade ! On voit tout l’intérêt d’être en voilier : alors que tous les touristes doivent payer très cher pour aller sur l’îlet Pigeon, petite île en face de Malendure, nous pouvons y aller directement en annexe et découvrir, tout près de la plage, de splendides poissons (les photos sous l’eau ont été prise par Guigui avec sa gopro, merci Guigui !) :

On se sent bien arrivé aux Antilles, avec tous les clichés qui vont avec : eau chaude et turquoise, plage paradisiaque, ti punch… La chaleur est présente aussi, suffocante même, humide, bref, ça, c’est mieux en récit qu’en vrai, l’adaptation n’est pas toujours facile ! Mais on a la chance de pouvoir sauter du bateau dès qu’on le souhaite, les enfants ont fait de superbes progrès dans l’eau : Titouan qui avait peur d’aller dans la mer au Cap Vert s’est mis à nager avec ses brassards deux jours après notre arrivée à Marie Galante. Noanne, depuis quelques jours, sait nager sans brassards !!

C’est un des points positifs des Antilles, la baignade et la découverte du snorkeling (randonnée aquatique) : palme, masque et tuba et c’est parti pour la découverte des fonds marins (enfin on n’est pas de grands plongeurs, on se promène près des rochers au bord de la côte mais déjà on voit pleins de poissons magnifiques). Je me retrouve en promenade avec mes enfants, chacun dans une main, mais dans la mer, c’est top ! Surtout lorsque l’on découvre une tortue au fond de l’eau qui, pas farouche, vient nager tout près de nous. On a nagé tous les 4 avec une tortue pendant 10 bonnes minutes, quelle chance ! Titouan est accro au masque/tuba, il resterait des heures dans l’eau à regarder tous les poissons, c’est génial. Noanne a eu plus de mal à s’y mettre mais c’est de mieux en mieux, par contre elle est très bonne nageuse avec ses palmes, elle assure !

La Guadeloupe forme comme un papillon et est formée par deux îles majeures : Basse-Terre et Grande-Terre. C’est sur Basse-Terre que se trouvent toutes ces merveilles, nous pensions ensuite nous rendre sur Grande-Terre, voir des endroits plus touristiques pour prospecter pour de futurs dates mais le hasard en a voulu autrement ! Nous avons rencontré l’association Gwada Circus sur la plage de Rivière-Sens en train de faire une initiation cirque et ils nous ont proposé de jouer chez eux le week-end suivant ! On a donc fait un petit demi tour de quelques milles pour poser l’ancre à l’anse à la barque, à 3km d’où on allait jouer, le top !

mouillage de l’anse à la barque

Le lieu se trouve à Vieux-Habitants et appartient à Yan qui occupe la moitié du terrain et a laissé l’autre moitié pour l’association. On y a logé pendant 2 jours, pu répéter le spectacle la veille en montant l’écran… Le truc qui nous arrive jamais, les conditions étaient idéales (avec en prime la petite rivière juste à côté pour aller se rafraîchir) ! Et ça a été magique jusqu’au bout : 150 personnes, un public attentif, rieur, qui a super bien accroché au spectacle et nous l’a bien montré à la hauteur du superbe chapeau qu’on a fait ce soir là ! On ne pouvait pas rêver mieux comme première en Guadeloupe, ça nous a trop remotivé Yann et moi à continuer de tourner malgré qu’on était plus que deux, car la formule marche, on a d’ailleurs encore du mal à réaliser toutes les éloges qu’on a eu ce soir là !

Ce passage à Gwada Circus nous donnait l’impression d’être revenu en Bretagne : des gens qui deviendraient vite de bons copains, un réseau associatif fort, des gens qui se bougent ! C’est vraiment étrange comme impression, on a accompli notre plus longue navigation pour arriver… en France ! Arriver en bateau marque bien la distance entre ici et la métropole, on se sent loin de chez nous par la distance géographique mais on se sent quand même en France (parce qu’on y est !). L’autre impression qui nous a fait drôle est qu’on était vraiment entre « blancs ». Fallait les compter les noirs et les métissés lors de la soirée ! Je pense que les animations culturelles attirent plus les « Métropolitains » que les locaux, mais un peu comme en France où la culture attire plus un public de bobos que les gens de la campagne… Bref, c’est comme ça mais cela crée le paradoxe qu’on a l’impression d’être moins immergé dans la population locale ici en France que l’on a pu l’être au Cap Vert ou au Sénégal !! Et puis on a aussi de nouveau notre statut de blanc qui ressort comme au Sénégal, ah y’a rien à faire, on a vraiment du mal à assumer le passé colonisateur de notre pays mais bon… Enfin, il y a très certainement plusieurs raisons à ce phénomène que je ne vais pas expliquer en quelques mots car sinon il faut que je parte sur les sujets de la colonisation, l’esclavagisme, la relation entre les Antilles et la Métropole, entre les noirs et les blancs… Tout un autre chapitre mais qu’ils nous arrivent naturellement souvent de débattre ici !

Vu sur le volcan de la Soufrière – Guadeloupe

Allez, revenons à nos moutons, enfin plutôt à Ciné SearCus ! On voulait que notre magnifique première soit de bonne augure pour la suite mais on n’a pas pu le savoir tout de suite car le spectacle suivant aux Saintes a été annulé à cause de la pluie. Pourtant, on avait fait une bonne communication, le spectacle était organisé avec l’office de tourisme et la directrice était super gentille et efficace. On était vraiment dégouté ce soir-là… Mais tout n’est pas perdu, elle nous invite de nouveau en novembre, on a eu malgré tout une semaine de gratuité au port (aux Saintes on mouille avec des bouées et elles sont payantes), l’office de tourisme nous a même payé le restaurant qu’il nous offrait normalement après le spectacle, franchement, la classe ! On avait eu également un bon prix pour louer une voiturette électrique « Aqua blue » pour aller mettre des affiches dans toute l’île, ce qui nous a permis une belle visite par la même occasion. Au final, on aura découvert, en plus du mouillage devant Grand Bourg, deux autres mouillages sur des sites exceptionnels : l’ilet Cabrit et le mouillage du pain de sucre. Visiter les Saintes en voilier hors-période touristique, c’est juste magique !

Après les Saintes, on a filé sur la Dominique car ma sœur devait reprendre son avion en Martinique (et si vous regardez sur une carte, entre la Guadeloupe et la Martinique se trouve la Dominique) le 19 juin, et nous étions déjà le 04 ! Ah ni Dominao ni son équipage n’a l’habitude d’enchainer les escales comme ça si vite mais tout s’est bien passé, et il faut dire que ça nous arrangeait de nous rendre vite en Martinique. Des copains du voilier Goélane (rencontrés en Casamance lors de notre premier voyage), installés en Martinique depuis 2009, nous ont trouvé une maison pour l’été ! Des copains à eux retournent en Métropole et cherchaient à faire garder leur chien et chats en échange de leur maison, ça nous va !! Comme je l’ai expliqué aux enfants : « nous, on habite sur un voilier, et on fait des vacances dans une maison ! ». L’été en bateau aux Antilles, c’est une succession d’ondes tropicales avec de la pluie hyper souvent (et sous 30 degrés s’il vous plait!), on sera mieux à terre !

La Dominique, on y a passé une semaine, mais on y reviendra en novembre, sûrement pour jouer à Portsmouth, donc pas de regret. En plus, cela nous a permis de nous faire la visite de l’île en condensé, et c’était top ! C’est la basse saison, on en a profité pour découvrir, seuls touristes, la rivière indienne (qui ne se fait que en pirogue à rames), connue notamment pour avoir servi de décors dans « Pirates des Caraïbes 2 ». On a aussi fait pratiquement le tour de l’île en mini bus (en compagnie de l’équipage de « Moana », au grand bonheur de Noanne qui a une autre grande copine de voyage, Clémence) où l’on a notamment découvert deux cascades magnifiques. La première nous offrait la possibilité de sauter à 6 m de haut, j’ai vaincu ma peur et réussi à faire un saut que je n’avais jamais fait de ma vie, c’était incroyable !

Autant prendre en photos des plages paradisiaques me soûlent un peu, autant les paysages de Dominique, je pouvais plus m’arrêter ! La Dominique est une île volcanique avec des côtes escarpées, bien à part entre les deux îles françaises modernisées que sont la Guadeloupe et la Martinique. Initialement peuplée d’indiens Arawaks puis d’indiens caraïbes (les Kalinagos, d’origine amérindienne) qui ont réussi à échapper à l’extermination (enfin il en reste qu’en même plus qu’environ 3500!!!), l’île a subi comme ailleurs dans les Caraïbes l’invasion, l’esclavagisme, les français et les anglais se sont chamaillés la Dominique pendant un bon moment, la Dominique recevra ensuite le statut de colonie de la couronne britannique mais deviendra indépendante en 1978. Elle appartient au Commonwealth mais n’a apparemment pas trop d’aides extérieures, ici, les gens se débrouillent ! Ils sont bien aidés par la nature avec leurs 365 rivières et les fruits qui poussent partout, mais quand même, ça doit pas être facile de tenir l’économie d’une île si petite ! Pour nous c’était comme un retour en Afrique : des maisons de briques et de brocs, pleins de rastas, de reggae, des gens hypers cools quoi !

Nous voilà arrivés en Martinique, après une navigation à la journée bien sportive, mais au moins, on a tracé ! Soit disant que les Antilles c’est tranquille, en bateau, c’est quand même un peu sport ! On a eu pas mal de vent et de houles lors de nos dernières navigations, heureusement que l’eau est chaude car on s’est pris de bonnes vagues sur le pont (et même dans le cockpit qui pourtant sur Dominao est bien planqué au milieu) ! Maintenant nous rentrons dans la saison des cyclones donc nous devons être très vigilants avec la météo et nous mettre vite à l’abri en cas de grosses dépressions. Et c’est déjà ce qui se passe en ce moment où nous sommes posés à la marina « L’étang z’abricot » (port tenu par « Marinov » comme à Pontrieux !) près de Fort de France car une grosse dépression arrive de l’Afrique et tourne carrément en tempête tropicale au sud des Antilles (elle va peut-être toucher Grenade alors qu’habituellement le sud des Antilles est protégé plus que le nord). C’est rare pour la saison car on est qu’en juin (les cyclones se forment plutôt en septembre) mais au vu de comment les humains s’occupent de la planète, c’est bien normal que la météo se déglingue !

En tout cas nous sommes contents d’être arrivé en Martinique, on va pouvoir se poser un peu après ces derniers mois plus mouvementés et riches en découverte. Normalement, nous pourrons poser Dominao tout près de la maison qui se trouve à côté de la presqu’île de la Caravelle, un superbe site, une chance ! Un abri anti-cyclonique se trouve à moins d’une heure donc on est également rassuré à ce niveau là.

On prend en ce moment des contacts, on va sûrement jouer le 1er juillet en lien avec une association locale, ça s’annonce pas mal.

J’imagine que pour beaucoup aussi, l’énergie doit remonter avec le retour du beau temps, des festivals et des grandes vacances… Alors profitez !

A bientôt

Pauline et tout l’équipage de Dominao

 

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Le Teaser du spectacle « Ciné SearCus », pour fêter le début de notre tournée aux Antilles !

Bonjour à tous,

Après quelques semaines passées en Guadeloupe, nous allons organiser la première représentation du spectacle « Ciné SearCus » vendredi prochain à Vieux-Habitants, grâce à la collaboration de la compagnie Gwada Circus (www.facebook.com/GwadaCircus).

Nous jouerons ensuite le samedi 3 juin aux Saintes, au débarcadère de Terre-du-Haut, puis nous irons en Martinique (en passant par la Dominique). Nous avons pris de nombreux contacts ici ces derniers temps pour jouer notre spectacle, aussi avons-nous décidé de revenir en fin d’année, vers novembre-décembre, pour organiser une tournée plus conséquente en Guadeloupe.

Et pour fêter le début d’une longue tournée aux Antilles, nous avons l’honneur de vous faire découvrir, après deux ans d’existence, le teaser du spectacle Ciné SearCus ! Les images ont essentiellement été tournées lors de notre dernière tournée aux îles Canaries l’an dernier, lorsque nous étions deux bateaux et cinq personnes. Au début du teaser, on retrouve aussi quelques images tournées au début du voyage en Bretagne l’été 2015 (ça commence à faire !). Cela fera donc une petite différence pour ceux qui découvriront le spectacle aux Antilles :  nous ne serons que deux, Yann et moi Pauline, mais la formule semble marcher tout aussi bien !

Voici le lien viméo, n’hésitez pas à le faire partager dans vos réseaux !

Et pour finir, en attendant notre prochaine newsletter, voici quelques photos de notre passage aux Saintes (Terre-de-Bas et Terre-de-Haut) :

A bientôt !

Pauline, pour Ciné SearCus

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La transatlantique en famille !

Bonjour à tous !

Voici le récit de notre transat, j’ai choisi de vous délivrer mon journal de bord écrit pendant la navigation, en le raccourcissant un peu, pour vous épargner mes états d’âme trop personnels. Malgré les coupes, cela reste très long, mais il fallait bien que cela soit à l’image de la longueur de notre transat ! Allez, plongez-vous au milieu de l’océan, sur un bateau de 12m, avec deux enfants, et cela pendant 24 jours !!

  • 1er avril : Partir pour une transat un premier avril, mais c’est une blague !

On réussit à décoller à 16h, 2 heures avant Yann et Ben étaient encore en train de gratter la coque ! On ne prendra finalement pas de passager clandestin, on fera nos adieux à Ben ici, à Mindelo.

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Départ de Mindelo

Arrivée près de Santo Antao, bon vent, belle mer, on est parti, c’est incroyable ! L’allure est parfaite, si la traversée pouvait se passer ainsi… Faut pas trop épiloguer en mer, surtout au départ, on ne sait pas ce qui nous attend, et pour cause… 1 heure après, le vent tourne, du près pour commencer la transat (allure où l’on a le vent de face), ça fait péter les plombs au capitaine d’entrée de jeu ! Il nous faudra faire cap au sud pendant plusieurs milles (nautiques), s’éloigner de Santo Antoa pour trouver les alizés. Cap 280, 5 nœuds environ, c’est parti !

Enfin j’oublie une belle frayeur au moment d’allumer le moteur, un bruit bizarre : le câble de l’alternateur pris dans la courroie qui allait pas tarder à le sectionner ! Sans l’intervention rapide de Yann, c’était retour au port car sans alternateur, on aurait été bien embêté ! Et voilà qu’à peine parti,  on doit déjà faire face à des hauts et des bas émotionnels, ça promet !

