Une fin d’année pas comme les autres…

Bonjour à tous,

Tout d’abord, je vais commencer l’année par m’excuser pour cette longue période sans nouvelles. Mais j’ai eu des circonstances atténuantes…

Ville de Saint Georges, Grenade – décembre 2017

Vous n’avez pas trouvé mon dernier message trop idyllique ? Non mais franchement, se promener comme ça dans les Grenadines, enchaînant mouillages de rêve sur mer turquoise, c’était pas un peu « too much », trop paradisiaque pour être vrai ? Figurez-vous que c’est un peu ce que je me disais, on est vraiment bien là en bateau, je ne me lasse pas de me baigner et de faire du snorkeling dans ces eaux magnifiques, je pourrais ne faire que ça ! Et bien la vie m’a rappelé à l’ordre, et après une période plutôt rêvée, j’ai vécu un cauchemar !!

Seulement une semaine après l’arrivée de Ben, je suis tombée malade, mais un truc qui m’a terrassé au lit, jusqu’à m’emmener à l’hôpital, et tout ça pour les fêtes de Noël !! Beaucoup d’entre vous sont déjà au courant, mais il faut bien que je vous conte un peu cette mésaventure, qui fait aussi partie du voyage.

Les choses s’étaient pourtant plutôt bien déroulées suite à l’arrivée de Ben. Deux jours après son atterrissage à Grenade, on jouait avec lui « Ciné SearCus » sur la plage devant notre mouillage à Hog Island. On a ensuite fêté son anniversaire 3 jours plus tard (avec un barbecue langoustes, le festin !) et au bout de seulement une petite semaine, Ben et Yann jouaient leur premier set musical dans un bar, payé par un américain pour l’enterrement d’un de ses amis !!

Mais en rentrant ce soir là, j’avais bien mal à la tête et sentais la fièvre me monter. Je vais me coucher direct sans manger, les enfants me demandent ce que j’ai : « Ne vous inquiétez pas, demain ça sera passé ». Je ne me suis jamais relevée ! Clouée au lit dans le bateau pendant les 3 premiers jours, on pensait que j’avais choppé la dengue (virus transmis par piqûre de moustiques) donc il n’y avait rien à faire à part attendre que la fièvre se calme. Mais après 2 jours, j’ai commencé à vomir tout ce que je mangeais et buvais. On a pris conseil auprès d’Hélène, médecin qu’on venait de rencontrer sur le mouillage. On a également appelé Vincent, notre ami médecin en Martinique. Ils pensaient aussi à la dengue mais mon état ne s’améliorant pas, on a préféré se rendre à l’hôpital. On était un peu perdu et on nous a orienté vers une clinique privée, l’erreur fatale !! Nous avons d’abord vu un médecin, qui m’a laissé parler 2 minutes top chrono, qui m’a fait une prise de sang pour ensuite me faire monter au service des urgences car j’étais très déshydratée. Le rendez-vous nous a coûté 80 dollars local (environ 30 euros), jusque là, c’était normal. Mais une fois installée dans un lit avec ma perfusion, surprise, on nous dit que maintenant on doit payer 800 dollars local ( plus de 250 euros !!!). Yann, ça le rend fou qu’ils ne nous aient pas prévenu, et il commence à s’embrouiller avec la dame de l’accueil. Entre temps, le médecin revient pour me dire qu’il n’y avait rien sur le résultat de la prise de sang et que je peux rentrer chez moi ! J’essaie de lui dire en vain que moi, je ne me sens pas bien, que je viens de revomir, que je suis encore sous doliprane et que ma fièvre va donc bientôt remonter. Rien à faire, pour lui tout allait bien, il finissait à 16h et a quitté le service. Le problème est que 10 min après son départ, la fièvre remontait, et personne ne s’occupait de moi !!! Je l’ai compris après, le médecin étant parti, le personnel présent n’était pas habilité pour me donner des médicaments, mais c’est quoi ces urgences ? ! Du coup, j’ai du monté à plus de 40, j’ai eu mes premiers spasmes (je tremblais de partout de façon incontrôlée) mais pas de panique, selon le médecin, j’allais bien ! Avec le recul, on s’est également dit qu’il était impossible d’avoir des résultats sanguins au bout de 10 minutes, tout ça n’était que mensonge, c’est assez inimaginable mais c’est ce qui est arrivé ! Yann ne voulait pas payer, alors la dame à l’accueil a fait débarquer la police à l’hôpital ! Cette même femme, après m’avoir dit de ne pas boire pendant ma perfusion alors que c’était complètement inutile (et que c’était pour moi, déshydratée, une vraie torture), ne me parlait pas, je n’avais aucune réponse à mes questions (ai-je eu un doliprane, pourquoi ces spasmes…) a fini par m’enlever ma poche de réhydratation avant qu’elle ne soit finie car Yann faisait des histoires !! La police a été beaucoup plus compréhensible, les deux policiers comprenaient notre désarroi tout en nous expliquant qu’ici c’était comme ça car on était dans une clinique privée, l’hôpital à l’américaine ! L’un nous a d’ailleurs dit qu’il ne viendrait jamais dans cette clinique, nous demandant pourquoi nous n’avions pas été à l’hôpital public, et l’autre nous a expliqué que l’un de ses enfants était né ici, et que ça leur avait coûté très,très cher !! Une vraie infirmière est ensuite arrivée, elle m’a enfin donné un doliprane, expliqué la situation (j’ai eu un anti vomitif qui fera effet pendant 8h, mais je n’en ai pas besoin d’autre car je vais bien…) et on nous a renvoyé chez nous, après que l’on ait payé bien-sûr !! Les flics nous ont ramené jusqu’à notre annexe, nous on était content, au moins on ne payait pas le taxi !!

Et 8h après, je revomissais, remontais à plus de 40 de fièvre avec de nouveaux spasmes. Là, on a vraiment commencé à flipper et nous nous sommes rendus, avec Yann et Hélène, à l’hôpital public pour qu’on me prenne en charge. J’étais de nouveau très déshydratée, au bout du bout ! A tel point que de me retrouver dans un dortoir avec 6 lits, seulement séparés par des draps en cas de soin, j’en étais satisfaite, en tout cas soulagée qu’on s’occupe de mon cas. Bon, ça n’a pas été facile pour autant. Lorsqu’on se retrouve hospitalisé à l’étranger, on se rend compte à quel point nous sommes bien lotis en France au niveau santé, vraiment bien lotis. A l’hôpital public de Saint Georges, le patient doit tout amener avec lui : coussins, draps, serviettes, savons, papiers toilettes, et même l’eau !! J’ai du demander à 3 aides-soignantes différentes pour me trouver un pauvre coussin et un drap, j’ai eu le droit à un rouleau de papier toilette, je ne le savais pas à ce moment là mais c’était un luxe ! Ce qui m’a également surpris, c’est qu’il n’y avait rien pour appeler les infirmières en cas de besoin, pas moyen d’appeler au secours, je trouvais ça limite dans un hôpital, et je n’avais pas vraiment tort. Le 2ème jour, j’ai eu de nouveau une montée soudaine de fièvre alors que j’étais sous doliprane et mes spasmes ont recommencé, mais de façon plus violente, à me faire mal aux dents tant ma mâchoire claquait fort ! J’ai tenté d’appeler les « nurses » (infirmières en anglais) mais personne ne m’a entendu !! Je suis restée 10 minutes comme ça, jusqu’à trouver la force de me lever pour que quelqu’un me voit. Deux nurses sont venues, elles m’ont pris la tension et elles ne croyaient pas au résultat. La première a demandé à la seconde de reprendre ma tension, et ainsi de suite à plusieurs reprises pour finir par demander qu’on me fasse venir de l’oxygène !! Je ne comprenais pas ce qui se passait mais pas la peine de vous dire que j’étais en grosse panique. La fièvre me brûlait la tête, j’avais vraiment l’impression que j’allais griller tous mes neurones, et surtout, j’ai cru que j’allais y passer. Quelle expérience… J’ai quand même passé la nuit avec un appareil respiratoire dans le nez ! Le lendemain, Hélène et Yann m’ont retrouvé dans un état de déprime élevé. Hélène (comme Yann) venait me voir tous les jours, vraiment, elle a été superbe pour moi, elle faisait le relais entre moi et le personnel, elle maîtrisait bien mieux les termes médicalisés en anglais que moi.

J’ai donc, à la différence de la clinique privée, eu l’explication de ce qui c’était passé : mon corps avait réagi à l’antibiotique qu’on m’avait donné, une réaction d’auto défense, donc en fait c’était plutôt bon signe, je ne mourrais pas je survivais !! C’est ma tension qui avait monté et pas chuté, sûrement accentuée par le stress. Le médecin qui me suivait m’a changé d’antibiotique et par la suite je n’ai plus eu de montée de fièvre. Donc suite à cet épisode cauchemardesque, j’étais sortie d’affaire ! C’est comme avec l’accouchement, c’est quand tu te dis que tu n’en peux vraiment plus que c’est la fin, le bébé arrive !!

Bref, que de péripéties, ce n’était vraiment pas facile de se comprendre avec les nurses, elles avaient pour beaucoup un sacré accent (on parle anglais à Grenade), avec en plus le choc de nos cultures. On a un rapport vraiment différent à la douleur. Nous les français on passe pour des chochottes à exprimer ce qui nous fait mal, à pleurer si ça ne va pas. Les femmes ici ne se plaignent pas et tout le monde rigolait dans l’hôpital lorsqu’une vieille femme gémissait, ça fait bizarre au début quand même ! Ma première voisine d’en face était un peu folle et hurlait une bonne partie de la nuit, insultait les nurses, leur cracher même dessus, y’avait de l’ambiance !

Vue de mon lit !

Je n’ai pas précisé non plus que je suis entrée à l’hôpital quelques jours avant Noël, cela n’a pas aidé pour avoir mes résultats d’analyse dans les meilleurs délais, et surtout, j’ai passé Noël à l’hôpital !! Ça a le mérite d’être original, je m’en rappellerai, mais c’est aussi un peu triste, je ne vais pas le cacher !

Attente dans le couloir…

J’ai bien failli ne même pas voir mes enfants puisqu’ils étaient interdits dans le service, on a un peu forcé les choses,à la française,et j’ai pu les voir à l’entrée. Les enfants n’ont pas semblé être trop perturbé, ça m’a rassuré, ils étaient bien entourés. Ben les a beaucoup gardé, mais aussi le voilier « Ia Orana » avec leur 4 enfants, c’était une chance qu’ils soient toujours avec nous car lorsqu’ils jouaient avec les copains, Noanne et Titouan oubliaient que leur maman était à l’hôpital ! Hélène et David (voilier Akka) étaient présents aussi, puis Renaud qui arrivait de Cariacou pour nous rejoindre. Merci à tous de nous avoir soutenus, c’est beau la solidarité !!

Là, les photos, ce n’est pas moi qui les ai prises, je n’étais pas là !! Merci Anne-Laure pour le partage :

J’ai passé une semaine à l’hôpital. Les derniers jours, j’allais mieux, je tentais de reprendre goût à manger tout en me retrouvant en face de quelqu’un (ma nouvelle voisine d’en face) qui vomissait tous les 5 minutes… Bon appétit ! Bref, j’aurais encore plein d’anecdotes sur mon séjour à l’hôpital mais bon, faut passer à autre chose !

