A Ziguinchor

Evaloa vu du quartier d’Ouback – aux abords du village de Niomoune – Simone au campement Ebobaye – Yann et Alfred revenant de la pêche

Kasoumay ! (Comment ça va en diola ?)

Nous avons fini par retourner à la capitale, Ziguinchor, où Evaloa va poser l’ancre pour au moins deux semaines. On préfère rester planquer dans les bolons mais parfois, y’a plus le choix, il faut se rendre en ville ! Enfin pour beaucoup, Ziguinchor n’est pas vraiment considérée comme une ville, ce n’est pas bien grand et tout à fait vivable, incomparable face à Dakar !
Tout d’abord, nous manquions de gaz, d’avitaillement divers mais surtout, il fallait réparer l’enceinte défectueuse (ce qui est fait à l’heure actuelle) pour la semaine du cinéma africain que l’on organise avec l’Alliance du 08 au 13 mars. Pour nous, Ziguinchor, c’est également internet, que nous avons le luxe de capter à bord via la wifi, gratuitement au mouillage, on ne se refuse rien ! On n’en profite donc pour vous donner rapidement de nos nouvelles.

De notre petit périple dans les bolons, on en retire un constat assez frappant : très peu de voiliers circulent cette année sur le fleuve Casamance. Alors que l’an passé, Cachouane était un mouillage très fréquenté, là nous étions les seuls ! Et à Niomoune, on ne voit que quelques voiliers de temps en temps. Rien n’à voir avec l’année dernière où les rencontres de tout bord s’enchaînaient, plusieurs jeunes voyageaient comme nous en voilier. Une année sur l’autre ne se ressemble pas…
Nous pensons que la situation en Casamance a du en refroidir plus d’un. Apparemment, selon les médias internationaux, la guerre civile est de retour entre les rebelles casamançais et le gouvernement sénégalais ! Il ne faut tout de même pas exagérer, ça sert à quoi à part faire fuir les touristes ? Certes des tensions se sont réveillées ces derniers temps, mais les conflits se situent davantage dans les terres, entre les « soit disant » rebelles et l’armée sénégalaise, la population n’est pas touchée, et encore moins les étrangers. De toute façon, nous, personnellement, ne ressentons rien de ces tensions, nous sommes aux abords du fleuve dans des villages tranquilles. Certains pensent que c’est une magouille du gouvernement sénégalais pour inciter les touristes à déserter la Casamance pour se rendre au nord du pays moins fréquenté. On dit également que c’est l’état sénégalais lui-même qui alimente en armes les rebelles, et que les rebelles en question, ceux qui prennent aujourd’hui les armes, sont davantage des bandits que des indépendantistes du MFDC (Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance)… Bref, rien n’est fait pour arranger la situation économique de la Casamance, quel dommage pour cette région si magnifique, qui pourraient vivre paisiblement en totale autonomie alimentaire.

En haut, à la Pointe St Georges, en bas à Cachouane, Evaloa seul au mouillage…

D’un côté, ce n’est pas pour nous déplaire : pas de touristes, nous sommes tranquilles ! Et en même temps, on n’a parfois la nostalgie de l’an passé, où c’était la fête tout le temps ! Le côté positif est que l’on passe sûrement plus de temps à terre, avec les gens du village.
On a laissé le bateau quelques jours à Cachouane pour nous rendre à Boucotte dans la famille de Justin (notre pote de Niomoune), et c’était génial. La famille nous a superbement accueillie, les deux cousines de Justin, Thérèse et Amul, font parties d’un groupe de danse traditionnelle nommé « Ediam Kassa », on les a accompagné deux soirs au Cap Skiring. Dans un premier temps c’était pour les regarder danser mais Thérèse nous a costumé, Anouck et moi, et nous a emmené avec elle sur la piste ! Deux « toubabs » dans Ediam Kassa ! On a suivi et improvisé comme on pouvait, ce n’est pas en France qu’un groupe de danse aurait laissé deux étrangères faire partie du groupe le temps d’une représentation. Quelle situation incroyable, le deuxième soir on s’est retrouvées à danser au club Med, si si je vous assure ! Nous qui nous refusions de mettre les pieds dans un club Med, je me suis retrouvée à y aller en tant que danseuse, on aura tout vu… Le club Med avait fermé ces portes suite à un incendie, c’était la soirée de pré-ouverture, tous les « GO » (gentils organisateurs) étaient présents, on n’a pu se rendre compte de l’ambiance qui régnait dans ce genre de lieu, on a été un peu dégoutés de leur mentalité, même si l’on s’en doutait…

A part ça, notre sortie de Niomoune a également permis de confirmer le disfonctionnement du système hydraulique de notre cher moteur. Nous avons pris une grande et sage décision : on va virer le moteur in-bord du bateau et acheter un moteur hors-bord 15 chevaux. Yann va faire un puits de dérive dans le cockpit pour installer le moteur, un gros chantier en perspective que l’’on fera à Dakar mais à la clé, Evaloa aura perdu un poids énorme et aura un moteur qui marche nickel ! Affaire à suivre…

Projection au quartier d'Ouback

Après Cachouane et Eringa, nous avons repassé une petite semaine à Niomoune. Le temps d’un week-end cinéma, d’une soirée bien animée sur Evaloa (Anouk part deux mois en France, c’était donc la dernière fois qu’on la voyait à Niomoune, il fallait bien fêter ça !) et de quelques interviews…

Gros plan sur une soirée à bord d’Evaloa avec Justin, Yann, Anouk et Alfred

Notre retour en Casamance est l’occasion de filmer davantage notre projet. Nous souhaitons sortir un film sur notre aventure mais l’an passé, nous étions tellement dans l’action que nous nous sommes peu filmés. Avec le recul, je reprends aujourd’hui des images de Niomoune, du paysage, des projections, et des personnes rencontrées. J’ai interviewé quelques villageois pour avoir un avis extérieur de l’arrivée du cinéma africain à Niomoune, de son impact… Vous aurez l’occasion de découvrir cela quand le film sera sorti, cet été on l’espère !

Projection au clair de lune sur la place du village de la Pointe Saint Georges

Avant de nous rendre sur Ziguinchor, nous avons fait un crochet par la Pointe Saint Georges, petit village au bord du fleuve composé d’environ 25 maisons. On a retrouvé Gigi, un français arrivé en voilier et installé depuis quelques années avec sa femme Clara. On n’était passé l’an dernier dans ce village, mais pas assez longtemps pour organiser une projection. On s’est rattrapés cette fois, pour le grand plaisir des villageois, car peu d’évènements culturels viennent jusque chez eux. De nouveau pour beaucoup, il découvrait pour la première fois un film africain, et qui plus est sur grand écran !

Journée musicale pour les uns, tressage pour les autres !

 

 

 

Nous vous laissons sur ces mots, ce message fut bref mais il faut comprendre que lorsque je suis devant l’ordi, je passe tout mon temps au montage du film, négligeant donc un peu notre site internet…
On espère tout de même trouver le temps de vous envoyer nos impressions sur les projections de Ziguinchor la semaine prochaine.

On vous envoie plein de soleil, lorsqu’on souffre de la chaleur (ça nous arrive tous les après-midis…), on pense à vous !

PS : nos amis de la Belle Verte sont bien arrivés au Brésil, pour lire le récit de leur traversée : www.labelleverte.net

Bises,
Pauline et Yann

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