  • 2 avril : Journée calme, on avance bien.

Laurent sur Loreva, parti en même temps que nous, est un peu malade (on le capte encore par VHF), alors que nous, tout va bien. Je me dis que ça doit être le mouillage rouleur de Mindelo qui apporte (enfin) ses bienfaits car on semble déjà amariné. En tout cas, moi, j’ai du me sentir trop à l’aise car il m’arrive un truc de dingue : j’ai fait un vol plané de la cuisine à la table à carte, la grosse chute qui ne m’est jamais arrivée en 10 ans de bateau. Je voulais goûter le plat qui était brûlant (j’avais pensé mettre la sangle de sécurité de la cuisine, mais je ne l’ai pas fait), je m’y suis approchée sans prendre d’appui et une grosse vague m’a fait voler sans que j’ai le temps de capter quoi que ce soit. Je me suis fait mal un peu partout, surtout dans le dos, Yann a cru que j’étais tombée dans les pommes et voulait faire demi-tour ! Bon, ça suffit les frayeurs ! Je m’en veux et ne comprends pas ce qu’il s’est passé. Un moment d’absence ? Mais ça ne pardonne pas en bateau, je devrais le savoir, surtout quand on part pour 20 jours de mer, c’est vraiment pas le moment. Ça nous remet les idées en place, c’est vigilance orange pour tout le monde !

  • 3 avril :

La météo annonçait quasi pétole et on a quand même 10 nœuds de vent, nous faisant avancer entre 4 et 5 nœuds. La houle est de 3-4 m mais tellement large et espacée qu’on la ressent à peine. On monte un peu en altitude, puis on redescend, ça passe !

Depuis le départ, chaque jour a sa frayeur, et là c’est le GPS map qui ne se rallume pas quand je veux faire le point dans l’après-midi. Le problème (électrique) est vite résolu mais l’angoisse d’une telle panne a le temps de monter, c’est dingue comme nos réactions ne sont plus les mêmes quand ça nous arrive au milieu de l’océan !

J’offre un cahier de coloriage/gommettes aux enfants, espérant que ça les aide à passer le temps et ça marche pas mal. Ils ne pestent pas pour l’instant mais quand Titouan me demande dès le premier jour « quand est-ce qu’on arrive ? », ça fait mal ! Noanne, à qui on avait expliqué que le voyage durerait 2 fois ses deux mains, me dit ce matin : « maman, il nous reste encore (et elle me montre 18 avec ses doigts) 18 jours ». Comment être calmé au réveil, je préfère qu’on arrête de compter les jours ! J’espère qu’on va tous perdre la notion du temps, sinon ça risque d’être long. De la même façon, j’essaie de ne pas trop cogiter où je suis, je pourrais faire des montées d’angoisse ! Faut se laisse aller, pas faire de prévision sur notre date d’arrivée, pas trop réfléchir quoi, ah ça me fait travailler sur moi !

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  • 4 avril:

Journée plus calme, le vent a molli, c’est tout juste pour l’allure de Dominao. Parfois une grosse vague est plus forte que le vent et fait tanguer le bateau qui fait claquer les voiles, comme sous pétole. On avance autour de 4 nœuds, ça nous fera pas une super moyenne si c’était tous les jours mais là, c’est appréciable, ça nous acclimate en douceur. Noanne est même étonnée que ce soit si agréable : « mais la navigation est trop bien, comment ça se fait ? ». Elle est restée avec la mauvaise expérience de la nav Sénégal-Cap Vert, aujourd’hui, cela lui permet de positiver : « J’ai même oublié qu’on était en mer ! ». Elle s’est mise très vite à dessiner, c’est chouette. Par contre on n’arrive pas à faire siester Titouan et parfois, comme aujourd’hui, les fins de journées sont difficiles, il fait que de chouiner, ça nous soûle !

Moi j’ai encore passé une bonne partie de la journée à dormir mais du coup, j’ai moins mal au dos, heureusement ! Pendant que je somnole, Yann, lui, n’arrête pas : il répare une drisse pétée sur la GV (grand voile), nettoie le pont… Quel différence de rythme, ça me fait un peu déprimer parfois ! Je fais le début de nuit de quart pour qu’il puisse se reposer. On a décidé de faire une veille tous les ¾ d’heures, mais ça marche pas trop pour Yann qui s’endort et a du mal à se relever 45 min plus tard. Je le soupçonne d’avoir dormi 3 ou 4 heures cette nuit… Il est tellement persuadé qu’on ne croisera personne que ça ne le motive pas à veiller !

  • 5 avril : Toujours aussi tranquille !

On réalise la chance qu’on a, nous étions plus partisans de « mieux vaut faire 20 jours calme que 17 sportifs » et c’est ce qui semble se passer. Ludo nous a envoyé la météo (grâce à notre balise Inreach avec laquelle on peut envoyer et recevoir des textos), ça s’annonce encore calme toute la semaine, super ! On nous avait mis un peu la pression sur notre départ tardif, que les alizés auraient filé… Mais moi je flippais surtout d’une transat bien sportive comme l’ont vécu certains de nos amis cette année, donc je suis ravie que l’on ait attendu pour avoir des alizés mous plutôt que musclés !

Laurent nous a envoyé un sms, il serait déjà à 45 milles devant nous, à petite allure les bateaux plus légers tracent Dominao ! Et en même temps, le poids de notre bateau le rend sûrement plus confortable, il se cale avec les vagues.

  • 6 avril : Encore un petite journée à 100 milles !

Un peu de vent nous motiverait davantage pour aborder les autres jours avec sérénité mais la navigation parfaite n’existe pas !

1er poisson péché ! On a mis la ligne (avec le rapala que Thibaut a trouvé dans l’eau à Sao Nicolau) et hop, une dorade coryphène, facile ! Nous étions trop contents d’enfin réussir à pêcher. Titouan m’a dit : « ça y’est, on est de bons pêcheurs maintenant ! ». Mais figurez-vous qu’il a également dit : « je voulais qu’on le pêche puis qu’on le relâche ». Faut dire que Noanne y a mis du sien avec ses « le pauvre, il a pas de chance », et au moment de le manger, elle nous sort : « Ses amis doivent se demander où il est… Les poissons doivent pas vouloir mourir, c’est comme nous, on n’a pas envie ! ». Finalement, heureusement qu’on est de piètres pêcheurs car il semblerait que nos enfants aimeraient être végétariens !

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Les moments de navigation sont des moments où on a le temps… de discuter ! On parle forcément de notre futur proche : Antilles, Colombie, Cuba… Quand, comment… Mais on aime aussi parler de l’après voyage, et notamment de notre futur habitat. Après son trip sur les « tiny houses », Yann est branché en ce moment sur un habitat flottant : il aimerait acheter une coque de catamaran sur lequel il construirait une grosse ossature bois et qu’on pourrait ensuite poser dans l’estuaire du Trieux ou du Jaudy.

Ciné SearCus fait bien-sûr parti des sujets de discussions, on est un peu en phase de transition : Que fait-on ? Une tournée à 2 ? Reporter la tournée en fin d’année en espérant que Groben revienne ? On continue de le jouer de temps en temps ou on tente d’en vivre un minimum ? Car la question de l’argent se pose forcément au cours du voyage. Doit-on s’arrêter pour bosser ou nos finances vont-elles tenir encore une année ? Pleins de questions qu’il est bon de se poser mais auxquelles on n’aura pas la réponse en mer tout de suite maintenant ! Et pour revenir à Ciné SearCus, ce qui nous bloque un peu si on veut tenter de jouer dans des lieux plus pro, c’est notre matos. Il se fait bien vieux et on aurait besoin d’investir un peu : une enceinte qui déconne, un besoin urgent d’acheter du matos de lumière, rien que ça c’est un petit budget qu’on n’a pas. L’idée d’un financement participatif nous passe par la tête, car on n’a encore jamais demandé d’argent depuis le début du projet et ça pourrait être le moment, si par la suite on veut continuer à tourner le spectacle en France… Bref, les idées ne manquent pas et font passer le temps !

On a fait le quart de la route aujourd’hui ! Noanne était contente de pouvoir enlever une main à ses calculs, il en reste plus que 3 (mains), rien que ça !

Titouan qui remonte la ligne de pêche

Titouan qui remonte la ligne de pêche

  • 7 avril :

Le vent continue à faiblir, nos moyennes journalières aussi par la même occasion, ainsi que mon espoir d’une navigation à 19 jours… Enfin 2 jours de plus ou de moins, qu’est-ce que ça change ? C’est qu’aujourd’hui le vent a faibli mais pas la houle alors quelques vagues parfois plus grosses que les autres font giter Dominao, c’est pas trop agréable.

En mangeant une tartine ce matin, Noanne a perdu une dent (la 4ème) ! On avait raconté à Noanne que sa copine Rosalie avait perdu une dent, au cours de sa transat en famille deux mois plus tôt, et qu’elle l’avait jetée dans l’océan. Alors Noanne a voulu faire de même, en nous disant que de toute façon la petite souris ne pourrait pas venir jusque là (ouf!) et qu’elle aurait d’autres dents à tomber pour avoir un cadeau !

Beau souvenir donc pour Noanne que cette dent jetée à la mer, merci à « la vie en rose » pour leur bonne idée et à Noanne d’avoir fait cette offrande à la belle bleue.

Nouveau sourire !

Nouveau sourire !

Cette nuit ça a quasi viré à la pétole, on avançait autour de deux nœuds, alors j’ai fait une veille que toutes les 2 heures. Yann lui a quasi fait une nuit complète, faut trouver du bon à tout ! La nuit était trop belle, la lune reflétait sur la mer quasi plate. C’est toujours incroyable de réaliser que notre coque est au milieu de l’océan, loin de tout… Et qu’au final on se sent bien, rassuré même, car on a du mal à imaginer faire collision avec un bateau dans cet immense espace.

  • Samedi 8 avril :

On prend une sage décision : on éteint le GPS pour arrêter de regarder notre vitesse ! On fait pour notre 7ème jour moins de 80 milles, arrivé à ce stade mieux vaut ne plus compter (souvent en transat les bateaux se basent sur un minimum de 120 milles par jour). Dominao ne va pas encore briller pour sa rapidité, ce sont nos choix, on préfère la pétole à la tempête, alors faut pas être pressé !

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La journée était tellement belle qu’on ne peut pas se plaindre de la lenteur, au contraire on l’apprécie ! Une belle journée ensoleillée, avec une houle qui a quasiment disparue, on se met à prendre nos aises et laisser le pot de confiture sur la table sans craindre qu’il tombe (enfin là c’est Yann qui se lâche un peu, ressortant même les belles tasses de Maëlle, là non!). On a passé la journée dehors, les enfants ont encore fait toutes sortes de jeux : Titouan s’est trouvé une superbe occupation sous la capote, il s’est construit un bateau (avec les pare-battages qui nous servent de dossier et notre ancien matelas découpé en coussins pour le confort dans le cockpit!). Ils ont fait un pique-nique, se sont déguisés, ont baigné leur playmobils, puis eux même dans une bassine d’eau de mer ! Yann a joué pas mal d’accordéon et moi j’ai même ressorti ma guitare, sacré journée ! J’écris à l’avant du bateau devant un paysage grandiose, simple : océan à perte de vue, y’a peut-être peu de chose à voir mais ça envoie ! Ça me rappelle la réflexion de Titouan, lorsqu’on lui propose de regarder le paysage au moment du coucher de soleil, il nous répond : « Y’a pas de paysage, y’a que de la mer ! ». Yann lui me dit en se marrant : « alors, t’as pas toujours rêvé d’une maison vue sur mer ? ». Je l’ai c’est bon, un 360 degré !

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  • 9 avril : première semaine passée en mer !

La descente continue, 70 pauvres petits milles pour cette 8ème journée.

On a réussi à faire tenir le pain qu’on avait acheté mais lorsqu’on a ouvert le pain de mie, les ¾ moisis ! Alors aujourd’hui, j’ai ressorti la méthode « pouliche » transmis par mon papa (depuis notre 1er voyage) et j’ai fait du pain ! Heureusement que j’en avait fait deux, car le premier est parti dans la soirée après avoir ouvert un pot de pâté, faut bien se faire des petits plaisirs !

On a le droit à un magnifique coucher de soleil, mais aussi au retour d’une houle, assez chiante, que les pauvres 5 nœuds de vent n’arrivent pas à contrer. Le bateau gîte, c’est chiant, on finit par allumer un peu le moteur après une soirée « dessin animé en famille » (le moment préféré de Noanne).

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  • 10 avril :

Après une journée mollassonne, je me motive à me doucher ! Bassine sur le pont, lavé à l’eau de mer et rincé à l’eau douce, au final tout le monde y passe ! On est content, on est tout propre et on sent bon ! La journée se finit avec apéro/coucher de soleil d’un côté et lune de l’autre, tous deux magnifiques, sur fond d’Ibrahim Malouf, en se disant que quand même, on avait de la chance !

Yann aime à me répéter : « C’est pas ce que tu veux tout le temps, être en famille ? ». Et qui ne rêve pas à terre d’avoir le temps pour lire, écrire, chanter, regarder des films ? Lorsque le temps est agréable, les pensées sont positives !

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  • 11 avril :

10 jours passés en mer, et on ne peut malheureusement pas encore fêter la moitié de la route. On a encore 1150 milles à parcourir et nos moyennes par jour sont ridicules, à ce rythme là on arrivera dans 15 jours ! Surtout que Ludo nous a indiqué qu’il n’y aurait pas plus de 10 nœuds jusqu’à samedi (on est lundi) et dimanche/lundi pétole… Sachant qu’on les a même pas les 10 nœuds de vent là ! On commence à penser que les alizés ne sont plus là… Je désespère sur nos moyennes journalières et du coup, je désespère Yann !

La traversée de l’Atlantique, à la fois une magnifique expérience à vivre en famille, et une dure épreuve psychologique ! De nouveau, je me rends compte que la vie en voilier est pleine de contrastes, du pour et du contre, mais toujours intense !

  • 12 avril : Ouh ma nuit fut agitée !

Le vent s’est un peu levé mais avec lui de petites vagues cassantes allant dans tous les sens, formant comme des petits bras qui soulevaient Dominao de gauche à droite, on a été un peu secoué ! Ça n’a pas empêché le sommeil des enfants ni celui du capitaine mais moi je suis plus sensible au bruit… Le matin ça bougeait encore un peu mais cela levait aussi l’espoir du retour des alizés… Pour l’apéro on a passé le cap des 1050 milles, on est à la moitié !