En tout cas, le médecin ne pensait pas à la dengue lui, et les résultats sanguins lui ont donné raison, j’ai donc choppé une bactérie puisque ce sont les antibiotiques qui ont stoppé la fièvre. Le médecin pensait à la légionellose même si je n’ai pas le profil, et on n’a jamais pu le vérifier… Donc je ne saurais jamais vraiment ce que j’ai eu, une bactérie difficile à détecter dans le sang, j’ai fait fort sur ce coup là ! Ça a été un sacré parcours du combattant jusqu’au bout car je suis sortie sans mes résultats d’analyse et sans payer (n’étant pas résidente à Grenade, il ne savait pas quoi me faire payer) ! J’ai du revenir pour payer, plutôt original comme situation, il a même fallu que je fasse plusieurs bureaux et limite que j’insiste pour enfin avoir une facture et pourvoir les régler ! Mais au final, une semaine à l’hôpital public ne m’a coûté qu’un peu plus cher que 2 heures passées à la clinique privée !! Et Grenade est réputée par son école de médecine, le médecin en charge de mon cas a été formé à Cuba, soit disant une des meilleurs écoles de médecine au monde… Bref, je n’étais pas au pire des endroits, j’ai eu la chance d’être tombée sur un bon médecin et d’avoir été entourée, notamment par Hélène.

Dessin que m’a amené Noanne à l’hôpital puis elle me dira : « je me suis trompée sur le dessin car on n’a pas pu te voir dans ta chambre ! »

J’ai été encore bien fatiguée pendant une semaine après mon retour de l’hôpital et dès que je me suis sentie un peu mieux, on a quitté Grenade. On avait besoin de changer d’air, bouger le bateau… Il fallait passer à autre chose ! Comme ma philosophe de maman me l’avait dit : « Il faut croire en la vie », c’est alors que la vie nous a « récompensés » de cette période difficile.

On est revenu à Carriacou, petite île au nord de Grenade, qui nous avait déjà bien plu mais où l’on n’avait pas pu jouer puisque notre vidéoprojecteur ne marchait plus. A peine arrivés, Ben et Yann ont trouvé, un peu par hasard, plusieurs plans payés pour jouer dans les bars. En quelques jours, ils sont devenus des stars !! Leur duo accordéon/saxo est super original ici, ça plaît trop ! Un des restaurants, le « lazy turtle », les a fait jouer un samedi soir, et ça a tellement marché qu’ils les ont refait jouer dès le lendemain !

On a également joué Ciné SearCus et on a réussi à faire venir une centaine de personnes, certains nous ont dit n’avoir jamais vu autant de monde dans un bar à Tyrell Bay !! On a eu un beau chapeau, et plein de compliments ! On était assez content car dans la semaine, on avait trouvé une salle pour répéter et on avait apporté quelques changements au spectacle qui ont porté leurs fruits !

Tout pour dire qu’on n’arrive pas à quitter Carriacou ! Depuis le début du voyage, Ben insiste pour que l’on s’organise une résidence pour bosser le spectacle et enfin, là, on trouve une salle, la belle aubaine ! De plus, les gars jouent au minimum deux fois par semaine dans les bars, ce qui rapporte un peu de sous et ce n’est pas négligeable pour nos finances toujours ric-rac. Et pour couronner le tout, Renaud nous aide pour tourner de nouveaux films ! Renaud, sur son voilier « Seafox », c’est celui qui est parti de Pontrieux avec la première équipe de Ciné SearCus en 2014 (Dominao ayant fait un faux départ en repoussant le voyage à 2015). On l’avait recroisé aux Canaries, et comme il est réalisateur de documentaire, il nous avait déjà filmé. Là, il me permet de lâcher la caméra et de me retrouver dans les nouveaux films de Ciné SearCus (je vous en dirai plus dans un autre post) !

Voilà, après vous avoir accablé de mes déboires, je finis sur une bonne note, non ? Et puis au final, cette aventure hospitalière me fera une autre sacrée expérience de voyage, différente certes, j’aurais même préféré l’éviter, mais au moins j’aurais voyagé différemment, ce n’est pas notre but ? On nous avait tant parlé de Grenade, une île à découvrir… Je n’aurai pas fait une balade dans l’île mais je serai sortie des sentiers battus pour aller m’immerger avec la population locale ! Je me suis même dit que mon expérience à la clinique privée m’avait aidé à accepter les conditions de l’hôpital public. Sinon j’aurais peut être craqué, et demandé à aller dans une chambre privée (car il existe également une aile privée au sein de l’hôpital, d’ailleurs j’étais le seule blanche de tout le service) et ça nous aurait sûrement coûté très cher… Bref, mieux vaut voir le bon côté des choses, toujours plus facile à analyser une fois que c’est fini !!

Voilà, j’aurais longuement tergiversé sur mon séjour à l’hôpital, j’ai donc, pour raccourcir mon récit, zappé plusieurs autres épisodes de notre vie voyageuse, mais on ne peut pas tout raconter, surtout après 2 mois d’absence !

Dans toute cette histoire, j’allais même oublier de vous fêter la bonne année ! On n’est pas très bon en solennité mais comme j’ai réussi à écrire ce message avant la fin du mois de janvier, Ciné SearCus peut donc encore vous souhaiter une joyeuse nouvelle année ! On espère bien que 2018 vous permettra de concrétiser vos désirs les plus fous !

De notre côté, ce sera une année de grand changement, avec notre retour en terre bretonne ! Mais d’ici là, on compte encore bien profiter de notre voyage aux Antilles ! On a pris une grosse claque dans notre planning, mais bon, c’est notre première résolution 2018 : on s’en fout, tant qu’on se fait plaisir et qu’on avance dans nos projets ! On compte toujours rejoindre « Barca Circus » en Martinique, maintenant on se dit courant février (mais tout peut changer en bateau!). Paolo et Sandra sont eux sur le point de quitter Mindelo pour la transat…

Bon début d’année à tous, on vous dit à bientôt pour d’autres nouvelles, j’aimerais vous en donner plus régulièrement mais j’ai trop peu de temps pour moi en ce moment et ça ne devrait pas s’arranger… Mais c’est bon signe, c’est qu’il se passe des choses chez « Ciné SearCus » !

Et pour avoir plus souvent des nouvelles de nous, vous pouvez liker (en cliquant sur j’aime) notre page facebook www.facebook.com/cinesearcus. On alimente plus souvent la page pour donner nos dates de spectacles…

On vous embrasse,

Yann, Pauline, Ben, Noanne, et Titouan

PS : L’envoi des cartes postales pour la participation à notre projet de financement participatif est en cours, en commençant par les premiers contributeurs. Soyez donc patients, j’étale ça sur les mois qui viennent pour ne pas me retrouver à écrire 20 cartes par jour !! Et pour les tee-shirts, on les enverra à notre retour ou on vous les offrira en main propre ! Merci de votre compréhension…

PPS : je ne peux pas écrire un message sur les Antilles sans y ajouter des photos paradisiaques !! Celles-ci ont été prises la semaine dernière à « Paradise Beach », endroit qui porte bien son nom…

Et en face de « Paradise Beach » se trouve « Sandy Island », où l’on a tourné un petit film sous l’eau qui fait maintenant parti du spectacle, on vous le fait découvrir en exclusivité !!!

 

Publié dans Antilles 2018, Ciné SearCus 2018 | 2 commentaires

Les Grenadines : le paradis des Antilles !

Bonjour à tous,

 

Dominao aux Grenadines, ici devant l’île « Petit Nevis »

Nous voici dans les Grenadines depuis plus d’un mois et on s’y plait bien ! En même temps, cela doit être difficile de ne pas aimer ce genre d’endroit… On a mis du temps à décoller de la Martinique, on en avait pourtant envie, car on savait un peu ce qui nous attendait plus au sud : des plages à l’eau turquoise, des mouillages paradisiaques, de magnifiques poissons à (re)découvrir… Et on ne nous a pas menti, on n’a pas été déçu, on profite en ce moment d’à peu près tout ça ! C’est le genre de passage où l’on ne peut qu’apprécier la vie en bateau, profiter d’endroits idylliques, avec ses enfants, sans trop payer (Dominao est toujours à l’ancre, au mouillage), se trouver une passion pour le snorkeling (randonnée aquatique en palme, masque et tuba pour aller à la découverte des poissons), et toujours, faire de jolis rencontres…

 

A Bequia, à Princess Margaret Beach et vue au nord de l’île

Après Saint Vincent, nous sommes partis pour l’île de Bequia, où nous avons fêté les 4 ans de Titouan ! Le temps passe, il n’avait qu’un an lors de notre départ… Autant vous dire qu’il a bien changé, il est devenu très bavard, toujours aussi à fond et fan des poissons (sauf que maintenant, il préfère les regarder que les manger… Quoi que manger est aussi une de ses passions !).

 

Notre passage à Bequia a été marqué par une retrouvaille surprise et étonnante ! Thibaud et Johanna, un jeune couple qu’on avait rencontré au Sénégal (on les avait emmené à Niomoune en les déboussolant quelque peu de leur repère culturel), a débarqué un matin au mouillage où nous étions ancrés depuis quelques jours. Ce fut une première grosse surprise de les voir car on les pensait toujours au Brésil, et la seconde surprise, c’était qu’ils étaient à bord d’un vieux gréement de 18 mètres, un plan Cornu de 1952, alors qu’on les avait connu sur un Dufour 31 (un 9 mètres en polyester) !! Une histoire de dingue, Thibaud s’est vu quasi offrir ce bateau au Brésil par son propriétaire de 70 ans trop fatigué du boulot que demande ce type de bateau. Alors en quelques jours, Thibaud est devenu propriétaire d’un magnifique bateau en bois, de 18 mètres, le changement de vie ! Il y a certes encore beaucoup de travail à fournir pour que nos amis puissent faire du charter, car c’est le but maintenant du projet pour pouvoir rentabiliser ce gros bateau, mais ça leur plaît. On leur souhaite une belle réussite pour ce changement de cap !

 

On a passé une soirée langoustes sur le magnifique pont en teck d’« Arvor II », quelle aubaine ! Titouan a également eu l’honneur de souffler ces 4 bougies sur ce beau bateau, a même reçu sa première BD, et comme d’habitude, un magnifique dessin de sa soeur !

Nous sommes donc passé de l’ambiance « vieux gréements » à l’ambiance « gros yacht » de milliardaires sur l’île de Mustique, changement radical, à l’image de ce que l’on vit parfois dans nos rencontres de voyage : on passe du tout au tout !

Cette escale à Mustique était plutôt inattendue. On avait à priori rien à faire là, surtout avec un mouillage à 60 euros la nuit (oui, oui, juste pour accrocher son bateau à une bouée), mais nous étions invité à y jouer « Ciné SearCus », et ceci grâce à l’Alliance française de Saint Vincent et les Grenadines. En fait, la directrice donnait des cours de français à l’école de Mustique et elle leur a proposé notre spectacle. Nous n’avons pas souvent de cachet, et là nous étions payé par la « Mustique company » pour jouer à l’école, attention !

A l’origine, Mustique n’était fréquentée que par quelques pêcheurs jusqu’au jour où cette petite île de 5km² fut achetée par un anglais pour une bouchée de pain dans les années 80. Cet homme a eu la bonne idée d’offrir un terrain à David Bowie, Mick Jagger et la princesse Margaret, qui ont ensuite fait des petits dans le monde des milliardaires… Aujourd’hui, ils sont une centaine de propriétaires, réunis sous la « Mustique Company », et ils gèrent toute l’intendance de l’île : voiries, commerce, embauche de personnels, écoles… C’est assez particulier comme fonctionnement, si tu habites et travailles à Mustique, ton patron et ton propriétaire, c’est le même, et il te paye tout ! Une personne décède sur l’île, c’est la « Mustique Company » qui paye ! Ça peut faire rêver comme ça mais on a notamment trouvé les enseignantes un peu démotivées… Bref, cela donne une île aux impressions quasi parfaites, les voitures électriques, l’électricité solaire, et l’école de luxe ! De toutes petites classes (ils sont 3 enfants en maternelle!) avec certains profs qui viennent en avion, chaque semaine, pour donner un cours de sport ou de français, le délire ! En même temps les écoliers, dès le CM1, sont poussés avec acharnement dans les études pour obtenir de bonnes notes et ainsi être acceptés dans les meilleures écoles…

Les enfants ont, en guise de cours de récré, un champ entier où se promènent les tortues ! Autant vous dire que nos enfants étaient contents, leur jeu de l’après-midi était à celui qui trouvait le plus de tortues, originale comme activité !

 

Pour ce qui est du spectacle, je pense qu’une fois de plus, ils n’avaient jamais assisté à un truc pareil ! On se décrit à la base comme un cinéma déjanté, là, dans ce contexte, on était bien décalé ! Mais comme à Wallilabou, le public a bien ri, adultes comme enfants, alors on se dit que ça a du plaire ! On a malheureusement eu un gros soucis technique avant la projection : notre projecteur ne voulait plus démarrer ! Comme ça, du jour en lendemain, sans prévenir, la poisse ! Heureusement, un voisin avait un vidéoprojecteur et nous l’a prêté, et même s’il était de très mauvaise qualité, on a évité l’annulation du spectacle.

 

Invitée surprise à la projection à Mustique !

On a fini la soirée en compagnie du président de l’Alliance française, Ali, boulanger sur l’île de Mustique depuis 28 ans ! C’est lui qui nous a parlé de l’histoire de Mustique, et de tous ces millionnaires, voir milliardaires, en mal de solitude… D’ailleurs, on est parti le lendemain matin avec comme voisin, le yacht de Bill Gates (un des plus grands au monde), mais quel décalage ! Certes l’île est belle, mais nous, on s’est senti encore plus chanceux avec notre voilier de manouches lorsque, l’avant veille, nous avions passé une nuit, gratuite, devant une île inhabitée à côté de Bequia, l’île « Petit Nevis ». Totalement improvisée (on pensait jeter l’ancre ailleurs mais notre filtre à gazole avait fait des siennes ce soir là), cette escale nous a époustouflé, à l’écart des îles touristiques, et d’un point de vue paysage, elle n’avait rien à envier à « l’île aux milliardaires »… Alors, les plus heureux dans la vie, c’est qui ??

 

On a ensuite continué notre ascension de découvertes magnifiques, en jetant l’ancre à Mayreau, puis aux Tobago Cays.

 

Mayreau, devant la plage « clichée » mais paradisiaque des Antilles

A Mayreau, on a eu la chance de pouvoir poser l’ancre tout à gauche de la baie, à l’opposé de l’agitation touristique. On s’est retrouvé seul devant une plage splendide, on s’est senti tellement privilégié qu’on ne voulait plus partir, et on y a passé une semaine. C’est aussi parce qu’on y a retrouvé le voilier « Moana », au grand bonheur de Noanne qui a pu retrouver Clémence, sa grande copine de voyage, après plusieurs mois d’absence. On était également toujours avec le voilier « Ia Orana », ce qui faisait 8 enfants à traîner ensemble, âgés entre 3 et 12 ans, l’école de la vie !

 

Les Grenadines, comme vous vous en rendez peut être compte à ma lecture, c’est une multitude d’îles qui sont très proches les unes des autres. Fini les longues navigations, on change d’îles en quelques heures, c’est assez magique (cliquer sur la carte pour la voir en grand).

Les Tobago Cays, ce sont 5 petits îlots perdus entourés de coraux, protégés du large par une grande barrière de corail. Du coup, comme la barrière de corail est sous l’eau, visuellement on a l’impression que rien nous protège et qu’on est au milieu de l’Atlantique, entouré de fonds clairs, c’est incroyable ! Bon, en même temps il faut le mériter, car le mouillage n’est pas à l’abri du vent, il y a aussi beaucoup de courants, donc ça ne donne pas forcément envie d’y rester 15 jours. On est resté 2 jours et demi et on a profité de chaque instant, finissant avec la marque du masque sur notre visage et même un peu de coup de soleil tant on avait passé de temps dans l’eau. On a découvert les différents spots de snorkeling (Yann a même vu un requin !) et les plages des différents îlots. Jamais nous n’avions vu une eau aussi belle, avec des fonds si clairs, et un paysage à couper le souffle.

Iguane aux Tobago Cays

Après un passage sur l’île d’Union, encore une chouette petite île (elles le sont toutes!), nous sommes partis toujours un peu plus au sud, sur l’île de Carriacou (voir photos ci-dessous), où nous pensions initialement jouer Ciné SearCus mais depuis la panne de vidéoprojecteur, nous sommes au chômage technique ! C’est peut-être juste la lampe qui est grillée, mais comme nous n’avons pas les moyens de le savoir ici et que le vidéoprojecteur a déjà 5 ans, que ces connectiques commençaient à être défaillantes, on a décidé d’en racheter un. On avait pas prévu cet achat dans le prévisionnel de notre projet ulule, sûrement parce qu’on trouvait que ça faisait trop, la preuve qu’on aurait du ! On n’a pas encore acheté les enceintes donc on a revu notre budget pour pouvoir acheter la totale. Et comme Groben nous rejoint le 7 décembre à Grenade, il va nous ramener un vidéoprojecteur tout neuf. On attend donc notre cher équipier pour continuer notre tournée antillaise, espérant jouer davantage, retravailler le spectacle, tourner des films… On a comme d’hab pleins d’envies, d’idées, après qu’est ce qu’on arrivera à faire, ça, on verra !

 

Au final, on était au bon endroit pour être en pause « forcée », on a continué de profiter des mouillages paradisiaques, notamment en allant sur l’île de « Sandy Island », en face de Carriacou. Les fonds étaient de nouveau tellement magnifiques qu’on a filmé les poissons, raies, et tortues. Yann a aussi réalisé une petite scénette sous l’eau que l’on va intégrer au spectacle. Voici un petit extrait photographique de cet aquarium naturel :

 

Depuis Saint Vincent, le voilier « Ia Orana » nous suit en intermittence avec leurs 4 enfants, on s’entend tous bien et on apprécie de voyager avec d’autres bateaux, pour les enfants comme pour nous. On a aussi fait une autre belle rencontre à Carriacou, deux jeunes français, Lucie et Nessime, qui ont d’ailleurs rencontré Thibaud au Brésil, que le monde du bateau est petit !

La mère de Nessime, Jocelyne Saab, est libanaise et réalisatrice de films d’art et d’essai. Nessime m’a passé ses films, j’ai donc eu la chance de découvrir une réalisatrice libanaise aux Grenadines, me plongeant dans un autre univers. On a partagé avec lui de longues discussions sur l’histoire du Liban, de la Palestine, plus largement du monde arabe… Le genre de rencontre qui nous fait voyager, encore, et nous instruit aussi.

Lucie et Nessime naviguent sur un « rêve d’Antilles », ils étaient donc très curieux de visiter Dominao. Petit aparté pour les connaisseurs : notre voilier a été construit dans les années 80, à la base sur un plan « rêve d’Antilles » mais son constructeur lui avait apporté de sérieuses modifications comme le gréement en ketch ou le château arrière qui, pour l’anecdote, aurait soit disant inspiré Gilbert Caroff pour la construction du « Galapagos ». Dominao a donc un cockpit central, un grand carré à l’arrière avec un lit breton… Bref, il ne ressemble à aucun autre !

Au passage, en parlant de notre bateau, un article est paru sur nous dans « Voiles et Voiliers » ce mois-ci. C’était normalement pour donner un coup de pouce à notre campagne de financement, donc pour ça, c’est un peu tard… Mais au moins on a entendu parler de nous ! Bon, on a un peu mal pris la réflexion du journaliste dans l’article, à propos de Dominao, « à l’esthétique discutable », sachant que sur la photo qui a été choisie, on ne voit même pas notre bateau. Bref, Dominao n’est pas un bateau de série, il ne rentre pas dans les critères de beauté et d’élégance des magazines de voiliers, et c’est ce qui fait son charme ! A bas la norme et vive l’originalité !! Je vous mets quand même l’article, mais j’y rajoute une photo de Dominao sous voile, prise du voilier « Ia Orana » lors de notre navigation de Saint-Vincent à Bequia.

 

Je crois que c’est pas mal là, je l’ai rédigé ma tartine ! Je n’écris pas toutes les semaines mais quand je m’y mets, vous avez votre dose !

Avant de conclure, parlons brièvement de notre programme futur : on retrouve Ben à Grenade puis on remonte tranquillement jusqu’en Martinique en tentant de jouer sur la route (enfin sur les plages). En Martinique, l’idée est de retrouver un autre bateau-spectacle, « Barca Circus », puis de remonter ensemble en Guadeloupe pour y retrouver Paolo, Sandra et Nila, qui sont actuellement au Cap Vert et qui traversent en janvier. Une flottille de bateaux-spectacles aux Antilles ? Ce serait un sacré accomplissement pour la fin de notre périple…

 

Je finis en ayant une pensée vers vous tous, famille, amis, amoureux de la voile et du voyage, mais aussi vous qui nous suivez sans nous connaître personnellement. Vous qui accompagnez notre voyage, qui nous avez aidé pour continuer notre belle aventure, on vous le redit, de nouveau : MERCI !

On a bien conscience qu’on ne vit plus dans la même saison que vous en ce moment, vous qui rentrez dans l’hiver, alors on espère que ce message réchauffera un peu vos chaumières !

 

A bientôt

Pauline, Yann, Noanne et Titouan

 

Sur l’île de Carriacou

 

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Merci à vous et nouvelles de Saint Vincent !

Bonjour à tous !

J’aurais souhaité écrire ce message de remerciement juste après la fin de notre financement participatif, mais je crois que j’avais un trop plein d’internet, veuillez m’en excuser ! Il faut également vous avouer que le retour dans le voyage nous a bien accaparé, les péripéties se sont enchaînées!!

Coucher de soleil sur Wallilabou

Donc voilà, remercions dès maintenant nos très chers et nombreux contributeurs (114 quand même !), faisant de ce financement participatif une réussite : 4 245 euros, pour que l’aventure continue !

On est super content et bien soulagé que la collecte soit terminée ! Ça continue à nous donner pleins d’idées pour la suite… Pour que vive le spectacle en bateau !