  • 13 avril :

Et comme souvent en bateau, au moment où l’on désespère un peu, qu’on pourrait commencer à déprimer (voir à flipper de rester un mois en plein océan), la situation évolue : le vent s’est levé dans la nuit, on ne va pas tomber dans la totale pétole !

Bon, on ne fait pourtant que 3,5 nœuds de moyenne, va falloir s’en contenter ! Vers midi on est passé sous la barre des 1000 milles, ça aussi ce fut un soulagement ! On a fait la traditionnelle jetée de bouteille à la mer. Dedans, on y a mis un dessin de Noanne et un petit mot avec nos contacts au cas où quelqu’un dans le monde retrouverait cette bouteille !

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Aujourd’hui c’était ma journée motiv : 1 kilo de pain (bien récompensé quand les enfants m’ont dit que c’était le meilleur du monde) et un tian de courgettes (grâce au frigo, elles ont tenu jusque là).

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Les pains avant de les mettre au four

  • 14 avril :

Notre moyenne a augmenté, 4 nœuds ! On est vent arrière, voiles en ciseaux, on est assez stable mais lorsqu’il y a une vague plus grosse qu’un autre, on gîte d’un coup bien comme il faut ! C’est le problème du vent arrière, le bateau est pas calé sur un bord et se laisse rapidement aller à la gîte. On a eu une navigation tellement calme qu’il faut se réhabituer au vent et au mouvement du bateau !

Une journée comme une autre, la petite routine est installée… On a tendance à s’énerver plus vite sur les enfants, promiscuité oblige, mais il faut dire que la navigation ne les fait même pas plus dormir, ils ne font même pas la sieste ! Pas de repos pour les braves (là je parle de nous qui gagnerions une heure de tranquillité…)

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  • 15 avril :

J’ai peu dormi cette nuit, d’abord parce que je me suis fait happé par des films, et puis après par le bruit du bateau. J’en profite pour faire une visu de temps en temps car on a un peu abandonné les quarts de nuit, ça fait 10 jours qu’on n’a pas croisé un bateau et on a l’AIS qui déclenche une alarme si un bateau nous approche à moins de 2 milles.

Du coup, j’ai pas fait grand chose aujourd’hui, quand même l’école à Noanne ce matin, et c’est une belle motivation en mer ! Mais j’avais fait des photocopies de fiches de maths, syllabes… facile à faire à l’oral sans trop d’écrits, on fait ça tranquille dehors sur le banc. Pendant ce temps, Yann, lui, n’arrête pas : aujourd’hui il apportait une modif à la table de dehors (une pièce en bois pour reposer les verres), allumant le groupe électrogène pour faire marcher sa perceuse, le gros délire !! Preuve que Yann a toujours besoin d’activité ! Cela lui permet de faire autre chose et de s’éloigner un peu des enfants car il étouffe un peu de les avoir tout le temps dans les pattes ! Il finira par un classique « Oh mais merde » quand un bout de la pièce pètera, et oui, ce n’est pas facile de travailler avec la gîte !

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Le fameux repose-verre

  • 16 avril :

Dans la nuit, plus du tout de vent ! On a mis le moteur au petit matin mais Ludo nous annonce une météo pétoleuse pendant au minimum une semaine… Là, on a les boules, la sensation est même bizarre, s’imaginer qu’il n’y a plus de vent jusqu’à nouvel ordre alors qu’il nous reste 700 milles à parcourir ! On aurait même pas assez de gasoil pour finir au moteur (peut être assez pour 400 milles mais 4 jours de moteur c’est pas l’éclate). Heureusement, j’ai fait un bon ravitaillement (merci maman de m’avoir transmise ta crainte de manquer de quelque chose, là c’était une bonne chose que je sois prévoyante ). On n’est pas prêt de manquer ni d’eau, ni de nourriture, c’est le plus important ! Pas d’inquiétude à ce niveau là, ce qui est énorme, après c’est au niveau psychologique, va falloir tenir le coup ! Mais pour l’instant on le prend bien, on a par chance récupéré un spi (voile d’avant très légère), qui nous sauve sacrément la mise. Sans le spi on pense qu’on n’avancerait pas mais là, on avance à 1,5/2 nœuds avec la voile gonflée. On est donc pas dans la totale pétole et au niveau moral, ça aide vachement de ne pas être balloté en entendant les voiles qui claquent ! On avance doucement mais c’est agréable, allez, courage, on est parti pour battre le record de la plus longue transat !

Pas d'inquiétude pour les enfants !

Pas d’inquiétude pour les enfants !

  • 17 avril : Quelle journée magnifique, et inattendue !

Pourtant, ça commençait moyen. Dans la nuit, on s’est retrouvé en pleine pétole, le pilote n’arrivait plus à garder le cap alors on l’a éteint et laisser dériver le bateau sous spi ! On a réussi à faire 5 milles dans la nuit, merci les courants ! Comme quoi même si on se retrouvait sans vent et sans gasoil, à la dérive, on finirait par arriver aux Antilles !

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vision surréaliste !

On se réveille (arrivé à ce stade on ne fait plus de veille) avec une vision surréaliste, que l’on avait vécu dans le golfe de Gascogne : une mer d’huile, on voit à peine l’horizon tant il se confond avec la mer, on plisse les yeux éblouis par le soleil qui se reflète sur cette eau plate. La sensation est grandiose, on est content de vivre ce moment (on voudrait juste pas le vivre trop longtemps…). Alors après un peu d ‘école, c’est branle-bas de combat pour aller se baigner : échelle de bain, bouée, brassards des enfants, la gopro (caméra embarquée qui filme sous l’eau) et son attache sur la tête pour aller filmer le bateau dans l’eau, c’est parti ! Il faut dire que Yann et moi sommes un peu peureux de se baigner dans le grand bleu, on a toujours la petite appréhension ridicule de tomber sur un requin ou je ne sais quoi, on faisait pas trop les fiers. Mais Noanne nous a tellement supplié, elle en rêvait depuis quelques jours qu’on en pouvait plus lui refuser. Voir nager notre fille en plein océan atlantique, quel souvenir inoubliable ! Titouan, lui, aura réussi à aller dedans 2 secondes dans mes bras, il était pas rassuré, il est ressorti direct !

Sortie de la baignade apparaissent 2 gros nuages gris qui changent l’ambiance direct, et 2 minutes plus tard, la pluie ! Bon l’averse aura pas été assez grosse pour laver le pont mais le contraste était là ! Et les surprises n’étaient pas terminées, les nuages ont amené une petite brise, qui s’est vite transformée en bon vent. On a affalé le spi et remis toutes les voiles, on avançait à 4 voir 5 nœuds !

Quelle journée magique ! Merci le bateau, et pourvu que ça dure !

Au final, on aura fait, au cours des dernières 24h, notre record de lenteur, 38 milles, mais on l’a très bien vécu car lorsqu’on faisait le point on avançait à 6 nœuds !

Le bateau sous spi, en plein cagnard, sous pétole !

Le bateau sous spi, en plein cagnard, sous pétole !

  • 18 avril :

Le vent n’a pas trop molli, et avec lui s’est accompagnée une belle houle venant du nord, bien espacée mais quand même assez haute, de quoi impressionner les enfants (« Ouah la grosse vague ! ») et faire un peu les montagnes russes. Mais Dominao réagit bien, ça reste assez confortable. On était tous un peu naz aujourd’hui (même Yann, ça lui arrive!) donc c’était journée très calme, on a mis tout le monde à la sieste, mais y’a encore que les parents qui ont dormi !

Et au fait, on a fait 101 milles pour cette 17ème journée, depuis le 4ème jour, faire plus de 100 milles ne nous était pas arrivé !

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  • 19 avril :

Le vent a molli, on a retrouvé notre fameuse moyenne de 2,5 nœuds ! La houle est toujours là donc l’allure est moins agréable, espérons qu’elle s’atténue car le vent, lui, ne prévoit pas de revenir avant quelques jours encore. On est passé sous la barre des 500 milles, on se rapproche du but mais sans vent, on se demande combien de temps mettrons-nous encore avant de voir la Guadeloupe… La patience est de mise ! Pour fêter le passage sous les 500 milles et pour ne pas se laisser abattre : soirée crêpes !

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  • 20 avril :

2ème fois qu’on a une vrai pétole ! Bon, à partir de là, on ne compte plus les milles, je pense pas qu’on en ait fait 50 dans la journée (et c’est parce qu’on a mis un peu le moteur). Le sms de Ludo en soirée nous rassure un peu : le vent devrait revenir petit à petit à partir de samedi (on est jeudi) et mardi/ mercredi il est prévu 15 nœuds de vent, on devrait arriver la semaine prochaine !

On reçoit un autre sms qui nous calme un peu : Laurent qui est parti le même jour que nous, seul sur Loreva, est arrivé en Guadeloupe, comment a-t-il pu nous devancer autant et éviter la pétole ?!

La pétole nous amènera une famille de globicéphales, qu’on a pu assez bien voir et entendre, enfin du monde avec nous et une belle récompense !

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  • 21 avril : Un vrai bouchon dans l’eau cette nuit !

On avance autour de 2 nœuds, la houle se tasse, on se sent presque comme au mouillage ! Les journées commencent à se ressembler un peu, surtout pour les enfants : un peu d’école avec Noanne le matin (moi qui n’en faisait quasiment pas pendant le voyage, je me rattrape bien, ça occupe efficacement la journée, ça l’a fait un peu pester parfois mais ça va), beaucoup de dessins (Titouan s’y met c’est génial, Noanne lui montre comment dessiner des bonhommes, des bateaux, et il s’en sort pas mal), des cabanes, des jeux de cartes, les playmobils, la cuisine, les livres, les cahiers de jeux… Ils ont de quoi faire, et n’oublions pas les dessins animés, quoi qu’au milieu de la transat ils les avaient presque oublié mais là on y revient un peu, la navigation est longue !

Mais ils ne se plaignent pas, c’est incroyable ! On fait un apéro en soirée, trinquant au fait qu’on aurait déjà du être arrivé, remerciant les enfants de leur patience, et là Noanne nous répond : « Je commence à trouver ça un peu long quand même ! » Il est vrai que j’avais entendu ce midi un « Oh que j’ai hâte d’arriver ! » Tu m’étonnes, nous aussi ! On a du faire 75 milles en 2 jours, l’arrivée est pas encore au programme…

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Moi je me suis mis dans un bouquin de Donald Westlake, ça passe le temps, merci Agnès !

  • 22 avril :

Journée un peu léthargique pour ma part, il fait très chaud et avec le peu de vent, ça cogne ! Titouan aussi est tout le temps en sueur, mais il ne se plaint pas de la chaleur ! Yann est loin d’être en mode léthargique, il a réparé la jauge gasoil (« je profite d’être en mer par temps calme pour bosser sur le bateau »). En fin de journée, on a joué un peu de musique, cela a du plaire aux dauphins car une tripotée est venue se promener autour de l’étrave du bateau et comme la mer est translucide, on les voyait sous l’eau, et hors de l’eau, magique ! On a filmé sous l’eau avec la gopro (accrochée à la gaffe), les plans sont magnifiques (ci-dessous vous pouvez voir des captures d’écran). Les enfants étaient trop heureux, grâce à notre allure hyper calme, ils ont pu aller à l’avant s’approchant tout près des dauphins, y’avait un petit dauphin, c’était trop mignon. On s’est félicité d’être encore en mer en ce 21ème jour pour voir ça, la patience finit par payer !

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Vue de Dominao en mer, prise par la gopro

Yann, grand chef cuistot de la transat, a accompli ses promesses (« à 300 milles, je fais des galettes ») : à la dernière galette tournée, on passait ENFIN sous la barres des 300 milles !

Ia Orana nous a devancé (ils sont pourtant partis 2 jours après nous) après 48h de moteur, ils pensent arriver lundi à Marie Galante. On s’est dit qu’on s’arrêterait là nous aussi, cette petite île semble magnifique et nous fait gagner 16 milles par rapport à la Guadeloupe, c’est toujours ça de gagner ! Mais nous ne pensons pas arriver avant mardi, sûrement mercredi (on est samedi).

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  • 23 avril : On avance ! On réussit à faire 100 milles en 24h, on est en marche pour arriver !

Aujourd’hui on s’est dit que ça devait être plutôt ça une transat « normal » : 5 nœuds de moyenne, vent arrière, une allure pas forcément agréable car le bateau n’est pas calé sur un bord, ça tangue (mais ça je l’ai déjà écrit, je radote, il est vraiment temps qu’on arrive !). Ça nous rend tout mou, Yann et moi, nous passons une bonne partie de la journée allongée pendant que les enfants continuent à faire leur vie, ils sortent tous les jouets, ils arrêtent pas, ce sont eux les vrais marins !

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On s’est ouvert une boite de cassoulet car selon le capitaine, « y’a pas de transat sans cassoulet », puis tout le monde au lit, on ne pense plus qu’à arriver !

  • 24 avril :

Petit incident dans la nuit, l’écoute du génois (voile à l’avant du mât) a pété. C’était à prévoir, nos écoutes sont vraiment vieilles… Yann a bien galéré à la changer, et a bien pesté !

En tout cas le vent n’a pas faibli, au contraire, 124 milles pour cette 23ème journée, notre record de vitesse !! Pour nous assurer une arrivée demain, on s’était dit qu’il fallait qu’il nous reste moins de 100 milles au coucher du soleil et quand le soleil a disparu sous la mer, on était à 89 milles, le top !

  • 25 avril :

On a bien avancé cette nuit, au petit matin on voit l’île de La Désirade, et très vite Marie Galante, suivie de peu derrière par la Guadeloupe et les Saintes, quel spectacle, la terre, OUIIIIIII !!!

Terre en vue !!

Terre en vue !!

Bien-sûr, on a trouvé le temps long jusqu’au virement de bord pour longer Marie Galante jusqu’au mouillage. On découvre un décor de carte postale : l’île semble très belle, boisée, verte, avec palmiers et plages de sables fins à perte de vue. La mer est turquoise (on ne nous a pas menti!) et on voit même le fond !

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On arrive au mouillage de Saint Louis à 15h heure locale (6h de moins qu’en France) et la première chose que l’on fait tous, c’est un gros plouf dans une eau… trop bonne, trop chaude, trop belle, on est de l’autre côté !!! Les premiers pas deux heures plus tard seront mémorables : c’est trop bon, ON EST ARRIVE !!!! J’aime la réflexion de Titouan quand je lui demande s’il est content d’enfin remarcher, il me répond : « Ah là, maman, je vais pas te demander de me porter, hein, je cours ! ».

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On passera la soirée bien arrosée au ti punch de Marie Galante avec Anne-Laure et Momo de Ia Orana (et leur 4 enfants) mais aussi Viken qu’on retrouve par hasard et qu’on avait rencontré à Santa Cruz de Tenerife !

DSC03385DSC03390Dominao au mouillage après 24 jours en mer et retrouvaille avec les enfants de Ia Orana

Voilà, bravo à ceux qui sont allés jusqu’au bout, vous venez de vivre une transat en 24 jours, vous voyez, finalement, ça passe vite !

On part de Marie Galante pour les Saintes demain où l’on fêtera les 6 ans de Noanne samedi puis on va, enfin, se rendre sur la Guadeloupe, on va embarquer ma petite sœur et son copain qui viennent nous voir le 11 mai pour un mois.

A bientôt de nos nouvelles !

Pauline, pour Dominao

La Guadeloupe, prochaine destination !

La Guadeloupe, prochaine destination !

Publié dans Ciné SearCus 2017, Uncategorized | 5 commentaires

Arrives en Guadeloupe, sur l’ile de Marie Gallante

Bonjour à tous,

Un petit mot rapide pour vous dire qu’on est bien arrivé, ENFIN, après 24 jours de navigation, un beau record de lenteur pour notre transat en famille ! Nous n’avons pas eu beaucoup de vent, mais du coup la navigation était très tranquille, et très agréable ! Les enfants ont été super, tout s’est vraiment bien passé, on vous racontera ça d’ici quelques jours, faut nous laisser le temps de débarquer (et de trouver une connexion Internet) !

On a finalement décidé d’arriver sur l’île de Marie Gallante, à quelques milles nautiques de la Guadeloupe, rejoignant les deux voiliers partis avec nous de Mindelo, Loreva et Ia Lorana, et arrivés avant nous !

On va profiter quelques jours de cette île qui semble magnifique (paradisiaque comme sur les photos !) puis on ira sur l’île de la Guadeloupe.

À bientôt pour plus de nouvelles !

Dominao, content d’être arrivé, et qui va boire un p’tit punch !

 

 

 

Publié dans Ciné SearCus 2017 | 7 commentaires

Départ pour la transat !!

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Prêts pour le grand départ ?

Bonjour à tous !

Je vous assure, cette fois, ce sera court !

Nous sommes en pleine préparation pour la transat, alors j’ai pas trop eu la tête ces derniers temps d’écrire pour le blog !

Nous sommes sur le départ pour réaliser la plus grande navigation de l’année, je veux dire de notre voyage, euh non, même de notre VIE !! Pour ce faire, il nous aura fallu rester un mois à Mindelo. Je m’étais interdite jusqu’à présent de compter depuis combien de temps étions nous ici, mais c’était facile à deviner, nous sommes arrivés la veille du carnaval du mardi 28 février… D’ailleurs au passage, voilà des photos du grand carnaval de Mindelo (qu’on dit ici être la copie conforme de celui de Rio…) :

ça ne fait pas non plus un mois qu’on prépare la transat, mais dans notre tête, on est dedans depuis un moment alors on n’a plus qu’une envie, c’est de partir ! On a d’abord beaucoup attendu Groben, tout en trouvant de bonnes occupations pour combler l’attente : le carnaval donc, qui a duré une semaine, j’ai pris ensuite quelques jours pour bosser sur mon futur film, nous sommes allés visiter l’île de Santo Antao en face de Mindelo (l’île la plus magnifique du Cap Vert, à ne pas louper ! En plus, cela nous a permis de quitter 2 jours le bateau, on a pris le ferry et passé une nuit là-bas, les vacances !)… On a aussi programmé Ciné SearCus au centre culturel de Mindelo, et là, pour l’occasion, Ben est arrivé !! Le lieu était magnifique, mais l’organisation a pêché, c’était un peu trop à l’africaine selon notre goût. Certes ils étaient tous très sympas, cordiaux… Le directeur, un jeune rasta hyper souriant, parlant français, nous disait oui à toutes nos demandes mais au final, la communication : zéro ! On leur a donné des affiches qui sont restées sur leur bureau (heureusement qu’on en avait gardé quelques unes pour les mettre nous même), et envoyé un descriptif du spectacle qu’ils n’ont jamais diffusé ! Le public n’était du coup pas bien nombreux, mais comme toujours, l’ambiance était très sympathique !!

Pour revenir à Groben, et c’est bien là toute l’originalité de la situation, il est venu nous voir à Mindelo, et ce sera sa seule escale avec nous ! Nous on pensait l’embarquer pour la traversée et surtout pour tourner avec nous Ciné SearCus aux Antilles mais il n’a pas pu se libérer trop longtemps de ses impératifs rennais (l’élaboratoire fête ses 20 ans, Ben est le seul à vivre là-bas depuis le début, il est le pilier, tout le monde compte sur lui !). Il doit être de retour le 24 avril, ça faisait trop court pour traverser, surtout que ça n’avait plus trop de sens sans pouvoir rester… Bref, c’était bien-sûr pour nous au départ une déception, surtout par rapport à Ciné SearCus, car on sent bien Yann et moi la difficulté de tourner à deux, si on avait pensé le projet en collectif, ce n’est pas pour rien ! Enfin ces réflexions là, ce sera pour plus tard, on verra déjà quand on sera arrivé de l’autre côté comment les choses vont se passer ! Pour l’heure, le résultat est que l’on part en FAMILLE !! Y’a encore des bateaux stoppeurs qui cherchent à traverser mais on ne se voyait plus, et surtout pour une si longue traversée, partir avec des gens qu’on ne connaissait pas. Malgré la longueur, c’est une navigation plus facile que de longer les côtes, les veilles seront sûrement rallongées, on le sent bien et ça va le faire !! Finalement ça fait un moment qu’on se demandait si ça ne serait pas mieux de naviguer en famille, on osait pas trop franchir le pas, et bien la vie l’a fait pour nous, on va finir par remercier Groben !

On pense partir samedi, Yann aurait voulu partir demain pour, symboliquement, pouvoir dire qu’on est parti en mars, mais demain… ça va venir trop vite ! Donc si vous n’avez pas  d’autres nouvelles de nous d’ici là, c’est qu’on sera parti un 1er avril, et ce ne sera pas une blague ! On vise la Guadeloupe (environ 2100 milles, on se dit autour de 20 jours de navigation, ça peut être plus comme ça peut être moins, ça dépendra du vent).

Voilà, j’avais par chance pris de l’avance en triant quelques photos de Sao Nicolau (pour Santo Antao j’ai pas eu le temps), où nous avons passé une semaine avant notre arrivée à Mindelo. On avait vécu le début du carnaval là-bas, fêté de manière plus traditionnel et familial, le top pour nous ! On avait aussi rencontré une famille capverdienne avec une fille de 7 ans, Lillian, qui est devenue la copine de Noanne. Les parents José et Rosa tenaient un bar chez eux depuis seulement quelques semaines, juste en face du bateau, un petit bar local, convivial et familial, comme on les aime ! On gardera un beau souvenir de notre passage à Sao Nicolau, on espère bien y retourner un jour pour profiter davantage de toutes ces belles balades et de ces gens si accueillants !

Allez, mon prochain article s’écrira normalement de l’autre côté de l’Atlantique, on a encore du mal à y croire (de toute façon tant que l’on est pas parti rien n’est sûr, surtout en bateau !) mais on a jamais été aussi prêts d’y arriver !!

A bientôt !

Pauline pour Dominao

Publié dans Ciné SearCus 2017 | 9 commentaires

La Casamance, on l’aime et on la quitte

Bonjour à tous,

petit retour en arrière dans mon récit pour un retour à notre chère Casamance !

Baobabs à l'entrée de Niomoune

Baobabs à l’entrée de Niomoune

J’ai eu bien du mal à « pondre » ce récit, et n’en suis toujours pas entièrement satisfaite, me demandant si je fais bien de livrer mes pensées personnelles dans ce blog de voyage (peut-être que vous vous en fichez de mes prises de tête et que vous préfèreriez que je raconte ce qu’on fait !)… En tout cas, j’avais tellement de photos à partager qu’il fallait bien que j’écrive un truc. Prenez le temps de regarder les photos (et nouveauté, la vidéo !) pour vous imprégner de l’atmosphère de la Casamance, qui vous donnera l’envie on l’espère d’aller visiter cette magnifique région du Sénégal. Je m’essaie à l’écrit non-chronologique, bon courage pour me suivre !

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A l’entrée de Niomoune

Ce n’est pas rien dans notre parcours d’être revenu au source de notre premier voyage en voilier avec le bateau-cinéma. Durant plus d’un an en 2009 – 2010, nous avions séjourné dans plusieurs villages de Casamance et avions jeté notre dévolu sur le village de Niomoune, où nous y avions vécu quelques mois à plusieurs reprises. Adoptés par le village, avec comme tuteur Alfred Sambou du quartier d’Ouback (chaque étranger se voit attribuer un « tuteur » à son arrivée, son référent ensuite pour tout son séjour), nous étions connus de tous, organisant de nombreuses projections de films dans les différents quartiers de ce village certes reculé, mais grand (plus de 1000 habitants). Avec le temps, nous nous sommes liés d’amitié avec la famille Sambou, Djiba (prof de sport et adepte des longues discussions sur la Casamance ou autres), Jean-Simon du quartier d’Elou (grand fan du cinéma africain et fier représentant de la culture diola), ainsi que les femmes, Anjou, Hélène, Simone, Béa… Anouck et Justin étaient également de très chers amis niomounois même s’ils ont rejoint le Larzac en ce moment… Bref, on avait hâte de tous les revoir et en même temps, de l’appréhension : peur de la déception, du changement, du décalage aussi… Et c’était un peu tout ça, tout en étant très contents d’être là !

Retrouvaille avec Adrien et Alfred et premier bounouk à bord de Dominao !

Retrouvailles avec Adrien et Alfred et premier bounouk bu à bord de Dominao !

A l’époque, nous avions apprécié Niomoune pour son très fort ancrage dans la tradition diola, on se sentait vraiment en Casamance, dans un village typique, avec des gens qui vivent en quasi totale indépendance. Et c’est toujours le cas, ça, ça n’a pas changé, avec toujours autant de cérémonies et de raisons de boire du bounouk (vin de palme) ! Avec le recul, on ne voit plus ça comme une vie exemplaire, on voit aussi les méfaits d’un tel fonctionnement : ils sont dépendants de leur tradition, à chaque cérémonie de deuil (et il y en a beaucoup, les villageois sont nombreux et la population vieillissante), ils doivent s’arrêter de travailler pendant 4 jours, ce qui retarde notamment la récolte du riz. Certains voudraient s’émanciper un peu du poids des traditions et de la famille mais ce n’est pas facile ! Et puis qu’est-ce qu’ils boivent ! On a notamment vécu l’alcoolisme du chef du quartier de Som qui nous a embêté pour des broutilles d’organisation pour le spectacle, un soir de cérémonie, avec d’autres qui enchaînaient sur : « Et pourquoi vous venez pas dans notre quartier ? Et pourquoi pas à cette heure ? Et pourquoi ce film ? … » En fait, ils étaient juste complètement saouls, et du coup pas toujours très fins… Et lorsqu’on les croise le lendemain où ils ont décuvé, ils sont tous sympathiques !

Alfred et sa pirogue devant l'endroit où se trouvait le campement Ebobaye

Alfred et sa pirogue devant l’endroit où se trouvait le campement Ebobaye

Le plus grand changement pour nous à notre arrivée, surtout pour Yann, même si on le savait, c’était la fin du campement Ebobaye tenu par Alfred. C’est ce qui avait plu à Yann à Niomoune : un campement non pas de touristes mais de villageois, à deux pas (non deux coups de rame) du bateau, où l’on pouvait boire du bounouk en écoutant de l’Ekontine. Ebobaye après notre départ a vite coulé, nous on trouvait ça bien un campement de villageois, sauf que tous les niomounois ne payaient pas ! La famille Sambou s’est retrouvée endettée, actuellement certaines dettes sont toujours impayées, et la vie ne semble financièrement pas facile pour eux. Adrien, le frère d’Alfred, auparavant récolteur de vin de palme, a eu un accident il y a deux ans et depuis il ne récolte plus. Il venait tout juste de retrouver un boulot de pêcheur à Diogé, village à l’entrée du fleuve Casamance. C’est toujours dur de voir la difficulté d’une famille chère à nos yeux, lorsqu’on a comme principe de ne pas nous impliquer financièrement avec eux. Les relations toubabs – africains sont parfois complexes, on n’a pas envie d’y inclure une histoire d’argent là-dedans, n’empêche qu’on a plus d’argent qu’eux donc ce n’est pas toujours facile à assumer ! Dans ce contexte, on a eu envie de marquer notre arrivée en leur offrant un cochon, d’autant qu’on arrivait la veille du 1er de l’an, on fêtait ainsi par la même occasion la nouvelle année ensemble. Mais parfois, à vouloir faire plaisir, l’inverse peut se produire… Et c’est un peu l’impression qu’on a eu sur ce coup là. On avait géré l’achat du cochon avec Adrien et Alfred, on avait aussi prévu sauce et légumes pour aller avec, on s’était dit qu’eux allaient rajouter le riz et le tour était joué. Mais Adrien n’a pas mis de suite sa femme Simone au courant, qui à priori n’était pas enchantée par cette histoire de cochon, et de fil en aiguille, on a fini par comprendre qu’offrir un cochon à la famille Sambou, c’était offrir un cochon à tout Niomoune !! Ils nous ont finalement expliqué que tout le monde allait venir se servir, et ils ont du faire à bloc de riz pour nourrir tout le monde ! Et en effet, les gens n’ont pas arrêté de défiler toute la journée, emmenant des plats à droite à gauche, étonnant ! Alors au final, cet achat de cochon leur a sûrement coûté plus d’argent que l’inverse souhaité ! Et pour couronner le tout, comme on avait du mal à tout comprendre, Adrien nous demande si on voulait garder la tête du cochon, Yann répond poliment « non, non, on va la manger ensemble ». Et bien, lorsque notre plat est arrivé, c’était la tête du cochon qui était dedans !! Nous avions quand même pensé à nous en achetant ce cochon (après une journée dans la brousse en pirogue pour le récupérer !), on rêvait déjà de bonnes cotes de porc… et bien non, un museau et des joues… Y’a que Titouan qui était content ! Enfin on a oublié tout ça en passant un bel après-midi en leur compagnie, Yann jouant de l’accordéon puis l’oncle d’Alfred est venu joué de l’Ekontine :