Se lancer dans un financement participatif était une grande première pour nous, apportant des côtés positifs et d’autres moins. Le positif, hormis bien-sûr le fait qu’on a récolté la somme demandée, et ce n’est pas rien, c’est d’avoir pu reprendre contact avec beaucoup de connaissances lointaines, copains comme famille, et ça c’est génial ! D’autant qu’en organisant cette collecte, on s’est imaginé une fête de retour où l’on offrirait un coup à nos contributeurs, ce qui va nous permettre de revoir plein de monde, on a hâte ! Pour le côté plus sceptique, c’est l’impact qu’a eu la plateforme ulule sur notre projet : aucune visibilité sur leur site (ils soutiennent tellement de projets en même temps qu’ils ne peuvent mettre à la une tous les projets), donc aucun contributeur venant directement de leur part. Les soutiens sont restés quasiment autour de nos amis et famille, et notre réseau facebook. On a eu énormément de partages de notre page ulule via facebook, mais on n’a pas eu vraiment de répercussions au niveau des soutiens. Vraiment, c’est vous, notre famille et notre cercle d’amis (certes bien élargis!) qui avez fait de ce financement une réussite !! Nous sommes très reconnaissants de votre soutien, et toujours un peu gênés aussi, d’avoir fait appel à vous pour faire perdurer notre projet…

Pour finir sur ce sujet, voici la liste des contributeurs, un énorme merci à :

Gwendoline Respinger

Hélène Bouvier

Bob Boubet

Ségolène Goldfarb

Viken Renouard

Matthieu Mounier

Irma Conq Palacios

Annick Le Péculier

Anne-Laure Béhaghel

Baptiste Derouault

Jacques Guérin

Christophe Le Roux

Laurent Foucher

Soizic Lhuissier

Sylvie sanchez

Julien Gambier

Louise Le Péculier

Guillaume Guézingar

Vincent Hanrion

Aurora Coleman

Christian Trinquier

Elise Duveau

Katell Bourhis

Bernard Illien

Le Bourdonnec Gildas

Rachel et Erwan Boubet

Jules Le Maut

Vincent Bier

Guy Burel

Typhaine Illien

Elise Dessandier

Christine Chotard

Tonio Tgt

Yvain chambard

Elodie Le Riguier

Pierre Rouyer

Guillemette Vanackere

Moïse Lemercier

Pierre Gautheron

Justine Favet

Stephane Bourlier

Mylène Rebours

Tom Beeckman

Mathilde Mottin

Marie De Bizien

Michel Arquez

Alain Martin

Agnes Guillot

Angel Hernandez

Anna hubert

Elo Dugue

Berit Schwarm

Alain Sevin

Gilles Siffermann

Blandine Deudon

Franck Beauvais

Françoise Dessandier

Lucía Iquién Sabe

Denis Mottin

Antonin Vabre

Delphine Le Page

Marie Claire et Philippe Derouault

Françoise Martin

Véronique Chadaillac

Renaud Eletufe

Philippe Genain

Samuel Troadec

Sylvia Hof

Andre Chareyre

Julien Antoine

Benjamin Garry

Samuel Corre

Sylvette Guerin

Eva Montfort

Malo Lefeuvre

Mariella Esvant

Helène Cordonnier

Nolwenn Mesny

Thierry Cassand

Géraud Nichet

Magaly salza

Flora Josse

Kolin Sorel

Anne Bredat

Kevin Antoine

Ronan Collobert

Anne-Marie Burguburu

Isabelle Martin-Collin

Amélie Leroy

Jacqueline Martin

Pascaline Sabourin

Helene Clairet

Sabine Michel

Isabelle Monvoisin

Guy Du Chaffaut

Marion Maignan

Gildas Sadou

Anaïs Leroy

Fred Potier

Marie-Amélie Gayard

Sophie Jobert

Amélie Flageul

Gaëlle Panier

Patricia Le Calvez

Manuela Barreau

Gwenaelle Huet

Amélie Burel

Yan Loïal

Audrey Guyomard

Pompougne

Nico Rousson

Karen Boukobza

Stanislas Lubac

Lucille Chauvin

Il faut maintenant que je vous raconte la suite de notre aventure… Et elle a été riche en péripéties !

On a réussi à quitter la Martinique et reprendre la mer après plusieurs mois de pause, sacrée étape ! On a passé quelques jours à Sainte Lucie puis on s’est rendu sur l’île de Saint Vincent, nous étions d’ailleurs en pleine navigation le jour où on a passé la barre des 100 % de notre financement ! Passer le canal entre Sainte Lucie et Saint Vincent n’a pas été de tout repos, pas mal de vent et de houle croisée qui nous a un peu secoué, mais à l’arrivée, le mouillage de Wallilabou valait la traversée :

Arriver à Wallilabou c’était un peu pour nous comme arriver en Dominique (avant le passage de Maria). On n’est plus sur une île française modernisée (ni même américanisée comme on a trouvé l’île de Sainte Lucie), on est de retour dans la verdure, la montagne, les rastas et la tranquillité. Bon certains diront l’insécurité, Saint Vincent a mauvaise réputation dans le monde de la voile, mais nous, on s’est senti à l’aise. On a très vite sympathisé, sur la plage, avec les habitants qui ne s’entendent pas tous bien entre eux, donc c’est pas toujours évident pour communiquer, mais certaines de nos rencontres semblaient sincères. On s’est baladé un peu autour de Wallilabou jusqu’à une petite cascade, le paysage était splendide, malgré la pluie qui n’a pas arrêté de tomber depuis notre arrivée. On a du également prendre le bus collectif pour aller faire nos papiers d’entrée au village d’à côté, et la route valait le détour ! Rien de tel que le transport en commun pour visiter un pays !

Figurez-vous que pour l’anecdote, c’est à Wallilabou qu’a été tourné une partie des films « Pirates des Caraïbes » ! Sans le vouloir, on est sur les traces de cette saga, car après la cabane de la sorcière à Porsmouth en Dominique, nous avons découvert les décors (enfin ce qu’il en reste)  de port Royal ! C’est en effet à Wallilabou que de nombreuses scènes des différents films ont été tournées, le plateau de tournage avait été installé ici et un bâtiment a été construit pour l’occasion. Certains habitants y ont même participé, louant leurs bateaux de pêches ou faisant les pirates figurants. Aujourd’hui, il ne reste que des ruines du décor, certains déplorent que le gouvernement n’ait pas souhaité garder les lieux en bon état, et il est vrai que ça aurait fait un bon coup de pub pour Walillabou. Pour ceux qui se rappellent du début de Pirates des Caraïbes I, le rocher à l’entrée de la baie devrait leur dire quelque chose (c’est là qu’étaient suspendus des cadavres).

On devait jouer samedi soir, un peu plus au sud de l’île, à Blue Lagoon près de Kingstown. Nous sommes partis de Wallilabou vendredi dernier, pensant faire une petite navigation tranquille de 10 milles nautiques pour nous rendre sur le lieu de la projection (où l’on nous offrait le port pendant 2 jours). Mais la météo, elle, n’était pas de cet avis ! Impossible de franchir la passe pour entrer dans le port, un vent fort, pile dans notre nez, accompagné de grosses rafales avec des vagues qui déferlaient dans tous les sens. Et on ne s’y était pas du tout préparé, il restait du bazar sur le pont, on a failli perdre notre matos de plongée, bref, on a vraiment fait les débutants, à croire que quelques mois à terre nous avaient fait oublier les règles de base en bateau ! Mais on ne s’attendait pas à une mer aussi déchaînée, à une entrée de port si difficile et dangereuse d’accès pour un quillard de 1m95 de tirants d’eau… Bref, on a du faire demi tour, les boules !! Au revoir le port, son branchement électrique qui aurait fait du bien à nos batteries, bye bye la douche, la lessive, le plein d’eau… et la projection au bar organisée avec l’Alliance française. Au moins, la mer n’a pas mis de temps à nous rappeler sa dure loi, nous demandant bien gentiment d’arrêter de se la couler douce comme si on était partout au mouillage dans la mangrove ! Et non, vivre en bateau aux Antilles, ça remue, et les navigations ne sont pas toujours faciles ! On a décidé de retourner là où l’on connaissait et où l’on s’était bien plu, à Wallilabou. Heureusement, on y a retrouvé nos amis du voilier « Ia Orana » qui arrivaient de Sainte Lucie avec une navigation également bien musclée. Ils souhaitaient nous rejoindre pour assister à la projection car le papa Momo et un des enfants, Xavier, n’avaient toujours pas vu notre spectacle alors qu’on se côtoie depuis le Cap Vert ! De plus, Xavier fêtait son anniversaire le jour même, c’était un beau cadeau à lui offrir! Alors pour ne pas le décevoir et pour ne pas rester sur un échec, on a organisé la veille pour le lendemain une projection sur la plage, pour les gens de Wallilabou et des alentours. A l’initiative de Yann (et il y a pris du plaisir), les habitants de la plage et les enfants se sont gentiment impliqués en nettoyant la plage dans la journée.

Notre mésaventure de l’avant veille s’est alors transformée en véritable succès, une cinquantaine de personnes ont assisté à leur premier cinéma déjanté ! Des enfants qui n’avaient jamais vu de cinéma, des mères qui ne cessaient de se marrer, c’est Titouan qui nous a bien résumé la soirée : « Les gens, pendant le spectacle, ils rigolaient super à fond ! ». On a passé un bon moment, et au final beaucoup plus en phase avec notre projet que si on avait joué à Blue Lagoon : organiser à l’improviste un ciné-spectacle sur la plage, à trois coups de rame du bateau, pour des gens qui n’ont aucune offre culturelle aux alentours, on est content !

Voilà pour ces quelques nouvelles. Depuis, nous avons quitté Saint Vincent pour Bequia, ça y’est, nous sommes aux Grenadines ! Notre prochaine date : le 3 novembre sur l’île de Mustique.

A bientôt !

Pauline et Yann

PS : l’anniversaire de Xavier chez Tony, et le dessin de Noanne pour l’occasion :

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Dernière vidéo avant la fin de la collecte !

Bonjour à tous,

A l’abordage !

comme nous n’arrivions pas au bout de la collecte, on avait décidé de prendre les devants en attaquant le célèbre galion « La Victoria ». Notre prise a été fructueuse : de belles rencontres avec de gentils pirates, mais pour ce qui est du butin… On compte toujours sur vous !

Trêve de plaisanterie, on a fini par leur dire au revoir à nos potes du galion, et nous voilà en route pour Saint Vincent, car nous jouons là-bas samedi prochain. On est très heureux d’avoir réussi à reprendre le large, mais notre tête est encore bien prise par notre financement participatif. Forcément, on n’a plus que quelques jours pour trouver les derniers deniers, alors la pression monte ! En plus, on est vraiment quasi au bout, alors ce serait vraiment dommage de ne pas y arriver en si bon chemin.

On a alors mis les bouchées doubles et on vous a concocté une dernière petite vidéo, qui vous donnera peut-être l’envie d’offrir un dernier petit coup de pouce au projet… Et on vous propose ce que, finalement, on arrive à faire le mieux : vous faire rêver !