Bref, ça c’était notre premier jour, c’était quelque chose ! En plus, nous étions avec un jeune couple français (Thibaut et Joanna sur leur voilier Orion), rencontré peu de temps avant dans le Siné Saloum. Ils n’avaient jamais mis les pieds en Casamance et du coup ont été un peu surpris par ces incompréhensions culturelles, ils ont fini par nous demander : « mais comment vous avez fait pour passer plusieurs mois dans ce village ? ». Sur le coup, ça m’a un peu calmé, surtout que par la suite, on a fait venir Asikel et Sandra aussi n’a pas été trop conquise par le village. Je commençais à me poser des questions sur pourquoi ça nous avait tant plu et pas forcément nos connaissances d’aujourd’hui. Mais les temps changent, les gens aussi, et on a plus forcément la même façon de penser qu’il y a dix ans. Mais en en ayant reparler avec nos bateaux-stoppeurs, on se dit au contraire que c’est bien l’incroyable réussite de notre intégration à Niomoune, on avait réussi à se faire accepter par le village, en intégrant leur mode de vie alors qu’au final, ça ne semble pas si simple en passant trop vite ou sans chercher à approfondir la découverte de cette riche et complexe culture. Comme lors de notre première arrivée en 2009, nous sommes revenus un jour de cérémonie ! Un grand féticheur du village venait de décéder, et nous avons eu l’occasion de vivre une grande fête en son honneur, qui a duré une semaine ! La cérémonie était grandiose, avec des gens venus en masse des villages aux alentours, et même de Dakar pour la famille du défunt :

Pour conclure, je dirais que même si on a plus de recul sur notre vision de Niomoune, qu’on est moins sous le charme envoutant du premier voyage, on s’est tout de même indéniablement rendu compte à quel point on était lié à ce village, et surtout avec Alfred Sambou, notre tuteur. On se sent encore aujourd’hui un peu du village, ça change la notion de voyage lorsqu’on est dans un endroit et qu’on a un peu l’impression d’être chez soi. Certes, y’a plus cette fraicheur dans la découverte mais c’est plaisant aussi, ça repose ! En 2010, Alfred n’était pas marié. On a appris à notre retour qu’il s’était marié avec Catharine de Som et qu’ils avaient deux enfants. Le premier a l’age de Titouan et devinez comment Alfred l’a appelé ? YANN !! Le petit Yann, qui portait les habits de Titouan qu’on venait de lui donner, c’était très touchant ! Au début, il avait un peu peur de nous, mais il est venu au bateau, nous voyait souvent et il a fini par être à l’aise avec nous, c’était beau ! Alfred m’a assuré qu’il y aurait bientôt une Pauline chez les Sambou, on verra ça, Inch Allah !

Le "petit" Yann et sa maman Catharine

Le « petit » Yann et sa maman Catharine

Je pourrais vous parler encore et encore de nos retrouvailles avec Niomoune tant elles ont soulevé des débats chez nous, et des impressions contrastées, mais pour cela, mieux vaut en parler de vive voix autour d’un verre. Avant de clôturer ce chapitre, il faut quand même que je vous dise que l’on a joué Ciné SearCus avec Sandra, Paolo, et… Yvain ! On a beaucoup hésité à faire le spectacle à Niomoune car le village nous attendait sur des films africains mais on ne l’a pas regretté, on était heureux de montrer à nos amis ce que l’on faisait aujourd’hui, et heureux aussi de le partager avec Sandra, Paolo et Yvain.

De plus, quinze jours avant, on avait passé le film du bateau-cinéma au quartier d’Ouback, et c’était très touchant : nous étions entourés des protagonistes du film (Alfred, Jean-Simon, Djiba… pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, le film est en libre accès sur viméo, et en ligne sur la première page de notre site), sur la place où l’on avait fait le plus grand nombre de projections… Un très très bon souvenir, et une belle page qui se tourne pour le projet du bateau-cinéma en projetant le film ici en Casamance :

Nous avons également clôturé notre séjour niomounois en organisant la projection du film « la pirogue » au quartier d’Elou, en compagnie de Jean-Simon. Le cadre était authentique, l’écran accroché à un beau fromager, entouré d’un côté du public, et de l’autre de chèvres !

Dernier coucher de soleil sur les rizières, bohaquil Niomoune !

Dernier coucher de soleil sur les rizières, bohaquil Niomoune !

Après notre premier séjour à Niomoune, on est parti faire des courses à Elinkine. Dans le bus sur la route d’Oussouye pour aller acheter du gasoil, Yann reconnaît quelqu’un et il lui demande « Mais toi, on ne s’est pas rencontré en 2009 au festival de Carabane ? ». Bingo, c’est Tony Essamay, chanteur diola que j’avais même filmé lors de son concert et inclus dans mon film. Il vient rapidement au bateau et nous invite chez son oncle Mamadou, au campement d’Efrane, petite île en face d’Elinkine. On tombe sous le charme de l’endroit et nous voilà dans une autre découverte de la Casamance, du nouveau, trop bien !! Rien à voir avec Niomoune, on peut difficilement faire plus opposé ! Efrane, ce n’est pas un village, mais un campement touristique composé de quelques cases sous forme de huttes en palétuviers (y’a même des cabanes dans les arbres !) et d’un restaurant, belle paillote en face du bolong, quasi les pieds dans l’eau ! L’escale ressourçante, avec à l’accueil que des gens sympas, au grand cœur et large sourire : le gérant Mamadou, son fils Seyni, Pierre, Aminata, Léo, Léon… Et Tony Essamay qui nous a enivré avec ses chants en diola, magnifique !

On a décidé d’organiser une soirée de bienvenue pour l’arrivée d’Asikel et d’Yvain en Casamance, et ça n’a pas loupé : pleins de musiciens, on a joué une bonne partie de la nuit, mélangeant percus africaines, ekonkon (guitare diola), chants diolas avec accordéon, trompette, gaïtas et autres sonorités colombiennes, sans oublier un peu de musique bretonne ! Ah on a voyagé ce soir là, tous en connexion comme si on s’était toujours connu, c’était fort ! Nous étions également en compagnie de Fred, Tristan, Aurélio et Anna du voilier Méridien. A la base, ils voyagent à 4 gars qui nous rappellent Loufocs des 4 à la barre ! On se croise depuis les Canaries, Fred joue de l’accordéon, on se fait de belles soirées ensemble, de sacrés fêtards !! C’était tellement intense comme première soirée qu’on a voulu remettre ça, cette fois pour le départ d’Yvain (mais qui est finalement pas parti de suite tellement la Casamance, c’était trop bien !), en organisant une énième soirée musicale intitulée « jusqu’à l’aube » par notre cher animateur Pierre, puisque le but était de ne pas se coucher avant le levée du soleil… Et on a été quelques uns à y arriver !! Etant repassé la veille chez notre ami Papis à Cachouane, on l’a motivé à venir avec sa famille et des amis, je peux vous dire que y’avait du monde à Efrane ce soir là !! Comme il est dur de retranscrire toutes ces émotions par écrit, et que depuis le début du voyage j’ai un paquet de vidéos, je me suis dit que vous montrez ça en musique, ça serait pas mal !

L’adresse du lien est celle-ci : https://vimeo.com/206609642, vous pouvez la diffuser, la partager, faites vous plaisir !

Voilà, on n’est pas prêt d’oublier Efrane et on vous conseille ce petit coin de paradis ! Vous pourrez en plus y déguster de délicieuses huîtres de palétuviers grillées au feu de bois, elles n’ont rien à envier aux huîtres bretonnes on vous l’assure !

Vive Efrane !!

Vive Efrane !!

Avec toutes ces superbes rencontres, on a juste passé quelques jours à Ziguinchor, trop hâte de retrouver la tranquillité des bolongs ! On aurait voulu passer aussi chez Gigi et Clara à la Pointe Saint Georges mais ils n’étaient pas là et on n’a fait qu’un passage éclair à Carabane, on ne peut pas tout faire ! A Carabane, Yann a quand même réussi à retrouver un très cher ami, Simon, avec qui ils avaient joué en 2010 au festival de Carabane et même enregistré quelques morceaux avec le groupe « Carabane Héritage ». Le plus incroyable, c’est que Simon habite aujourd’hui à Biarritz, qu’il a tenté sans succès de retrouver le contact de Yann par internet, et voilà qu’il se retrouve par hasard sur la plage ! Lui aussi est venu à Efrane, on n’a pas pu revenir le voir comme on le souhaitait à Carabane mais le contact est de nouveau pris, on le reverra en France !

On a fini notre séjour au campement d’Yves et Sosso, comme je vous l’ai expliqué dans mon dernier récit, et la boucle est bouclée !

Rien que par les photos prises, je me rends compte que je me sentais davantage chez moi que partout ailleurs dans notre voyage. Comparé au premier séjour en Casamance où j’étais gênée de prendre des photos ou de filmer, là pour une fois je me sentais à l’aise, sachant sûrement qu’il fallait que je profite de chaque instant car ce retour passerait vite, et j’avais bien raison ! Nous sommes maintenant déjà au Cap Vert, se demandant bien quand l’on pourra revenir en Casamance mais ayant pourtant la conviction qu’on y retournera un jour !

Finissons par un petit retour au présent : nous venons de vivre le carnaval de Mindelo : grandiose ! Avec le paquet de photos que j’ai déjà mis, les photos du carnaval seront pour un prochain message (ou vous pouvez aller les voir sur www.facebook.com/cinesearcus, c’est une page publique donc même sans compte facebook vous pouvez visiter notre page). Nous attendons actuellement notre cher équipier Groben qui se fait toujours attendre, puis on s’apprêtera à partir pour la fameuse traversée de l’Atlantique… Affaire à suivre !

On vous embrasse fort et n’hésitez pas à nous laisser des commentaires, on aime ça !

Pauline

PS : et bien je finirai encore avec un rab de photos, comme je n’ai pas parlé des enfants, voici quelques images avec Noanne qui s’est fait tresser et offert (par sa mère) une jolie jupe/pagne, les enfants avec Nila et Ayla au campement à Djoratou (avec le singe !). Et pour finir, on n’a pas arrêté de voir de magnifiques et gros dauphins dans le fleuve Casamance alors il fallait au moins que je vous montre ça !

Publié dans Sénégal 2017 | 5 commentaires

Arrivée au Cap Vert !

Bonjour à tous !

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Dernier jour en Casamance

Je n’ai toujours pas rédigé mon « billet » sur la Casamance, notre dernier mois a de nouveau été si riche que je n’ai pas encore pris le temps de vous conter tout ça par écrit. Il me faut aussi du temps pour « digérer » notre retour en Casamance, prendre un petit peu de recul pour réussir à le raconter, car c’était beaucoup d’émotions ce séjour : le retour d’Asikel en compagnie d’Yvain et Ayla, des retrouvailles, des nouvelles rencontres, de la musique, le spectacle… J’ai pris de nouveau pas mal de photos et notre connexion internet était tellement mauvaise que j’aurais pris un temps fou à tout télécharger ! Nous avons retrouvé la 3G ici au Cap Vert, ça va redevenir plus simple pour communiquer !

Vous devriez donc recevoir de nos nouvelles d’ici peu et en attendant, on tenait quand même à vous annoncer que nous étions arrivés au Cap Vert, sinon vous alliez finir par vous demander ce que nous étions devenus !!

DSC02652_1DSC02685_1 Au campement chez Yves et Sosso, un havre de paix au milieu de la brousse

IMG_4214_1On a bien trainé en Casamance, on n’a pourtant pas réussi à faire repousser notre passavant à Ziguinchor et nous avons fini illégal au Sénégal planqué dans le bolong de Niomoune puis celui d’Erigna. Chaque jour nous repoussions le départ d’une journée, attendant une météo plus clémente… Asikel était revenu nous dire au revoir à Erigna, devant le campement d’Yves et Sosso, et on est resté 3 jours ensemble ! DCIM100GOPRONous avons expérimenté un nouveau concept en Casamance : le mouillage à couple, à 3 bateaux avec celui de Maima !On s’est offert de splendides dernières balades en brousse, nos derniers apéros de cockpit tranquille dans le fleuve puis après nous être dit au revoir, nous avons encore repassé un jour supplémentaire un peu plus loin dans le bolong devant une magnifique petite forêt de Baobab.

Nous ne sommes partis que vendredi midi dernier, avec deux bateau-stoppeurs, Thibaut et Quentin, et nous sommes arrivés mercredi en fin d’après-midi sur l’île de Boa Vista. Ils avaient eu nos contacts avec Festina Lente avec qui ils ont passé le nouvel an aux Canaries et ils avaient envie d’aller au Cap Vert. Après avoir trouvé un bateau pour Dakar, ils nous ont rejoint en Casamance pour faire la navigation avec nous. Au départ, on s’était dit qu’on la ferait en famille et puis cette opportunité s’est proposée, on a dit oui, et on n’a pas regretté !

Car après 2 mois et demi dans les bolongs, des mouillages hypers calmes, plus de vagues ni de houle… On savait que le retour en mer serait dur, on appréhendait cette navigation depuis un moment, et on avait bien raison : 5 jours de près, une allure pas agréable, on s’est bien fait brassé, le genre de navigation qui me ferait dire que je n’aime pas le bateau !!

Il faut dire que ça commençait moyen… On était à peine sorti du fleuve Casamance que les toilettes se sont bouchées (génial, le retour au seau quand ça gite à fond, le rêve ! En plus, Yann a passé la première après-midi à les déboucher sans succès, sympa comme début de nav !). On a aussi retrouvé un « ver de cochon » dans le pied de Noanne, c’est comme ça qu’ils appellent ça en Casamance, on les attrape sur la plage, à cause des cochons qui y trainent, ces vers profitent de petites plaies au pied, ou passent par les ongles (Noanne c’était ça) pour rentrer dans la peau. Rien de grave mais faut vite le voir pour l’enlever car ça creuse vite dans la peau. Bref, il fallait qu’elle choppe ça la veille de partir, et qu’on le voit une fois partie, bravo !

Après tout ça, on a été calmé pendant les 2 premiers jours, assommés en mode réadaptation au mouvement de la mer… Et quand on dit qu’au bout de 2 jours ça passe, et bien nous (Titouan et moi), on a été malade le troisième ! Titouan qui est rarement malade a passé une bonne partie de la journée à vomir d’abord sur son père puis sur sa mère, pendant que moi j’étais aussi très mal avec un bon mal de bide. Et symboliquement, lorsque j’arrive enfin à le coucher le soir, je sors de sa chambre, je prends en vitesse la bassine et c’était à mon tour de vomir… J’avais gentiment attendu que mon fils aille mieux pour faire de même, la douce maman ! A peine relevée la tête que Noanne m’appelait en criant car elle avait mal au ventre, elle a voulu refaire un tour dehors pendant que dans ma tête encore toute en vrac, je me disais : « mais c’est quoi cette galère ??? ». Je n’avais pas vomi depuis le passage du Ras de Sein, c’est pour vous dire !