Parce que le voyage de « Ciné SearCus » est aussi, et surtout, fait de rencontres et de musique, voici un condensé musical de ce que nous avons vécu entre la Bretagne et l’Afrique, ces deux dernières années. De beaux souvenirs jonchés de rencontres inoubliables, pour nous et nos enfants (ce sont les premiers fans de cette vidéo !). Laissez-vous à nouveau porter dans notre univers, profitez de la magie de la musique, vecteur de rencontres et de plaisir de vie :

N’hésitez pas à partager cette vidéo, et faire une dernière piqûre de rappel à vos contacts, beaucoup ont partagé et aimé notre projet, c’est le moment de les relancer. Pour rappel, le but de cette demande de financement est de racheter du matériel pour faire tourner notre cinéma déjanté itinérant en voilier. Et si on dépasse le montant, l’argent ira pour financer une résidence en Guadeloupe afin de préparer le spectacle pour notre retour en France.

Merci à tous nos compagnons de route présents (ou pas) dans la vidéo, vous avez contribué à la richesse de notre voyage !!

Voilà, On n’a plus qu’à poster une dernière fois le lien de notre projet, et croiser les doigts pour que d’ici jeudi, on soit au bout de cette collecte !

https://fr.ulule.com/cine-searcus/

A bientôt pour la suite de notre périple.

Merci pour votre soutien, quel qu’il soit.

Pauline et Yann

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Jonglage en musique avec Ciné SearCus !

Salut à tous,

on a quitté notre trou, on est sorti de la mangrove ! Bon, nous ne sommes vraiment pas loin, juste à côté au mouillage, mais c’est un grand pas ! Si tout se passe comme prévu, on quitte la Martinique cette semaine…

 

 

Sinon, les jours passent, le montant de la collecte monte, doucement mais sûrement, même si on est encore loin d’être au bout. Alors pour ceux qui hésitaient encore… Et bien n’hésitez plus ! Et sachez que même une petite somme, c’est déjà un super soutien car un petit peu + un petit peu + un petit peu… ça fait beaucoup et on arrivera au bout de la cagnotte !!

 

On joue à Kingstown sur l’île de Saint Vincent avec l’Alliance française de Saint Vincent et les Grenadines le 21 octobre, on aimerait bien s’assurer d’ici là d’avoir les sous pour acheter nos nouvelles enceintes… Et en attendant, on fait de l’acoustique !

C’était samedi dernier, lors de notre soirée de départ au mouillage près du Marin, notre « fief », Dominao à couple du galion « la Victoria » :

 

Merci à Adrian, jeune jongleur catalan de Majorque. Encore une de ces belles rencontres de voyage !

Et merci à tous ! A très vite.

Pauline et Yann

https://fr.ulule.com/cine-searcus/

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Nouvelle vidéo : à la découverte de « Ciné SearCus »… à ses débuts !

Bonjour tout le monde,

je vous avais prévenu que vous entendriez parler de nous ce mois-ci !!

Cela fait déjà 15 jours que notre campagne de financement est lancée, on est donc à mi-chemin mais nous n’avons pas encore réuni la moitié du financement… On ne se démotive pas pour autant, on remercie d’ailleurs au passage tous les premiers contributeurs, et on continue à y croire car on a bien l’intention d’arriver au bout de cette collecte ( avec Ulule c’est tout ou rien, si le montant demandé au départ n’est pas atteint, la collecte est annulée et tous les contributeurs sont remboursés) !

Comme cette campagne de financement vise également à faire connaître notre projet, on en profite pour vous faire découvrir de nouvelles vidéos :

C’est une grande première pour moi : c’est la première fois, en dehors des vidéos du spectacle, que je vais diffuser des images que j’ai tournées pendant notre voyage. Comme vous le savez, je prépare un film de notre aventure. L’été dernier, j’ai commencé à monter des images de notre voyage dans le but lointain de réaliser un court-métrage sur « Ciné SearCus » en Bretagne. Au final, le projet n’a pas abouti mais j’ai gardé les rushs que j’ai retravaillés un peu pour vous les présenter. Ne prenez donc pas ces images comme un film, mais plutôt comme des extraits bruts de ce que l’on a vécu, une petite plongée dans notre univers, à nos débuts !

Pendant ces 8 minutes, vous nous retrouverez en Bretagne, lors de notre première tournée avec la première version du ciné-spectacle pendant l’été 2015. On revient vaguement sur ce que signifie « Ciné SearCus » pour nous (je dis vaguement car on ne peut le résumer en quelques mots) et pour les autres. Ensuite, on vous racontera rapidement que réaliser un tel projet n’est pas toujours facile et pour finir, on reviendra sur notre rencontre avec un autre bateau-spectacle : « La Nef des Fous ». Depuis 26 ans, son capitaine August Dirks, et son équipage éclectique, sillonnent les mers en présentant des pièces de théâtre. C’était un honneur pour nous de les rencontrer à Douarnenez et de pouvoir jouer sur la scène de ce cargo de gentils fous !

Allez, laissez vous porter, partagez ce lien à votre guise, n’hésitez pas à me faire des retours… Et bon voyage dans notre petit monde !

Sinon, pour les nouvelles plus fraîches : Dominao n’a jamais été si prêt de quitter son abri ! Les réparations/entretiens avancent, on va bientôt larguer les amarres pour faire cap au sud. Nous sommes actuellement en train d’organiser une petite tournée dans les alliances des Antilles du sud (Sainte Lucie, Saint Vincent, les Grenadines, Grenade), afin d’aller jouer pour les habitants pendant cette période creuse de l’année. Proposer un spectacle venu à la voile sur des îles où l’offre culturelle est limitée, c’est là que notre projet prend tout son sens… ça donne envie, on a hâte ! Je pense pas à la faire d’habitude mais cette fois-ci, je joins une carte pour vous repérer un peu sur nos prochaines escales :Également, on s’organise pour préparer une soirée en soutien à la Dominique, et surtout on prend des contacts pour aller jouer sur place quand les conditions le permettront. Ça se bouge bien ici en Martinique (comme en Guadeloupe d’ailleurs) pour la Dominique, des collectes sont organisées dans différents lieux pour récupérer vivres, matériels… Le soutien des gens est là, et on espère bien que nous aussi, à notre façon, on pourra faire un geste pour eux… Affaire à suivre !

A bientôt

Pauline et Yann

PS : j’envoie également ce message par mail donc pour beaucoup, en plus de la newsletter, vous recevrez également un mail de ma part, je m’excuse donc d’avance pour le doublon…

https://fr.ulule.com/cine-searcus/

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La tempête Maria, ou un cadeau d’anniversaire qu’on n’oubliera pas !

Bonjour à tous,

mon dernier message à propos du lancement du financement participatif de « Ciné SearCus » a été envoyé au moment même où l’ouragan Maria nous tombait dessus, et, comme certains me l’ont justement fait remarquer, je n’en ai même pas parlé !

J’avais tout simplement écrit le message antérieurement et il a été envoyé avant qu’on ne réalise la puissance de cet ouragan, et donc, la possible inquiétude de nos familles et amis… J’ai ensuite rassuré les gens sur facebook ( mais tout le monde n’a pas facebook et on le respecte), en oubliant d’écrire un mot sur le site… Donc je me rattrape maintenant !

Il faut aussi savoir que jusqu’à la veille du cyclone, on pensait que Maria n’était qu’une grosse onde tropicale, on n’imaginait pas qu’elle deviendrait un ouragan de catégorie 5 (catégorie maximale), tout comme Irma !!! Tout en nous préparant tranquillement à l’arrivée d’un cyclone, on n’a pas pensé une seule fois quitter le bateau (on s’était posé la question les autres fois), Yann me répétant : « Mais Pauline, nous, ça fait 3 mois que Dominao est préparé en cas de cyclone ! ». Notre voilier est en effet amarré dans un abri anticyclone depuis le mois de juillet. On cherchait à ce moment là où poser notre voilier pendant notre séjour à terre et on a rencontré une belle bande de jeunes squattant un Galion, réplique du bateau de Magellan, dans un mouillage où beaucoup de bateaux venaient se réfugier pendant la saison cyclonique… Parfait pour nous ! Y’a une bonne ambiance au mouillage, on peut faire la fête sur un bateau de fous, et en plus, on est en sécurité, le top ! Bon, je disais ça au début, avec le temps, j’ai surtout envie d’aller voir ailleurs, mais ça, c’est une autre histoire…

Dominao près pour l’ouragan Maria

Pour la tempête Maria, on avait même récupéré une autre ancre, on s’est donc retrouvé avec 4 ancres à l’arrière et 6 amarres accrochées dans la mangrove, on peut dire qu’on était paré ! Je cite le capitaine : « Avec ça, il ne peut plus rien nous arriver ! Enfin, sauf si c’était vraiment un ouragan de malade avec des pluies diluviennes, qui feraient monté le niveau de l’eau… Et Dominao se retrouverait sur la terre ! ». Ah oui, super, mais ça, ça ne va pas arriver, l’ouragan qui arrive, ce n’est pas Irma… Et bien si, mais il est passé juste à côté de la Martinique (le centre de l’ouragan est passé à 70 km au nord-est de l’île), nous évitant le pire. Cependant avec la météo, on est passé par toutes les étapes. La veille, Maria prenait un cap plus sud, donc la Guadeloupe semblait davantage épargnée, et c’est sur nous qu’elle se dirigeait ! La pression monte (la notre, la pression atmosphérique, elle, chute grave), mais on se dit que tout va bien se passer. Le lendemain, jour du passage de Maria sur la Martinique, le 18 septembre, à chaque bulletin météo l’ouragan prenait de la force : c’est comme ça qu’on l’a vu passer de la catégorie 2, puis 3, puis 4 ! Après la Martinique, il est même passé en catégorie 5, la météo des cyclones ayant même déclaré : « s’il existait une catégorie 6, Maria en ferait partie », le délire !

Tout ça pour vous dire que c’est davantage la météo et tout ce qui se passait autour de nous qui nous faisaient flipper (un bateau au Carbet, au nord de l’île, s’est échoué dans les cailloux, un autre sur la plage de l’anse à l’âne). Pour nous, ça allait bien ! Certes le vent a beaucoup soufflé, on a certainement eu des rafales à 110 km/h, mais on connaît ça en Bretagne! La houle est rentrée dans le mouillage pourtant si bien abrité, les vagues claquaient sur la coque, nous ballottant un peu. Mais depuis que l’on vit en bateau, on avait déjà vécu des situations bien plus inconfortables en mer et même au mouillage. Par contre, réaliser que c’est un ouragan qui nous tombait dessus, ça, ça change la donne, la sensation n’est tout de suite plus la même…

Entre temps, je réalise que le 18 au soir, on est déjà le 19 en France, et que c’est mon anniversaire !! Et oui, original comme cadeau ! On s’est dit qu’il fallait qu’en même fêter ça et entre le bruit du vent, de la pluie, du ventilateur, et parfois même du moteur (on a des problèmes de batteries et c’est pas les panneaux solaires qui allaient les recharger vu le temps…), y’avait plus qu’à mettre la zic à fond et oublier tout ça ! Ça a pas mal marché, les enfants étaient contents, et puis ils ont eu le droit à plus de dessins animés, c’était pas mal pour eux !