Vous l’avez compris, j’ai pas super tripé, 0 photo, 0 mammifère marin, 0 poisson pêché, 0 jeux… mais beaucoup de dessins animés ! Noanne a dit que c’était sa navigation la plus horrible même si elle n’a pas été trop malade, elle avait mal au ventre par intermittence, elle a quand même réussi à dessiner un peu et à prendre les choses avec acceptation, elle attendait patiemment que les jours passent ! Titouan une fois les vomissements passés avait retrouvé la forme, mais la cinquième nuit il a fait une grosse cession diarrhée à n’en plus finir, décidément ! Yann le capitaine toujours vaillant avait décidé de faire des crêpes !! Noanne a été se coucher sans manger, moi j’ai commencé à en manger mais j’ai direct mal digéré et Titouan a passé la nuit aux toilettes (enfin au seau !). C’était bien la première fois qu’on ne faisait pas honneur aux crêpes de Yann mais le lait et les œufs se marient mal avec la gîte… Cette navigation me confirme que je suis bien terrienne et que les vagues et mon ventre ne sont pas vraiment copains… C’était dur d’avoir de l’appétit, j’ai été incroyablement inefficace pendant ces 5 jours, affligeant, encore heureux de nouveau que nous avions pris des équipiers pour aider aux quarts et aux repas, merci Thibaut et Quentin !

J’ai donc capitulé la 5ème nuit, tenant Titouan sur le seau, j’ai demandé à Yann d’allumer le moteur pour ne pas passer une nuit de plus en mer !! Sur le coup ça a fait grogner le capitaine « Rohh, cramer du gasoil… » mais tout le monde était content d’arriver le lendemain en fin d’après-midi !! Bon, c’est moi qui raconte notre périple hein, Thibaut et Quentin n’ont pas été malades et ont tripé leur voyage malgré tout… Mais on n’était pas dans la même situation ! Et j’autorise maintenant Yann à commenter, ou même rectifier mon récit. Attention, pour une fois qu’il écrit sur ce blog, c’est un grand moment :

« Amis marins bonjour ! Je prends donc le clavier pour vous faire part de ma version des faits : le temps fut clément 15/20 nœuds Nord Nord Est quelques rares rafales à 25 nœuds, mer peu agitées à agitée , cap 300°/330°, bord de près sur une houle légèrement croisée de Nord Est. 5 jours de près certes un peu humide et légèrement ballotant mais pas de quoi inquiéter un breton, on a fait des crêpes, on a joué de la bombarde, on s’est fait branler comme des marins pêcheurs de Saint Quay, ça aurait pu être super entre collègues alcooliques bretons mais voilà, une fois de plus, la famille n’apprécie pas mon amour du près… J’essaierai donc à l’avenir d’éviter ces navigations tant redoutées de ma proche famille, c’est d’ailleurs pourquoi nous prenons maintenant le chemin des alizés ! »

Arrivée sur Boa Vista, la délivrance !

Arrivée sur Boa Vista, la délivrance !

Voilà pour ce récit épique ! Au départ on visait l’île de Sal mais on a décidé de s’arrêter avant sur Boa vista. Sur le coup, on s’est vraiment demandé pourquoi, avec l’impression que le calvaire continuait… Le mouillage n’était vraiment pas confortable, ça bougeait beaucoup avec de grosses rafales de vent, on ne se voyait pas sortir avec l’annexe, Yann a même pensé repartir direct !! Le décalage après le calme de la Casamance, fallait vite s’en remettre !! Mais l’ancre a bien croché, on a laissé passer la nuit et on s’est motivé à descendre le lendemain matin.

Sport le débarquement en annexe ! On s’est bien fait tremper mais on ne l’a pas regretté !! L’île de Boa Vista est splendide ! On a profité de la magnifique plage turquoise (Noanne même plus peur des vagues!!), mangé un bon cachupa local, acheté du fromage de chèvre tant attendu… ça y’est, on est arrivé au Cap Vert… et on est content malgré tout !! On pense même rester quelques jours pour aller se faire un bivouac dans les dunes avec les enfants !!

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Arrivés sur la terre ferme, trempés mais contents !

Voilà encore une leçon du bateau, on en a bien chié pour arriver jusqu’ici et on l’oublie rapidement tant la beauté de l’endroit vaut le détour. Ça se mérite !

J’ai essayé de changer un peu de mes récits de voyage idyllique pour vous faire partager ce que peut-être, aussi, la vie en mer d’une maman qui a pourtant bien les pieds sur terre (trop peut être !).

Et bien voilà, mon idée de base était quelques lignes pour vous annoncer notre arrivée, ça a un peu débordé… J’ai finalement « profité » d’une journée au mouillage trop mouvementée pour pouvoir descendre à terre pour vous écrire. Certes l’île est belle, mais le mouillage vraiment pourri, grosse houle qui nous fait tanguer, tanguer, et des vagues qui déferlent un peu partout et sur la plage, pas facile pour débarquer… Mais quelle idée de venir au Cap Vert au mois de février (le mois de l’année où ça souffle le plus) !

DSC02767DSC02775la plage de Boa Vista, paradis des surfeurs, mais pas des voiliers au mouillage avec les vagues qui déferlent juste à côté…

On va quitter l’île de Boa Vista demain, au final sans avoir pu bivouaquer à terre puisqu’on est resté coincé dans le bateau. De toute façon Yann ne se sent pas de laisser le bateau au mouillage alors que ça bouge beaucoup. On va se tenter l’île de Sao Nicolau, en espérant que le mouillage sera plus agréable, mais l’escale sera dans tous les cas très courte puisque nous souhaitons nous rendre au grand carnaval de Mindelo qui débute dès le 24 février.

Allez, la suite au prochain épisode, avec très vite je l’espère un petit retour en arrière sur la Casamance. Até logo !!

 

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Bonne année du Sénégal !

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Au mouillage à Cachouane, à couple de « la vie en rose »

Bonjour à tous,

pour ce début d’année, accrochez-vous, j’envoie la sauce !!

J’ai oublié qu’en quittant l’Europe nous quittions aussi les bonnes connexions wifi partout… C’est aussi qu’en quittant les Canaries, nous mettions fin à une période « de luxe » où Dominao était amarré à quai dans ces multiples ports remplis de milliers de bateaux… Au Sénégal, pas de port, et pas beaucoup de voiliers non plus, quel contraste ! Nous sommes donc au mouillage sans de connexions internet au bateau. J’ai donc mis de côté mon récit de voyage pendant plus d’un mois, ça en fait des choses maintenant à raconter ! D’autant que ce n’est pas rien pour les méninges que de revenir en Afrique, les réflexions, ressentis, impressions… fusent !

On est sûrement passé un peu par tous les états, alors que vous conter maintenant ?

D’emblée, on peut vous dire que Dakar ne nous a pas trop plu, au niveau de notre statut de « toubabs », de blancs quoi. En Arrivant au Sénégal en voilier, jetant l’encre au Cercle de Voile de Dakar (CVD), tout le monde te voit comme un blanc plein d’argent. On a été sans arrêt assailli de demande, payer tel ou tel service 2 ou 3 fois plus cher que cela ne vaut… On devait par exemple faire refaire notre toile anti UV mais le prix était le même qu’aux Canaries, c’est à dire pas dans nos budgets, et avec moins d’offres proposées… Dakar l’escale pas cher, on ne vous dira pas ça ! Plusieurs personnes en bateau nous ont même dit que c’était l’une de leurs escales les plus chères ! S’ils ont dit oui à tous les services payants proposés, puis fait des achats sans négocier les prix, je vous assure que ça peut monter très vite ! Dans ces conditions il est difficile d’établir une relation sincère avec les dakarois, on est jamais vraiment en confiance, toujours peur de se faire berner. Dans ces moments là, on se prend des claques ! A peine débarqués sur le sol africain, une destination retour assez attendue à nos yeux, et on se demande ce qu’on fout là ! Mais on n’est pas là pour jouer aux touristes plein de tunes ? Et on n’est pas non plus venu pour construire un orphelinat ? Après réflexions, on se dit qu’on est là pour être soi-même, montrer un autre visage du touriste, c’est ça notre subversion !

Dominao à Dakar

Dominao à Dakar, il ressemble pourtant plus à un bateau de manouches qu’à un yacht de luxe !

En tout cas on se demande comment on a pu rester 10 jours à la capitale… Même si on a quelques explications : après une longue navigation, on avait du mal à redécoller et puis on a eu envie de passer du temps avec nos amis du voilier « la vie en rose », Thierry, Anne-Noëlle, et leur fille Rosalie. Leur histoire de voyage étant touchante et atypique, j’ai souhaité les filmer, et nous sommes partis une journée ensemble sur l’île mythique de Gorée. Thierry a un père guadeloupéen, petit-fils d’esclave, et souhaite à travers ce voyage en apprendre davantage sur ses origines, en parcourant le chemin du commerce triangulaire : Nantes, l’île de Gorée, la Guadeloupe. Nous avons visité ensemble la maison des esclaves, moment émouvant dans lequel Thierry y voit beaucoup de positif aujourd’hui : l’île n’est pas un sanctuaire, au contraire elle est bien animée, des bébés naissent, des enfants jouent, la vie continue ! Noanne a passé son séjour à Dakar à jouer avec Rosalie, elle était aux anges de retrouver une super copine de voyage !

Lorsqu’on pensait au Sénégal, on se disait quelques jours à Dakar puis on file en Casamance. Finalement changement de programme, nous avons décidé de nous rendre d’abord dans le Siné Saloum. On avait envie d’une nouvelle escale, un endroit inconnu pour nous, pour retrouver la fraicheur de la découverte, l’émerveillement du début lorsque l’on découvre un endroit magnifique. C’est le temps qui ensuite casse le mythe et nous révèle les failles de chaque lieu, nous c’est pour cela que l’on aime, dès que possible, rester un peu là on l’on passe, pour tenter d’avoir une vision plus réaliste de l’endroit où l’on se trouve. Et c’est peut être pour la même raison que les touristes y passent un bref instant, pour ne garder que le côté idyllique ! Bref, je m’écarte dans mes réflexions voyageuses… mais pour le Siné Saloum, le charme a fonctionné, on est resté seulement 15 jours, et on en gardera un très beau souvenir !

coucher de soleil devant notre mouillage dans le Siné Saloum

coucher de soleil devant notre mouillage dans le Siné Saloum

Nous n’avons en effet pas été déçu de ce « petit détour » : Rien qu’à 65 milles nautiques au sud de Dakar, et on croit changer de pays ! La région du fleuve Saloum est magnifique, un très beau site naturel coincé entre la petite côte et la Gambie. Naviguer dans la mangrove remplie de palétuviers où cohabitent oiseaux (pélicans, hérons, sternes, aigrettes…) et poissons (barracudas, thiofs, huitres de palétuviers, crabes violonistes…), slalomer entre les îlots… c’ était un spectacle unique. Dominao s’est échoué plusieurs fois dans les bancs de sable pour pouvoir naviguer dans différents petits bolongs, mais l’expérience du capitaine avec les bancs de sable de Casamance nous a aidé à prendre cela avec détente. On a également de nouveau réalisé qu’avoir un bon moteur, ça aide bien (le moteur de notre 1er bateau Evaloa n’avait aucune puissance) : un coup de marche arrière, on essaie une autre trajectoire et après deux ou trois essais, ça passe !

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Nous avons navigué 3 jours dans le Saloum, jetant l’ancre où l’on voulait comme on poserait la tente en camping sauvage. 3 jours de repos, loin de la cohue de Dakar, oh c’était plaisant ! Notre second mouillage était juste paradisiaque, la révélation des enfants qui ont découvert la baignade dans de l’eau de mer, mais sans vague ! Noanne s’est mise à nager avec ses brassards, super à l’aise (ceux qui l’on rencontré à Porto Santo pourront remarquer l’énorme évolution !).

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Nous nous sommes ensuite posés 10 jours au village de Sipo, un village traditionnel près de Toubakouta, conseillé par un français en voilier, Guy, qui habite par intermittence au village depuis 10 ans. Nous ayant vu hésiter pour jouer le spectacle a Dakar, il nous a proposé de venir le jouer dans ce village plus reculé, où la population n’a pas l’occasion d’avoir d’offres culturelles chez elle. C’était peu dire ! Le village de Sipo n’avait en effet jamais accueilli de spectacle ni même vu de cinéma (on a également organisé une projection du puissant et captivant film sénégalais « la pirogue »). Les voiliers restent quasi tous à Toubakouta (village non loin de Sipo beaucoup plus réputé touristiquement), donc voir un voilier, en dehors de celui de Guy, resté plus d’une semaine devant Sipo, c’était assez rare ! D’autant qu’on a fait venir un autre voilier pour la projection, 3 voiliers au mouillage à Sipo, de mémoire d’hommes, il n’avait jamais vu ça !

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Les villageois sont peu nombreux à Sipo mais quasi tous étaient présents pour assister à la première africaine de Ciné SearCus ! Personnellement on n’a pas été super emballé par notre prestation, après plusieurs mois sans jouer, certains de nos numéros n’étaient plus trop calés et le groupe électrogène n’arrivait pas à alimenter tout le matériel (nos lampes surtout) donc ça nous a un peu déstabilisé. Mais comme le spectacle est lui même un enchainement de dysfonctionnements successifs, le public ne peut pas savoir si y’a vraiment un problème technique, pratique !

Le positif était bien de réaliser que Ciné SearCus a réussi à traverser les frontières, les différences culturelles, il fonctionne partout ! Certes, les villageois n’ont pas tout compris à notre humour et au sens de certains films, mais ils ont ri, et sont restés captivés du début à la fin. Ils ont pris beaucoup de plaisir à voir des « toubabs » se ridiculiser sur scène, on nous a beaucoup félicité à la fin du spectacle. Bref, on leur a offert un moment de bonheur, et ils nous l’ont bien rendu, car nous avons été superbement accueilli dans ce village.

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Venir avec de la culture à partager, ça permet de tisser des liens. Nous avons fait de belles, sincères et touchantes rencontres à Sipo : l’instituteur Pape Touré, Modou, un baïfall d’une gentillesse inégalée, la famille diola du village (Delphine, Elahj, Amada…) et la famille musulmane d’Oumar et Fatou. Le fils d’Oumar avait récupéré un petit singe qui a rendu fou Titouan ! Il fallait aller lui rendre visite tous les jours, un vrai animal de compagnie, il voulait l’emmener au bateau ! Nous nous sommes également baladé en brousse (avec un retour en calèche pour les enfants) pour aller découvrir la réserve naturelle maritime communautaire (car gérée par un groupement de villages aux alentours) de Bamboung.

J’ai ensuite du faire un aller retour à Dakar pour renouveler notre passavant d’un mois, pendant que Yann restait au bateau à Toubakouta. Il y a une loi très bizarre en ce moment au Sénégal qui autorise les voiliers à rester seulement 1 mois sur leur territoire alors que nous en tant que personne, on a le droit à 3 mois. Du coup la plupart des voiliers qui vont à Dakar ne vont pas jusqu’en Casamance par manque de temps, quelle préjudice pour la région. Nous on a tenté de faire prolonger ce passavant en accord avec un douanier sur Dakar, mais il fallait revenir ! Au départ Yann devait y aller mais je devais aussi trouver un dentiste pour me soigner une dent. Et puis j’étais finalement enjouée de partir en sac à dos faire un tour, et même si c’était pour des missions pas très sympas, ça me permettait de sortir du bateau, et passer deux jours sans les enfants ! Que de changement par rapport à notre premier voyage, j’avais réussi à me faire un trip jusqu’au Burkina-Faso pendant deux semaines, et là je suis satisfaite de me prendre deux jours pour retourner à la capitale ! Ah la vie de famille…

dominao-a-toubacouta_1marche-toubacouta Arrivée de Dominao à Toubakouta et le marché

En tout cas pour le rip voyage en sac à dos, j’ai été servie : pour l’aller on m’avait parlé d’un bus et c’était un camion archi chargé (je me disais qu’y avait plus de poids au dessus du toit qu’en dessous, j’avais jamais vu un chargement aussi haut, et j’ai loupé la photo car c’était de nuit !) où on était 5 par bancs hyper serrés, voyageant de 23h à 5h du matin, avec des arrêts incessants ! Du coup pour le retour, je me suis « offert » le « confort » d’un taxi 7 places, mais étant arrivée la dernière, j’étais assise derrière au milieu. Le conducteur conduisait à fond, et je me disais qu’au final, on était bien plus tranquille en bateau, en tout cas c’est proportionnellement moins risqué ! On peut en mer se faire d’énormes frayeurs mais rarement avec danger de mort comme c’est le cas sur la route… Je rigolais un peu au fond de moi-même d’avoir de pareilles pensées et bien, une heure plus tard, on avait un accident !! Le chauffeur a manqué de faucher un piéton sur la route et pour l’éviter on a fini dans le fossé. Il faisait noir donc pendant quelques instants on roulait dans la pampa me demandant si notre trajet ne finirait pas dans un arbre ! Heureusement, il n’y avait rien aux alentours et on a pu s’arrêter sans casse… et on a repris la route ! Sauf que ce n’était pas fini pour moi, le conducteur (lui ayant pourtant dit de m’arrêter à Toubakouta) ne s’est pas arrêté et il m’a débarqué à l’arrêt suivant, la frontière gambienne ! Il a fallu que je reprenne un taxi à 11h du soir pour rentrer chez moi, en passant par un douanier qui me cherchait des nouazes en me demandant mon carnet de vaccinations (je crois qu’il m’a lâché quand je lui ai expliqué notre projet et qu’on partait en Casamance, il était originaire de Ziguinchor), mais quelle aventure !! Et pour la cession douane, ça a été hyper chaud aussi car le douanier en question était parti à la Mecque pendant 2 jours (là vous devez vous dire mais elle est maudite là!), je suis tombée sur son chef qui ne voulait rien savoir, j’ai failli repartir sans notre nouveau passavant ! Je suis revenue le lendemain pour voir le douanier bienveillant qui après discussion, m’a fait cette faveur ! Pour finir cette histoire, faut quand même que je vous dise que dans la vie, si on la positive, on voit toujours du bien dans chaque moment, même difficile, et j’ai vécu aussi de belles rencontres pendant ces 2 jours : un dentiste sénégalais aimant son métier et le faisant bien, et pas pour l’argent… un sénégalais travaillant pour Terres d’aventures qui a égaillé mon voyage allé de belles et profondes discussions sur le Sénégal, mes retrouvailles avec mon cordonnier dakarois… et j’en passe ! Voilà, c’était ma cession récit sans photo, en solo !

Olala mais je n’ai toujours pas fini, je ne vous ai toujours pas parlé de notre arrivée en Casamance !! Faut que j’arrive à raccourcir !

On a réussi à arriver juste pour Noël, et on a cru ne pas y arriver car une fois dans la passe pour entrer dans le fleuve, le moteur ne cessait de caler, le vent de face, les courants contre, on s ‘est imaginé devoir faire demi tour ! C’était un problème de filtre de gasoil, et en tirant des bords comme on pouvait entre les balises de l’entrée du fleuve, nous sommes arrivés à Cachouane dans l’après-midi après une journée et une nuit de navigation.

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Nous avons retrouvé « la vie en rose » avant leur départ pour le Cap Vert, et ensemble nous avons été invité à fêter Noël dans une famille au village (la famille de Papis qui tient le campement, un mec au grand cœur avec le sens du partage). Mais quelle belle arrivée : danse, musique, chant, repas traditionnel… Yann a joué de l’accordéon, mais aussi à accompagner un bon percussionniste un soir à l’apéro pour nous faire chanter et danser, c’était beau ! La musique aussi, ça facilite l’échange, et ça fait du bien !

dsc01932yann-enfant-accordeon-cachouane Noël dans la famille de Papis à Cachouane

En échange de leur magnifique accueil, on leur a joué le spectacle le 26 décembre, au foyer des jeunes où la salle était comble. Le public était bien réactif et en plus, Thierry, Anne-Noëlle et Rosalie ont enfin pu découvrir Ciné SearCus ! Je crois qu’on a jamais autant sué mais on s’est fait bien plaisir à jouer !

On devait repartir le lendemain mais pour les vacances de noël, ils organisaient de la lutte, avec l’Ekonkone, la danse qui précède la lutte, alors on est resté pour avoir la chance d’assister à une de leur belle manifestation traditionnelle. J’ai trop parlé depuis le début alors je vous laisse voir quelques photos !

On est ensuite parti pour Niomoune, passer le nouvel an là-bas mais là, je vous conterai ça dans un prochain message car je dois pour cela rouvrir un grand chapitre : revenir dans un village 6 ans après y avoir passé presque 1 an, y passer le nouvel an dans notre famille d’accueil, que d’émotions, de déceptions aussi parfois, de redécouverte (on a assisté à une grande cérémonie de deuil d’un chef des fétiches, l’occasion d’une grande fête pour les diolas), projeter le film du bateau-cinéma dans lequel Niomoune est parti prenante… C’est beaucoup de retournements, une sacré étape dans notre parcours…

Dominao à Niomoune !

Dominao à Niomoune !

Je me rends compte que je ne vous ai pas trop parlé de nos enfants, qui pourtant sont eux aussi confrontés à tout un tas de ressentis et de nouveautés. Mais ce qui est bon c’est qu’ils semblent tout passer avec aisance, naturelle et facilité ! L’Afrique est passée par « c’est trop beau » comme « c’est trop nul. »

Trop beau : les femmes sont belles, y’a pleins d’animaux, de fruits, de poissons !!! Titouan est toujours aussi fan, voir plus, il passe très bien ici à manger à la main et recracher les arrêtes de sa bouche ! Deux jours après son arrivée, il nous disait « j’adore le tiéboudienne ! » (riz au poisson accompagné de légumes). Il voulait échanger notre annexe contre une pirogue en bois « magnifique ». Il attendait trop de pouvoir faire un tour et c’est ce qui s’est passé le jour du réveillon. Yann souhaitait aller acheter un cochon pour le 1er de l’an et ils sont partis le chercher en brousse avec Titouan, Alfred et Adrien Sambou. 1h30 de trajet en pirogue lors duquel ils ont vu un crocodile ! Puis il a fallu trouver le cochon, un fusil… Ils devaient y passer 4 heures, ils y ont passé la journée, avec panne d’essence au retour, la totale ! Titouan a été super avec son papa, il s’est endormi dans le filet de pêche à côté du cochon mort, lui était ravi ! Et au réveil, un pêcheur lui a offert une belle sole. Depuis, tous les jours, il nous parle qu’il est parti en pirogue pour tuer un cochon, il est trop fier !

Trop nul : c’était plutôt Noanne au début. Le tiéboudienne, pour elle, c’est trop épicé ! Arrivée à Dakar, elle ne pensait qu’à acheter une noix de coco, elle avait rêvé de ça en en parlant avec son père mais une fois goutée : «  Ah bah non, en fait, j’aime pas. ». elle découvre ensuite : « Quoi y’a pas de dessert (elle pense au yaourt là, elle en raffole) ? Alors je prends un bout de fromage ? Quoi, ils font pas de fromage en Afrique !! Bon, je peux avoir une pomme alors ? » Heuh, non, non plus… Heureusement qu’on lui a trouvé du beurre sinon c’était l’insurrection !

5 ans et demi, ce n’est pas 3 ans, Noanne est plus penchée à jouer avec les copines de bateau (« je suis timide des africaines… »), et elle fait sa difficile sur la nourriture alors que Titouan dévore tout, prend un bâton et va jouer à la bagarre avec les enfants. Depuis le début de notre périple, Noanne s’est plongée à fond dans le dessin, elle ne peut pas passer une journée sans dessiner donc lorsqu’on sort, en plus de penser aux casquettes, eau, produits anti-moustiques, gâteaux… il faut que je pense au carnet à dessins de Noanne ! Mais son art lui permet aussi l’échange, et elle n’est plus du tout timide lorsqu’on lui demande de lui expliquer ses dessins ! Elle nous a épaté lors de son premier dessin d’inspiration africaine, on y trouve pleins de couleurs et de référence à ce qu’on vivait :

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Un jour à Sipo où la co-épouse de Fatou offrait du poisson aux enfants, Noanne me dit : « mais ils nous font toujours des cadeaux, et nous, on leur offre quoi ? » Elle leur a alors fait un dessin, ils ont été très touché :

dessin-noanne-pr-fatouOn ne vit bien-sûr pas du tout le même voyage avec les enfants. En 2009 on s’était vraiment adapté à la vie locale, vivant de rien, en mangeant du riz et du poisson. Avec les enfants, on fait plus de compromis… Et flâner au village comme j’avais l’habitude de le faire avant, là je m’entends dire « maman, c’est quand qu’on rentre au bateau ? ». En tout cas ça nous renforce dans le fait que le voilier est le moyen idéal pour nous pour voyager avec des enfants. On peut les emmener partout mais le soir, ils rentrent chez eux ! Ils découvrent une infinité de choses mais ne semblent pas perturbé par le fait d’être nomade, le bateau est leur maison !

Je vous laisse sur ces belles paroles, j’ai l’impression d’avoir battu un raccord, dans mes bonnes résolutions 2017 j’avais pas noté d’écrire des messages plus courts, désolé… Moi j’ai mis 3 jours à l’écrire ( ce qui m’a valu des veillées nocturnes) et je vous dis pas le temps pour les photos ! Et vous, combien de temps vous mettrez à me lire ?

J’oubliais l’important : Bonne année à vous tous ! Les nouvelles qu’on a de la France sont le froid, le gel… pendant que nous découvrons avec effarement qu’il fait 32 degrés dans le bateau l’après-midi, vous voyez le décalage !

Allez, à bientôt pour la suite…

Pauline

Et comme si j’en avais pas mis assez, je vous laisse en photos, série « portraits de Casamance » :

 

Publié dans Sénégal 2017 | 13 commentaires

Bien arrivés au Sénégal !!

Salam Alekoum !

Un peu plus d’un mois d’absence sur la toile, et nous voilà arrivés au Sénégal !!

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Dominao au mouillage à Dakar

Olala on n’a pas l’habitude d’aller aussi vite. Depuis mon dernier message, nous avons fait deux grandes navigations, changer d’île, puis de continent, quelle étape ! Nous sommes sur la terre africaine depuis une semaine, donc encore en adaptation… Alors plutôt que de vous parler de notre escale dakaroise, je vais revenir d’abord là où je vous ai laissé : à Porto-Santo.

Débarquement en annexe pour les premiers pas sur la terre africaine !

Débarquement en annexe pour les premiers pas sur la terre africaine !

Première grande étape pour Dominao : quitter Porto-Santo après y être resté 6 mois, quand même ! On a essuyé deux tempêtes, certes au port mais ça bougeait beaucoup, on se sentait comme au mouillage avec le grincement incessant des aussières en plus, ça donnait ! Et les pare-battages qui grinçaient contre le quai, ça faisait un tel bruit dans notre cabine à l’avant que ça me réveillait la nuit (moi, pas le capitaine qui, à quai, arrive à dormir sur ses deux oreilles !). Pour vous dire que ça soufflait très très fort, le ponton s’est cassé à certains endroits, des aussières ont lâchées, des taquets ont pété… On a tout de même réussi de temps en temps à trouver de petites accalmies pour sortir un peu, piquer une tête dans cette eau turquoise magnifique qu’on est pas prêt d’oublier…

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Titouan et la pêche, son activité favorite !

img_9339On a aussi fêté les 3 ans de Titouan, bien heureux de les fêter ici, au même endroit où l’on avait fêté les 5 ans de Noanne quelques mois plus tôt. Titouan a passé une superbe journée, il était trop fier de devenir « grand » ! Pour son anniv, son papa lui a refait sa canne à pêche à neuf (il lui avait offert de retour de France mais le moulinet avait cassé), il a donc été pêché le matin mais bien qu’il ait eu 3 ans, il est encore petit pour trouver la patience de pêcher très longtemps… On a donc pas eu de poissons et je suis allée acheter des dorades de Madère pour le repas !! On a fait le traditionnel gâteau d’anniversaire avec d’autres personnes du ponton, qui lui ont offert des petits cadeaux, Titouan était bien content, « c’était la fête ». dsc01329

Avant cela Titouan avait fait deux jours de fièvre, puis c’était au tour de Noanne (la réadaptation !). On a donc repoussé le départ de quelques jours et nous sommes partis le lundi soir du 31 octobre. Juste avant de partir, on a vu arriver Paul, un copain retrouvé en Bretagne cet été qui faisait du bateau stop, super zicos avec qui Yann aurait eu plaisir à jouer mais voilà, un moment, il faut partir ! On se passe le relais avec Paul avec qui on a juste le temps de se faire une bise et nous partons pour Santa Cruz de Ténérife.

enfantsyann-en-navdsc01336Nous passerons trois jours de navigation hyper tranquille, un peu trop par moment car nous devons mettre le moteur mais pour la première nav de nos équipiers Orzonie et Luc, c’est parfait ! dsc01346Je suis surprise cette fois de ma rapidité d’adaptation, je me félicite de me sentir bien. J’apprécie être en mer, ce qui n’est pas toujours le cas pour ma part, ce n’est souvent pas mes meilleurs moments de voyage lorsque je passe par des moments d’anxiété, de ballonnements, d’énervement avec les enfants qui me lâchent pas… Mais là, les enfants prennent de plus en plus leur indépendance, s’occupe sans trop demander de dessins animés, et moi je fais des quarts de nuit sous un ciel étoilé, chantant seule sur le pont, le pied ! Je suis pas seule au monde mais pour moi, c’est comme si car seule réveillée sur mon bateau, ça ne m’arrive pas si souvent au final !