Sauf que le lendemain, lorsqu’on apprend à la radio et par internet tous les dégâts que Maria a fait sur son passage, ça nous a rendu tout de suite moins joyeux. De plus, on avait passé une nuit orageuse et des pluies diluviennes sont tombées une bonne partie de la journée du 19, nous imposant à nouveau de rester cloîtrer au bateau… On a eu les boules notamment pour le « wahoo café », un bar au Carbet où l’on avait joué cet été et qui a été en grande partie emporté par la houle. Beaucoup de dégâts sont aussi signalés chez nos amis guadeloupéens, et que dire de la Dominique, si ce n’est que cette île magnifique a été dévastée, elle a pris le centre de l’ouragan… C’est triste d’être au milieu de ce chaos, mais il ne faut surtout pas se laisser abattre. Pour preuve, on a appris que des amis et habitués du wahoo café ont mis tous ensemble la main à la patte, le bar a réouvert dès samedi avec un concert de soutien, bravo pour leur persévérance !

Avant et après le passage de Maria

Voilà le court récit de cet énorme ouragan, la vie de bateau n’est pas toujours de tout repos, mais on peut dire qu’on s’en sort bien. D’autres n’ont pas eu cette chance… Dans le monde du bateau, mais aussi du fait qu’on est tout proche des îles dévastées, on entend des tas de récits. Les gens ont vécu quelque chose de terrible, et la suite est peut être même pire… A Saint Martin après le passage d’Irma (et maintenant sûrement aussi en Dominique), la population a du affronter les pillages, les gens armés, tous les blancs ont fui, c’était une sorte de guerre civile… Bref, on pourrait s’étaler encore longtemps et cela ne sert sûrement à rien. Mais le choc est bien là, personne à Saint Martin ne s’imaginait vivre un ouragan si dévastateur que celui d’Irma, jamais un ouragan d’un telle violence n’avait existé auparavant sur les Antilles. Espérons maintenant que Maria sera le dernier, même si la saison cyclonique n’est pas finie (elle va jusqu’à fin octobre).

On a, du coup, fêté mon anniversaire en famille au bateau, certes un peu forcé, alors on s’est rattrapé pour l’anniversaire de Yann 3 jours après en organisant une fête au Galion, toujours au même mouillage donc, mais avec les copains et plus d’espace, dans un lieu magique !

zic dans la cuisine et dessins animés à l’étage !

Sinon, on a toujours le même programme, descendre plus dans le sud pour être davantage protégé et retrouver les eaux turquoises, mais des soucis techniques nous ralentissent le pas… Parfois c’est l’enchaînement de galères et on peut dire qu’on est en plein dedans en ce moment : problème informatique, nos batteries sont mortes, le moteur a besoin d’un bon check up… Alors les jours passent et on est toujours enlisé dans la mangrove…

Le financement participatif me prend également beaucoup de temps et d’énergie. D’ailleurs à ce sujet, certains d’entre vous se demandent pourquoi ils ne voient rien sur notre page facebook. C’est que j’avais oublié de préciser que l’on attendait d’avoir entre 20 et 30% du montant pour diffuser sur nos réseaux sociaux. L’explication, c’est que lorsque des gens qui ne nous connaissent pas découvriront notre page Ulule, ils aient envie de participer en voyant que d’autres l’ont fait avant eux. Comme on dit, le monde attire le monde !!

Je vous remets le lien histoire d’en rajouter une couche :

https://fr.ulule.com/cine-searcus/

Voilà un petit message pas prévu qui m’a quand même pris deux pages. Quand je commence à écrire, on ne peut plus m’arrêter !

Merci en tout cas d’avoir pensé à nous !

A très vite

Pauline

Publié dans Antilles 2017, Ciné SearCus 2017 | 4 commentaires

Lancement du financement participatif !

Bonjour à tous,

c’est un grand jour pour nous aujourd’hui, je dirais surtout un soulagement après tous ces jours de boulot : notre campagne de financement est officiellement lancée !

Ce message sera court (pour une fois !), car pour la présentation du projet, le pourquoi de cet appel, les contreparties si vous participez à la collecte, tout est expliqué ici :

https://fr.ulule.com/cine-searcus/

C’est ce lien que vous pouvez diffuser à vos contacts, partager sur vos réseaux sociaux… et propager autour de vous. On dit souvent que c’est le bouche à oreille qui marche le mieux, et c’est là que ça va pêcher pour nous car on n’est pas là pour en parler ! Vous êtes donc nos ambassadeurs !!

Je vous le rappelle brièvement : pour celles et ceux qui souhaiteraient participer à la collecte : le plus tôt, c’est le mieux !! L’idée est que nos connaissances proches commencent la collecte, et qu’on diffuse ensuite notre projet à un plus large public, qui le trouvera plus crédible si une partie de l’argent demandé est déjà récoltée. Dans tous les cas, la campagne de financement dure 30 jours, ça va passer vite.

Et pour ceux qui ne pourront pas y participer financièrement, on vous l’a déjà dit mais on le répète : on n’en voudra à personne, on comprend très bien que tout le monde ne puisse pas participer ! En suivant notre voyage, vous contribuez déjà à la réussite de notre projet, alors dans tous les cas, un grand merci d’avance à tous de soutenir un projet culturel à la voile !

On a profité du lancement de la collecte pour sortir le tout nouveau teaser de notre cinéma déjanté. On a souhaité le réactualiser pour qu’il soit plus à l’image de nos représentations actuelles. C’était un peu gênant pour nous d’envoyer l’ancien teaser à nos contacts aux Antilles, qui présentait un ciné-spectacle à 5 sachant que nous n’étions que 2… Et puis on avait aussi envie d’y inclure des images d’Afrique, une escale qui marque un voyage !

Le voici, n’hésitez pas également à le partager :

On vous réserve d’autres surprises pendant le mois qui suit…

Alors à très vite !

Pauline et Yann

PS : N’hésitez pas à nous contacter si vous avec des questions, soit sur mon mail lepeculierpauline@hotmail.fr, soit sur cinesearcus@gmail.com

Publié dans Antilles 2017, Ciné SearCus 2017 | Laisser un commentaire

Retour au bateau et projet de rentrée !

Bonjour à tous,

allez, on va tout d’abord vous souhaiter une belle rentrée à tous ! Même nous, on s’est fait notre rentrée… au bateau ! Après quasi deux mois posés dans une maison à Tartane, au nord de l’île, nous voici de retour sur Dominao, bien amarré dans la mangrove dans un mouillage anticyclonique près du Marin, au sud de l’île ! Le changement est assez radical, on s’était bien habitué à la vie à terre, et surtout au confort de la maison… Les douches à volonté, et même, la climatisation dans la chambre (oui oui, on a sûrement exagéré un peu), c’est terminé ! Retour au bateau avec ses 33 degrés et la douche à la satala (bouilloire en plastique utilisée en Afrique pour la toilette).

balançoire sur les bouts amarrés dans la mangrove !

On a du se remettre rapidement dans le bain : réaménagement dans le bateau (y’en avait partout!), réarmement de Dominao (on avait mis à l’intérieur tout ce qui se trouvait dehors sur le pont), réparation du moteur de l’annexe dont le carbu fuyait… Heureusement qu’on peut piquer une tête de temps à autre, car même si la mer est très chaude à cette période, on est encore mieux dans l’eau qu’à l’intérieur du bateau ! Ça occupe bien les enfants, heureusement.

paysage devant la maison à Tartane

On a dit au revoir aux beaux paysages montagneux et campagnards du nord de l’île, en se disant que l’été avait filé à grande vitesse mais qu’on en avait bien profité quand même ! On est au final pas mal resté dans la maison, faut se motiver à bouger sous cette chaleur ! Et puis y’avait tellement de jeux pour les enfants, on leur avait installé la petite annexe dans le jardin en guise de piscine, et on pouvait descendre à la plage en 5 minutes à pied. On aura quand même réussi à se faire deux cascades avec les enfants, et un petit tour de la presqu’île de la Caravelle, qui était à seulement quelques kilomètres de chez nous (je vais faire défiler les photos un peu plus loin dans le texte que ce soit plus ergonomique) !

Pour Yann, c’était pas la même, il a pas mal enchainé avec le boulot sur le voilier Goélane, et c’était pas facile : en plein cagnard à faire le contorsionniste dans les cales pour reboucher les trous à coup de soudure, je lui tire mon chapeau, il fallait tenir ! Mais il a eu plaisir à travailler car c’était avec un pote, et aussi parce qu’enfin, il a fait une pause « enfants », reprenant un rythme de travail où il partait pour la journée. Ça, ça lui faisait du bien, ça compensait avec la pénibilité du chantier soudure.

plage de Tartane et paysage près de l’anse Spoutourne

Pour ma part, sans avoir trouvé de mode de garde pour les enfants, j’ai fait un peu la mère au foyer ! J’ai fait une pause bateau mais pas une pause enfants ! J’ai quand même trouvé un peu de temps pour écrire le projet de mon futur film, et sur la fin, j’ai bien entamé le développement de notre futur (proche) financement participatif. J’ai été malheureusement pas mal ralentie par des problèmes informatiques… C’est la débandade ! Mon MAC a planté, je l’ai fait diagnostiquer et la carte vidéo étant endommagée, il faut changer l’ordinateur… Au prix que coûte un MAC neuf, je ne peux pas me permettre de réinvestir maintenant. Le réparateur a réussi à le relancer mais il s’éteint sans raison puis se rallume, pas pratique pour travailler avec, encore moins pour faire du montage vidéo, et encore moins pour projeter les films… Voilà, tout pour dire qu’on n’a même plus d’ordinateur pour nos projections ! Quand je relevais notre erreur de travailler avec mon ordi perso pour Ciné SearCus, c’était sans compter qu’il pouvait planter… On a calé une date pendant l’été, dans un bar au Carbet dans le nord ouest de l’île, Katell et Julien nous avait prêté leur ordinateur pour l’occasion, mais vous comprenez d’autant plus notre intérêt à vouloir lancer une cagnotte pour racheter du matériel pour le spectacle !!

Pour finir sur mes déboires informatiques, quelques semaines après mon MAC, c’est mon smartphone qui subissait une dernière fatale petite chute, qui a fait bugger le clavier tactile. Devenu inutilisable, j’ai du en racheter un neuf ! On peut appeler ça de la malchance, ou aussi de l’obsolescence programmée… Bref, notre matos n’est plus tout jeune, et tout casse en même temps !

Quelle belle introduction je vous fais là à notre préoccupation du moment : notre campagne de financement participatif ! Sauf contre-temps, nous allons la commencer d’ici 15 jours, pour une durée d’un mois. Bien-sûr, on se pose dix milles questions : est-ce judicieux de lancer ça maintenant, alors que nous sommes en voyage ? Notre réseau va-t-il suivre ? Combien peut-on imaginer recevoir ? Comment organiser ça ? Comment faire des contreparties sympas qui nous coûtent pas le prix de la cagnotte…

Vous ne comprenez rien à ce que je raconte ? Alors je tente de m’expliquer en quelques lignes :

Nous allons lancer un appel pour un financement participatif pour l’achat de matériel pour le cinéma, et pour ce faire, nous avons choisi la plateforme Ulule, car c’est une des plus connues et apparemment spécialisée dans le domaine culturel. Nous aurions aimé organiser une cagnotte directement sur notre site pour vous éviter de devoir vous inscrire sur ulule si vous souhaitez participer, et aussi pour ne pas payer de commission, mais cela nous aurait demandé trop de boulot informatique que nous ne sommes pas en mesure de fournir.