Arrivée à l'île Selvagens

Arrivée aux îles Selvagens

Grâce à cette météo clémente, nous avons fait le tour des îles Salvagens qui se trouvaient sur notre route. En plein milieu de l’Atlantique, pouvoir « tomber » sur une île déserte (réserve naturelle avec 2 gardiens en guise d’habitants), c’est magnifique ! D’autant que le temps (le soleil comme la mer) était de la partie, on a vécu un beau moment.

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A notre arrivée sur l’île de Ténérife, on voit un bateau au loin qui se trouve être « la vie en rose », un voilier rencontré à Quinta de Lorde avec qui ont avait bien sympathisé (surtout Noanne qui s’était magnifiquement bien entendue avec leur fille Rosalie). Mais quel incroyable hasard ! On devait aller à Las Palmas des Grandes Canaries, eux étaient partis sur l’île de La Palma, et nous voilà de nouveau réunis à Ténérife ! On ne s’était pas contacté par internet, on pensait bien que nos chemins se recroiseraient mais pas si vite ! C’est la beauté de la vie de voyage, en tout cas ça a aiguillé notre arrivée dans cet énorme port….

arrivee-tenerifedsc01375 Arrivée à Ténérife et retrouvaille avec « la vie en rose »

 

Apéro sur le quai qui s'est fini sur Dominao après s'être fait viré par les flics, ambiance !

Apéro sur le quai qui s’est fini sur Dominao après s’être fait viré par les flics, ambiance !

Notre second passage aux Canaries aura été furtif, 10 jours, et ne restera pas dans nos annales… La marina de Santa Cruz de Ténérife ne nous aura pas plu, spécialement la femme qui gère le port, une personne hautaine qui s’occupe de la marina comme d’une pompe à fric. Elle s’est montrée méprisante à l’égard de notre projet, nous interdisant de faire notre spectacle, prétextant que nous faisions « notre business » en passant le chapeau ! img_9503Pourtant, pendant notre séjour, le port était bondé car il recevait notamment l’Atlantic Odyssée, une régate un peu comme l’Arc mais en plus petit et plus familiale (crée par la fille de Jimmy Cornell), et l’organisation était intéressée par notre animation. On avait même rencontré plusieurs parents très enthousiastes à l’idée de découvrir notre spectacle. On a donc forcément été déçu, surtout qu’il était temps pour nous de refaire notre spectacle après notre pause en France. De notre côté on avait fait de belles rencontres avec qui on aurait aimé partager Ciné-SearCus, tant pis… ça nous a motivé à partir vite, c’était un mal pour un bien !

 

dsc01389dsc01380Rapide visite de l’île où l’on a vu un dragonnier millénaire à Icod de Los Vinos

 

La météo s’annonçait très calme, l’hésitation était de nouveau grandissante, de peur de faire trop de moteur. 2 ou 3 jours étaient annoncés sans trop de vent, mais on préfèrait passer quelques jours de plus en mer qu’au port de Santa Cruz ! On prévoyait donc 10 jours de navigation plutôt que 8 (pour environ 900 milles) mais la nouveauté de cette traversée est que nous avons un téléphone satellite donc la possibilité d’avoir la météo en mer, la classe !! On a trouvé un bon plan grâce à Benji de Nikolaïskai qui en avait un à son bord. Ce n’est pas un téléphone iridium qui coûte hyper cher mais un Inreach Delorme, on ne peut passer que des sms avec mais cela nous permet d’être relié au réseau satellite partout sur le globe (sans nous ruiner pour autant), et la personne à qui on envoie un sms peut nous répondre et nous donner la météo. On a jeté notre dévolue sur Ludo, le parrain de Titouan, qui nous a routé du port de Pontrieux, alors au passage on le remercie grandement, ça rassure d’être suivi !

dsc01399dsc01401 notre départ de Santa Cruz (concentration maximum !) – départ de « la vie en rose »

Nous sommes partis mardi 15 novembre. Et bon présage, nous sommes partis sous le soleil, après toutes ces journées pluvieuses sous la grisaille !Comme on n’a pas voulu de 2ème hasard, on est parti le même jour avec « la vie en rose », et pour la même destination ! C’est vraiment chouette pour Noanne et Rosalie de pouvoir se quitter tout en se revoyant à l’escale suivante ! Ça nous a bien aidé pendant la navigation, de savoir qu’au bout d’une semaine, Noanne découvrirait le Sénégal, mais aussi qu’elle retrouverait sa grande copine !

dsc01406dsc01408Au revoir les Canaries et premier coucher de soleil

On s’est vite rendu compte que l’on avait fait le bon choix, notre plus grande navigation depuis le début de notre voyage s’est très bien passée, nous avons fait à peine deux jours de moteur pour 8 jours en mer, on a eu différents types de temps et de forces de vent, mais jamais excessifs.

Nous nous sommes quand même fait bien secouer en sortant du port, mais cette fois tout était bien calé, on était prêt ! Ça n’a pas duré longtemps, le premier jour on a eu un peu de vent avec des vagues un peu cassées dans tous les sens mais très vite, la mer s’est calmée. On a eu de la houle mais elle poussait le bateau, avec le vent dans le dos ou de travers. Nous sommes partis le lendemain de la pleine lune, profitant ainsi la nuit de la lune descendante, une chance ! Bon, on a quand même eu 3 jours dans la grisaille (après 3 jours de nav), donc sans voir ni la lune ni les étoiles, et le jour ni le soleil ni même trop de mammifères marins, on commençait à se sentir un peu seuls !

D’autant que bon, j’hésite à vous parler de la pêche, car sur ce chapitre, on continue à ne pas être chanceux. Le premier jour où l’on met la ligne : poisson 0, fou de Bassan 1.

Fou de Bassan attendant de se faire libérer de l'hameçon

Fou de Bassan attendant de se faire libérer de l’hameçon

Quelle galère de lui enlever son hameçon coincé dans sa patte palmée ! Une belle et grosse dorade coryphène s’est baladée une bonne partie de la journée mais impossible de la faire mordre à l’hameçon. Yann voyait des bancs de poissons tout autour de Dominao, mais pas moyen d’avoir une touche…

Un poisson volant que Titouan s'est fait un plaisir de manger !

Un poisson volant que Titouan s’est fait un plaisir de manger !

Au final, on aura pêché un petit poisson, mangé un poisson volant atterri par mégarde une nuit sur notre ponton, mais on aura aussi perdu deux lignes, donc pour nous la pêche n’est pas très économique…

Mais l’important était que l’ambiance à bord soit bonne, et c’était le cas, nos équipiers nous ont bien aidé à rendre la navigation agréable, participant aux quarts et nous déchargeant de certaines taches du quotidien. Les enfants n’ont pas trouvé le temps long, ils ont fait leur vie dans le bateau comme il le faisait à terre, ne demandant même pas trop quand est-ce que l’on arrivait, ils ont été super !

 

dsc01423dsc01452Petit spectacle un soir en mer !

Et puis notre séjour prolongé en mer a fini par payer car on a finalement vu les dauphins, pleins de poissons volants (ils volent vraiment juste au dessus de l’eau, avec leurs nageoires qui forment comme des ailes, c’est assez incroyable), des globicéphales, du plancton phosphorescent, et moi j’ai même eu la chance de voir une tortue !

les ailes-nageoires du poisson volant

les ailes-nageoires du poisson volant

Le temps s’est aussi bien rattrapé, la navigation s’est achevée avec un bon vent qui nous faisait avancer à 6-7 nœuds, calant Dominao de façon impressionnante (à l’intérieur on ne sentait rien, Titouan m’a même demandé si on était arrivé !). Les différentes sensations que l’on peut avoir en bateau selon son allure, c’est assez incroyable. Autant parfois on ne ressent même pas être en mer tant c’est calme, le bateau vogue paisiblement sur les flots, avec pour seul son le clapotis de l’eau, autant à d’autres moments c’est la machine sonore infernale : le bateau tangue, les voiles claquent, les poulies résonnent… ça c’est sous la pétole ! Naviguer avec un bateau à voile, sans vent, est sûrement la plus mauvaise des allures ! Comme un bouchon dans l’eau, le bateau gîte car le manque de vent dans les voiles ne peut lui apporter la stabilité… et on se fait balloter. On évite de vivre trop longtemps ce genre de moment et on allume le moteur ! Dans l’autre sens, lorsque le vent forcit, ça peut impressionner, ça gîte mais seulement dans un sens avec le bateau calé, et l’allure devient agréable, avec en plus le point positif qu’on avance bien !

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Coucher de soleil sous la grisaille

C’est ce qui s’est passé les 2 derniers jours de navigation, on était super content des performances de notre bateau que certains voient comme un « veau » tant il est ventru et bien non ! Dominao est confortable à terre avec son espace de vie des plus élargi tout en étant agréable aussi en mer car il avance bien ! Je me permets de préciser tout ça car le capitaine, comme tout marin un peu bourru, a de fâcheuses tendances à se plaindre, dont parfois de son bateau, et bien là il le félicitait !! Malgré notre belle performance des derniers jours, il nous a manqué deux heures pour arriver de jour et on a du faire les derniers milles de nuit dans la baie de Hann, entre pirogues et filets… Ce n’est pas à faire, on l’a fait, le capitaine a géré, on a sûrement eu aussi un peu de chance, on est arrivé sans incident mais on ne vous le conseille pas ! Le cercle de voile de Dakar n’est pas indiqué sur les cartes, les pirogues ne sont pas éclairées, on a appris par la suite qu’il y avait une épave dans la baie, bref, à éviter !

Vu de notre mouillage devant le cercle de voile de Dakar

Vu de notre mouillage devant le cercle de voile de Dakar

Nous avons donc redécouvert Dakar de nuit, et avons alors commencé par retrouver… les odeurs ! Incroyable ce souvenir par l’odorat, c’est frappant. Une odeur bien-sûr indéfinissable, mélange d’encens et de poissons, pas facile à définir par écrit, et ça marche pas non plus avec les photos, donc on gardera ça pour nous !

Je pensais que la partie navigation représenterait la première partie de mon message mais comme je recommence à écrire un roman, je vais m’arrêter là ! Les retrouvailles avec Dakar, le retour dans notre statut de Toubab, la réaction de nos enfants, la visite « spéciale » à Gorée… Tout ça fera l’objet d’un autre post, que j’espère ne pas trop trainer à vous écrire car le temps passe vite et les choses qui s’y passent nombreuses ! Ce n’est pas rien pour nous d’être arrivés en Afrique, de retourner au Sénégal, alors ça remue pas mal. Ça ne fait pas avancer le projet Ciné-SearCus pour l’instant mais c’est une sacré étape dans notre vie que de revenir ici en bateau, avec nos deux enfants !

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On espère quitter vite Dakar et son mouillage non abrité du cercle de voile de Dakar où ça bouge quasi tout le temps pour retrouver le calme des bolongs, on a hâte ! Et puis Ciné-SearCus sera bientôt de retour car on compte bien jouer le spectacle dans les villages de brousse !

Au niveau administratif pour le bateau, c’est la galère. Notre visa en tant que personne est de 3 mois mais le bateau n’est autorisé à rester qu’un mois au Sénégal ! Ça fait court le séjour, surtout en allant jusqu’en Casamance. On pense nous rendre d’abord dans le fleuve du Siné Saloum (à 65 milles au sud de Dakar) pour ensuite revenir sur Dakar pour tenter de prolonger notre passavant d’un mois (en espérant que ça marche mais le douanier a dit à Yann qu’un prolongement d’un mois était autorisé en revenant faire les papiers à Dakar). Nous nous rendrons ensuite en Casamance, pour la fin d’année, Inch Alla’h !

Je vous laisse avec quelques photos du marché aux poissons près de notre mouillage et la suite dans un prochain message !

A bientôt

Pauline

PS : pour les photos, toujours le même principe, si vous voulez les voir en grand, vous cliquez dessus.

Publié dans Sénégal 2017 | 11 commentaires

On part pour l’Afrique !!

Arrivée sur l'île de Ténérife

Arrivée sur l’île de Ténérife

Juste un petit mot pour vous dire qu’on part en Afrique !!

On aura passé 10 jours à Santa Cruz de Ténérife, et on ne gardera pas cette escale dans notre top 10 ! La marina ne nous a pas donné l’autorisation de jouer notre spectacle alors que beaucoup de personnes au port auraient souhaité le voir, on était dèg ! On n’a pas trouvé l’accueil sympa, ils gèrent leur marina comme une pompe à fric, on est content de se barrer de là ! La météo ne nous a pas aidé, il pleut tous les jours depuis notre arrivée, il est temps d’aller vers le soleil !
 
Heureusement on a rencontré pleins de gens sympas qui ont fait de ce passage un chouette moment malgré l’ambiance de la marina, on s’est fait des apéros bien sympas, merci à toutes ces nouvelles belles rencontres !
 
La météo s’annonce très calme, en fin de semaine on aura sûrement 2 ou 3 jours sans trop de vent, mais on préfère passer quelques jours de plus en mer qu’au port de Santa Cruz ! On part donc demain mardi pour Dakar, on prévoit plutôt 10 jours de navigation que 8 (pour 830 milles), vu le peu de vent annoncé. Mais au moins on ne devrait pas se retrouver sous la tempête !
Une nouvelle étape commence pour nous : le retour au Sénégal !
 
Allez, prochaines nouvelles sur les terres africaines !
Dominao au port de Santa Cruz de Ténérife

Dominao au port de Santa Cruz de Ténérife

Publié dans Ciné SearCus 2016 | 3 commentaires