Alors, c’est quoi le financement participatif :

C’est le financement d’un projet par une multitude de donateurs, une accumulation de petits dons par une multitude de gens qui au final permet de pouvoir financer un projet. C’est une solution alternative, efficace et légale de débloquer des fonds, sans passer par un prêt ou par une subvention. Basée sur l’entraide et la solidarité, cette économie dite collaborative peut nous aider à réaliser et/ou continuer nos projets.

Dans le concret, ça se passe comment : on se rend sur un site internet, pour nous en l’occurrence c’est Ulule, et on propose à tout le monde de participer financièrement, en proposant différents montants, allant de 5 euros, 15 euros, 25, 50, 100, 200 ou encore 500. N’importe qui peut donner le montant qu’il souhaite et en échange, il reçoit des contreparties librement fixées : si vous donnez 5 euros par exemple, votre nom sera mentionné sur notre site internet comme quoi vous nous avez soutenu, pour 15 euros une carte postale, pour 25 l’affiche, 50 le tee-shirt (et contreparties précédentes)… Et pour 500 euros, là c’est le Ciné SearCus Charter qui se remet au boulot !

Voilà, en gros, c’est vous, grâce à vos 5 euros, qui allez nous permettre de continuer l’aventure ! Mais alors il est très important pour nous de le préciser : il n’y a bien-sûr aucune obligation à la participation, et pour ceux qui n’auraient pas le sou, rien que d’en parler autour de vous, diffuser l’info dans vos réseaux, ce sera déjà beaucoup !

On ne dit pas ça dans le vent, car croyez bien que ce financement nous questionne ! Certes, il a un côté alternatif car il permet de récolter des fonds importants sans avoir affaire ni aux banques ni à l’état, mais cela ne signifie pas que l’on fait ça tout seul, bien au contraire, le financement repose sur vous, et ça, forcément, ça nous gêne… Ce type de financement prolifère en ce moment mais rien de plus normal, car aujourd’hui, pour monter un projet, qu’il soit professionnel, personnel ou associatif, bon courage pour trouver des financements ! Alors oui, il y a un côté beau à ce type de financement collaboratif, l’idée du colibri, où c’est la multiplication du petit peu qui fera beaucoup. Mais d’un autre côté, on ne peut pas aider tout le monde, on imagine bien que la sollicitation puisse être grande dans certains réseaux, alors vraiment, surtout, ne culpabilisez pas si vous ne participez pas à notre financement, il y aura bien d’autres moyens de nous filer un coup de pouce !

Encore deux petites choses avant de finir sur ce chapitre barbant. Le financement participatif repose sur le principe du tout ou rien. On fixe au préalable un montant souhaité, et si la somme n’est pas atteinte, tous les donateurs sont remboursés.Il faut donc ne pas se tromper dans la demande, c’est là où de nouveau, on hésite encore… Bref, on a encore 10 jours de réflexion !

Et pour finir, si je vous en parle avant à vous, c’est pour vous dire que si vous avez l’intention de participer à la cagnotte, il serait préférable pour nous que vous le fassiez dès le début de la campagne. De cette manière, si le financement est dès le début bien lancé, il nous permettra d’aller communiquer auprès de réseaux plus larges, de personnes qui ne nous connaissent pas ou de loin, et de paraître crédible au vu de nos soutiens.

C’en est fini pour ces détails un peu pompeux, merci à ceux qui auront été jusqu’au bout !!

Voilà, vous allez donc entendre parler de nous ce prochain mois !! On va en profiter pour diffuser des images de notre voyage, on aurait aimé tourner un nouveau petit court-métrage mais avec les soucis de mon MAC on ne peut plus trop s’avancer sur les nouveaux projets vidéos…

C’est l’école au bateau, pour la rentrée au CP de Noanne !

Et pour la suite de notre voyage, on se prépare à quitter la Martinique pour aller faire un tour plus au sud, dans les Grenadines mais d’ici là, Yann doit finir son chantier soudure sur Goélane (un chantier bateau prend toujours plus de temps que prévu!), repréparer Dominao et son équipage à reprendre la mer, et lancer ce projet de financement !! Vous allez vous dire : « et bien ceux là, ils sont pas partis ! », on aimerait que vous ayez tort, la suite au prochain épisode…

A bientôt !

PS : Au moment où j’envoie ce message, Irma s’éloigne peu à peu des Antilles. Ici en Martinique, nous avons été épargné, mais on a une grosse pensée pour les îles du nord. Saint-Martin et Saint-Barth sont passés dans l’œil de l’ouragan, des vents en rafales allant jusqu’à 300 km/h, l’enfer sur terre… On leur souhaite tout le courage et l’énergie nécessaire pour affronter cette catastrophe naturelle.

 

Publié dans Antilles 2017, Ciné SearCus 2017 | 4 commentaires

La sédentarité, le temps d’un été.

Nouveau paysage en se levant le matin !

Bonjour à tous,

Vous êtes sûrement bien occupés par les trépidations de l’été, la cession collé devant un ordinateur n’est certainement pas au programme… Alors je me suis dis, c’est le moment de vous écrire !! Et oui, y’a rien à faire, passé un mois sans écrire sur ce blog, ça me titille, faut que je m’y remette ! Et puis pour nous, la chaleur du moment donne plutôt envie de rester à l’intérieur, alors pourquoi pas devant un ordi ! Je crois que la vraie raison vient aussi du fait que notre sédentarité du moment nous amène à la réflexion et que j’avais envie de la poser par écrit.

Incroyable il est vrai, je vous écris depuis un grand salon, une gigantesque terrasse ou une chambre confortable ! Qui plus est avec une vue magnifique, la maison donne sur la mer, à la fois vue de la porte d’entrée et vue de la terrasse de l’autre côté, on est cerné, et pas mécontent ! Jusqu’à fin août on habite dans une maison à Tartane, au nord de l’île, tout près de la presqu’île de la Caravelle, un coin magnifique ! Maison spacieuse, 3 chambres, lave linge, lave vaisselle… La totale (certains diront qu’à ce stade il ne manque plus que la piscine mais la mer est à 5 minutes à pied !). Cette pause du bateau tombe à pic, c’est la première année qu’on ne rentrera pas l’été en Bretagne, alors la compensation, c’est la maison ! On souffre moins de la chaleur, on profite du confort (l’acclimatation se fait très rapidement dans ce sens là). Ah une machine à laver à portée de main, je ne suis plus obligée de partir avec un sac à dos de 10 kilos de linge sale en annexe puis à travers la ville, chouette ! Ça peut vous paraître rien à vous, d’ouvrir un robinet et d’avoir de l’eau douce en abondance, mais pour nous, c’est le grand luxe !! A notre arrivée, Noanne et Titouan voulaient prendre une douche 5 fois par jour ! Je ne peux pas m’empêcher de vous mettre quelques photos de notre superbe vue, et vous comprendrez que comme retour au confort, on a fait fort !

Sans être la maison tellement nickelle que tu n’oses plus rien toucher, nous habitons dans un cadre magnifique, avec une grande maison bien aérée, on a eu beaucoup de chance. On peut remercier nos potes Katell et Julien pour ce bon plan, ce sont des amis à eux qui partaient en Métropole pour l’été et qui cherchaient des gens pour faire garder le chien et les deux chats. Ayant 3 enfants, y’a des jeux partout, les enfants sont les rois ! Un énorme manguier orne l’entrée de la maison, il donne à foison, on se régale ! On découvre également des fruits plus rares comme la carambole et le corossol, y’a également un bananier et cocotier dans le jardin, y’a plus qu’à se servir !

carambole, corossol, mangues et bananes

Cette pause sédentaire nous permet également de bosser, difficile de se dire qu’en plus de s’offrir le luxe d’une maison, on gagne de l’argent, et bien si ! Yann travaille sur Goélane, le voilier de Ju et Katell qui a besoin de pas mal de soudures pour reprendre la mer en novembre. Et moi, j’écris en ce moment le projet de mon futur film sur le voyage, dans l’espoir d’obtenir une aide au développement. Le but est de trouver un peu de financement pour que je puisse à mon retour finaliser le scénario, et travailler avec des gens. Ne pas faire mon film toute seule, c’est l’objectif ! On parle également, encore et toujours, de ce qui nous anime : Ciné SearCus.

Projection au Marin

On est dans un tournant du voyage, c’est l’impression qu’on en a en tout cas. Notre arrivée aux Antilles nous donne des impressions mitigées, c’est beau, paradisiaque même, mais est-ce que c’est ce que l’on cherche ? Et en même temps, on n’est pas mécontent de retrouver la France, ses repères, le confort (bon surtout en ce moment) même si c’est moins exotique comme voyage. Après nos pérégrinations entre la Guadeloupe et ici depuis notre traversée de l’Atlantique, on est bien heureux de se poser, on ressent à peine l’envie de visiter, on est bien où on est ! On se rend également compte qu’on se sent parfois plus proche du retour que dans le voyage en lui-même. Vous nous direz « mais c’est que dans un an, ça fait tôt pour se projeter », alors que non, ça va venir vite. Disons qu’on a envie de bien le préparer ce retour, qui fait tant peur aux gens partis sur les mers depuis longtemps. Nous on souhaite que ce retour soit heureux et pas contraint, alors on travaille pour !

Flamboyants et marina du Marin en arrière plan

Le projet pour nous est de rentrer l’été prochain, avec Dominao, donc il faudra se mettre sur le départ dès le mois de mai pour pouvoir arriver en Bretagne pour l’été (en passant par les Açores, ce qui fait environ deux fois 20 jours de navigation). Les enfants et moi ne feront pas le retour en bateau, on rentrera en avion, et Yann affrontera la mer seul ou avec un équipier de confiance. Yann ne veut pas se dire marin pourtant il a cette envie depuis longtemps de naviguer seul sur son bateau (si c’est pas une envie de marin ça!!) et il a pour l’instant prévu de faire la transat retour en solo…

Ensuite, on se voit bien continuer un peu avec Ciné SearCus, parce qu’on aime ça et aussi parce qu’on se dit que Ciné SearCus n’a pas fini sa petite vie ! Selon nous, la réalisation du spectacle n’est pas encore achevées, alors quand elle le sera, il faudra bien le faire tourner. Ciné SearCus est un spectacle qui s’est crée pour et en voyage, mais qu’on espère bien faire vivre aussi après ! Et pour ça, on a encore du boulot. Il nous manque notamment une scène qu’on aimerait monter lors d’une future résidence (avec du chant, un peu de jonglage, une scène un peu plus développée que les autres, pour faire sortir notre jeu de scène). On voudrait aussi réaliser d’autres courts-métrages.

Pour revenir à nos choix futurs, en gros deux possibilités s’offraient à nous : soit on se fait la dernière année en mode voyage pour découvrir les îles (et continent !) aux alentours, soit on privilégie notre spectacle. Même si on est frustré en pensant à tout ce qu’on pensait faire et que l’on ne fera pas, on revient plutôt aux valeurs qui ont animées notre voyage : avoir un projet. Voyager pour voyager, ça nous a jamais fait rêver ! Jusqu’à maintenant on avait réussi à allier voyage et spectacle mais on n’a pas forcément mis en valeur Ciné SearCus : on a joué que quelques fois, sans le programmer trop à l’avance, donc c’est sympa, mais parfois on a envie de plus. En arrivant en Guadeloupe, on a vraiment senti la possibilité de jouer dans pas mal d’endroits et on s’est projeté dans la programmation d’une tournée, wouhaa ! Alors ce ne sera pas non plus comme une tournée d’un cirque par exemple, car on se voit pas caler des dates précises et galérer, se stresser pour pouvoir y être à temps. On va tenter de s’organiser au mieux, en minimisant la pression liée à la mobilité en voilier. En tout cas faire le choix d’une tournée aux Antilles en fin d’année, c’est dire au revoir à la possibilité d’aller en Colombie… Quel dure décision ! Pour moi c’était un des objectifs en venant jusque de l’autre côté de l’Atlantique, mais n’était-ce pas davantage une envie de voyage en sac à dos plutôt qu’en bateau ? On ne trouve qu’un port en Colombie, à Carthagène, assez cher, et après ce sont des mouillages et on ne sait pas s’ils sont bien abrités. Il faut aussi payer un visa, pour nous et pour le bateau, et ça, c’était l’autre gros souci qui a fait peser dans la balance. On arrive sur la fin de notre périple, et la caisse de bord va nous faire défaut ! On le savait, la troisième année de voyage était une année de rab, où la question financière allait se poser. Notre choix est beaucoup plus sûr financièrement, d’organiser une tournée-spectacle aux Antilles, plutôt que de voyager en Colombie/San Blas (Panama)… Ce sont des escales rêvées pour nous mais nous devons aussi être réaliste, on ne peut pas tout faire, surtout avec nos finances !

On verra après la Guadeloupe le temps qu’il nous reste pour découvrir les grandes Antilles, plus au nord, et pourquoi pas pousser jusqu’à Cuba… Mais on ne se fixe plus rien, on verra ! Cela amène déjà Yann à se projeter dans un nouveau voyage, où l’on irait là où l’on n’a pas pu aller, moi je ne me projette pas à si long terme, qu’aurai-je envie dans 10 ans ? Je n’en sais rien, parce que je ne veux pas le savoir !

3 bateaux jaunes au mouillage près du Marin, mais où est Dominao ?

L’autre chose sur laquelle on se penche, je vous en avais vaguement parlé, c’est d’organiser une collecte, sous forme de financement participatif, pour racheter du matos pour Ciné SearCus. On est bien motivé à se lancer, à la rentrée, alors forcément on compte sur vous (je dis ça mais évidemment on en voudra à personne de pas participer, on sait ce que c’est de pas avoir de sous, et c’est le principe de ce type de financement, c’est libre, on oblige personne) ! Pour ceux qui ne connaissent pas le terme financement participatif, peut-être ont-ils entendu son synonyme anglais « crowdfunding » ? L’idée est de faire un don via une plateforme par internet, et de recevoir une contrepartie non-financière. On aurait aimé faire ça direct sur notre site, pour éviter les intermédiaires, mai on n’a pas les compétences nécessaires ni le temps à y consacrer… Ce type de financement a le vent en poupe ces dernières années et s’inscrit dans un mouvement plus global : celui de la consommation collaborative et de la production communautaire ou dite participative.

Pour le symbole, l’association « Aux Cinéphiles de l’eau » fêtera ses dix ans en fin d’année, et y’a du matos qui a 10 ans lui aussi. Pour le projet du bateau-cinéma, on avait eu un peu de subventions publiques (en grosse partie le défi jeune) avec lesquelles on avait acheté pas mal de matériel. Pour Ciné SearCus, avec l’incertitude du projet à ses débuts et la complexité du collectif, on n’avait fait le choix de l’auto-financement. On sent l’envie aujourd’hui de faire un petit appel extérieur, pour relancer le spectacle, la suite, crédibiliser le projet et continuer à le faire vivre, tout un programme ! On vous en dira plus d’ici peu, on pense faire ça mi-septembre, après faut que l’on voit notre accès internet et tout et tout… ça nous a aussi posé questions, faire une demande de financement en plein voyage, mais c’est pas après qu’on le fera ! Et ça va nous motiver à trouver de belles contreparties que l’on pourra vendre par la suite à la fin de nos spectacles (tee-shirts, stickers…) et aussi à organiser une grosse fête de retour à la fin de l’été prochain. Affaire à suivre !

Projection au Marin

Voilà, c’était pas un message pour vous faire rêver sur les plages paradisiaques de la Martinique (même si on continue à les découvrir, tant il y en a et tant c’est beau) mais plutôt un petit topo de nos avancées sur notre projet.

Sinon, il s’est quand même passé autres choses pendant ce dernier mois. Avant de prendre la maison (le 12 juillet), on a joué notre premier spectacle en Martinique à la marina du Marin, la grosse usine à bateaux, le plus gros port de toutes les Antilles ! Mais l’équipe a été accueillante à l’égard de notre projet, on a été reçu gracieusement à la marina, ils ont participé à la communication, pris en charge notre repas après spectacle… C’était bien réglo ! On avait rencontré un petit réseau de gens autour du Marin, retrouvé quelques familles rencontrés au cours de notre voyage (notamment à Porto-Santo, escale mythique), et avec d’autres personnes venues grâce à la communication, y’avait un beau petit monde pour la projection.

Bon, le plus fou pour nous restera la fin de la projection. Une femme enceinte en fin de terme avait souhaité assister à la projection mais elle a senti le travail commencer… Partie entre temps en annexe avec son mari (ils étaient au mouillage) chercher ses affaires pour la maternité, elle revient pour la fin du spectacle et dit à sa copine qu’elle part pour l’hôpital. Peu de temps après, cette même copine arrive en criant : « Qui connaît un médecin, une infirmière ? ». Mais que se passe-t-il ? « Y’a une femme qui est en train d’accoucher sur le parking, les pompiers ne peuvent pas arriver avant 15min ! » Le parking était collé au hall où l’on jouait, en écrivant ça, j’ai encore des frissons partout car à 20 minutes près, elle accouchait en plein spectacle ! Je vous passe les détails mais c’est notre copine Katell qui est allée assister la future maman (dans le sens d’aider mais en même temps, elle a vécu un accouchement, alors qu’elle est kiné en pédiatrie, le truc de dingue !). Bref, on a vécu un sacré moment ! Pendant ces 15 petites mais incroyables minutes, Yann et Ju étaient partis ranger le matos au bateau, ils ont bien halluciné quand je suis arrivée pour leur raconter. Là, j’ai pu leur dire sans en rajouter : « vous allez jamais deviner ce qui est arrivé sur le parking !! ». ça nous fait une belle anecdote de fin de spectacle cette histoire ! En tout cas on a eu des nouvelles depuis, le bébé va bien, les parents aussi !

On a organisé une autre soirée sympa 2 jours plus tard, et dans un lieu plutôt original : le Galion « La Victoria », réplique du bateau de Magellan, construit par des Tchèques qui ont fait le tour du monde avec. Ce vieux gréement est posé dans un mouillage tout près du Marin (un abri anticyclonique, c’est d’ailleurs là qu’on a amarré Dominao dans la mangrove le temps de notre séjour à terre), il est aujourd’hui en attente de gros sous pour de grandes réparations. Le propriétaire actuel a laissé la gérance à deux collègues qui ont ouvert le bateau à la venue de différents bateaux-stoppeurs et autres voyageurs de tous poils. ça brasse du monde, ça squatte aussi, et parfois, ça rassemble ! Cette belle énergie nous a permis d’organiser une soirée-projections, sur le thème des projets culturels en voilier.

Dominao amarré à couple de « La Victoria » le temps de la soirée

La liste n’était pas exhaustive, mais on a pu découvrir ou redécouvrir les courts-métrages de Coline Godinot sur Festina Lente (ils sont actuellement en Bretagne, allez-y !!!!), avec aussi des films de leur précédent projet avec l’Armada. On a également visionné un petit reportage sur La Loupiote (tour du monde en voilier en famille avec un spectacle qui mélange cirque, danse et théâtre, nous, on les a loupé de peu aux Antilles, rhaaaa, mais vous, en France, vous pouvez les voir cet été) ; des films de Azart Ship of Fools (La Nef des fous) que l’on a rencontré à Douarnenez il y a 2 ans et qui sont actuellement posés à Amsterdam. On a aussi regardé le film sur la Dérive, projet radeau en bord de Loire en 2014, un autre sur le Pianocean, et aussi, on a projeté des films de Ciné SearCus (et du spectacle sur voilier « l’Utopiratée » en 2006). On n’avait pas eu le temps d’organiser cela longtemps à l’avance, on a fait avec les films qu’on avait mais ça serait une soirée à refaire. Donc si, entre temps, y’a des gens qui ont fait des films sur ce sujet, d’autres projets vécus ou à venir, on est preneur !

Depuis, nous découvrons la vie de sédentaire à Tartane. Quelle chance de devenir, le temps d’un été, résident en Martinique ! On découvre le réseau de potes de Katell et Ju (qui habitent depuis 6 ans à la Trinité, à 10 minutes de chez nous), créer du lien social en dehors du bateau, ça change et ça ressource ! Avec le package maison ils nous prêtaient aussi leur voiture, alors on se permet des escapades dans l’île le temps d’une soirée, d’une après-midi, d’un week-end…

La montagne pelée, volcan de la Martinique, son point culminant (1397m)

C’était une de nos envies de voyage de pouvoir se poser un temps à terre, quitter le bateau pour découvrir un autre mode de vie. Mais on se rendait bien compte que cela allait être difficile, trop grosse organisation et trop de dépenses envisagées… Alors vous vous imaginez bien l’aubaine pour nous ce plan maison ! On en a d’ailleurs fait profiter les copains de bateau en invitant ceux du voilier Moana et Ia Orana pour l’anniversaire de Clémence, grande copine de voyage de Noanne. On s’est fait un week-end dans la semaine, plage, apéro/barbecue (y’a carrément un bar dehors à l’entrée de la maison, tout est fait pour accueillir des gens et faire la fiesta !)… Nous voir sorti du contexte bateau, ça changeait et les enfants se sont éclatés, 10 enfants avec chambres, terrasse et jardin remplis de jeux, ils ont profité des uns et des autres, c’était beau à voir.

On a été à la fête patronale du Carbet ce week-end dans le nord ouest de l’île où l’on a rencontré une partie des gens de l’asso Lézard Ti Sho qui faisaient une représentation de jonglages de feu. Il nous ont également présenté un bar sympa sur la plage du Carbet, le Wahoo, et on est programmé le 12 août ! On a dormi là-bas dans une baraque en montagne et après un petit passage baignade à la rivière, nous avons été invité à manger avec l’équipe de la veille : avocat, poisson frais, fruit à pain et giraumon (citrouille pays)… Que du local à émoustiller les papilles ! Un bon dimanche entre potes, où l’on ressort crevé mais content (peut-être que Yann dira pas ça aujourd’hui en coupant du métal en plein cagnard…) !

Allez, il est grand temps que je m’arrête là, je pensais écrire un petit mot, je me suis un peu étalée… Mais c’est bon de partager, et de mettre des mots sur ce que l’on vit et ressent.

En espérant ne pas avoir été ennuyeuse ou trop brouillon, on vous souhaite une bonne continuation estivale.

A bientôt

Pauline, Yann, Noanne, et Titouan

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